Air France-KLM dépasse 2 milliards de bénéfice en 2025 : Wi-Fi gratuit, suites La Première et prix en hausse

Vincent Mabire - Il y a 1 heure

En résumé

• Air France-KLM atteint un bénéfice d'exploitation record de 2 milliards d'euros en 2025.

• La stratégie de montée en gamme entraîne une hausse des prix, malgré des services améliorés.

• Transavia reste déficitaire, malgré une augmentation de capacité prévue pour 2026.

    Air France-KLM vient de franchir un cap historique. Pour la première fois, le groupe franco-néerlandais dépasse les 2 milliards d’euros de bénéfice d’exploitation sur un exercice, avec 102,8 millions de passagers transportés en 2025. Derrière ces Air France résultats 2025 records, une stratégie assumée : la montée en gamme. Nouvelles suites La Première, Wi-Fi Starlink gratuit, salons rénovés. Reste une question que se posent les voyageurs en classe éco : tout cela se paie-t-il sur le prix de leur billet ?

    Des résultats 2025 historiques portés par le premium

    Les chiffres publiés ce 19 février dépassent largement les attentes des analystes, qui tablaient sur 1,88 milliard d’euros selon les données compilées par LSEG. Le résultat d’exploitation atteint 2,02 milliards d’euros, soit 400 millions de plus qu’en 2024. Le chiffre d’affaires du groupe s’établit à 33 milliards d’euros (+4,9 %), le résultat net grimpe à 1,75 milliard d’euros (quasiment quintuplé par rapport à 2024), et la marge opérationnelle progresse à 6,1 %, en hausse d’un point. Le taux de remplissage atteint 87,2 %.

    « Nos compagnies aériennes ont transporté plus de 100 millions de passagers et généré un résultat d’exploitation courant de plus de 2 milliards d’euros, une première dans notre histoire », a déclaré Benjamin Smith, directeur général du groupe. À noter : la baisse du prix du pétrole — le kérosène représente entre un quart et un tiers des coûts de fonctionnement — a contribué à hauteur de 394 millions d’euros à l’amélioration des résultats. L’action Air France-KLM a bondi de plus de 13 % en Bourse dans la foulée de l’annonce.

    La montée en gamme, moteur numéro un de cette performance

    Les cabines premium (Première, Business, Premium Eco) constituent le principal levier de croissance des revenus unitaires. Air France consacre désormais 9 % de sa flotte aux sièges premium, avec un objectif de 10 % d’ici 2028. KLM, parti de zéro, atteint déjà 6 % et vise 9 %.

    Concrètement, La Première sera étendue à quatre nouvelles destinations en 2026 : Tel Aviv (depuis décembre 2025), Atlanta (29 mars), Houston (6 juillet) et Boston (20 juillet). Au total, 15 destinations proposeront ce service à l’été 2026, dont Abidjan, Dubaï, Los Angeles, Miami, New York-JFK, San Francisco, São Paulo, Singapour, Tokyo-Haneda et Washington. Chaque suite de 3,5 m² offre cinq grandes fenêtres, des rideaux du sol au plafond et deux écrans 4K. L’intégralité du réseau La Première basculera sur ces nouvelles suites d’ici fin 2026.

    Côté services, le Wi-Fi haut débit Starlink sera déployé sur l’ensemble de la flotte d’ici fin 2026. Le service est gratuit pour les membres Flying Blue, du décollage à l’atterrissage, avec connexion multi-appareils. Un nouveau partenariat avec Apple TV+ enrichit le divertissement à bord. Enfin, un nouveau salon Air France de 750 m² ouvrira à Londres Heathrow au printemps 2026.

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    Ce que ça change pour le voyageur en classe éco

    Plusieurs améliorations profitent à tous les passagers, pas seulement aux voyageurs premium. Le Wi-Fi Starlink et le catalogue Apple TV+ seront accessibles en classe économique. La capacité du groupe augmente de 3 à 5 % en 2026, ce qui signifie davantage de sièges disponibles et potentiellement plus de choix de destinations. Parmi les nouveautés : un vol direct Paris-Las Vegas dès le 15 avril 2026 (à partir de 560 euros l’aller-retour en éco), opéré trois fois par semaine en A350.

    En clair, le produit s’améliore. Mais la stratégie premium pousse mécaniquement les prix vers le haut sur certaines routes, surtout en long-courrier. Le groupe prévoit une hausse du coût unitaire de +0,5 % liée spécifiquement à la premiumisation en 2026. À cela s’ajoute la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), dont le barème a quasiment triplé depuis mars 2025 : comptez désormais 9,50 euros au lieu de 2,63 euros en éco sur les vols intra-UE, et jusqu’à 40 euros sur les long-courriers de plus de 5 500 km. Le « unbundling » (multiplication des options payantes sur le billet de base) reste également une tendance à surveiller.

    Transavia, le pari low-cost qui ne paye pas encore

    Paradoxe du groupe : alors qu’Air France-KLM affiche des résultats historiques, sa filiale low-cost Transavia reste dans le rouge. Le résultat opérationnel de Transavia s’établit à -49 millions d’euros en 2025, contre -3 millions en 2024. La marge opérationnelle recule à -1,4 %.

    En France, Transavia est impactée par la réorganisation des lignes avec Air France à Orly. Aux Pays-Bas, la hausse des redevances aéroportuaires à Schiphol et l’augmentation de la taxe sur les billets poussent certains voyageurs vers des aéroports allemands. Malgré ces difficultés, la filiale a transporté 26 millions de passagers (+12,4 %) et prévoit une croissance de capacité de 8 à 10 % en 2026, avec 58 nouvelles routes au départ de la France. Pour le voyageur au budget serré, Transavia reste le point d’entrée du groupe Air France-KLM.

    Faut-il s’attendre à payer plus cher ?

    La montée en gamme soutient les revenus unitaires du groupe. En clair : le prix moyen par passager augmente. Sur le long-courrier premium, la demande reste forte et les tarifs suivent la tendance, mais le produit en face (suites La Première, Business redessinée) justifie en partie la hausse. Sur l’éco long-courrier, la pression est haussière, alimentée par les investissements massifs du groupe (3 milliards d’euros prévus en 2026) et l’alourdissement fiscal, notamment les contraintes européennes sur le carburant durable.

    Sur le court et moyen-courrier, la concurrence de Transavia, EasyJet et Ryanair contient les hausses. Le groupe mise d’ailleurs sur l’augmentation de capacité (+3 à 5 %) pour atténuer la pression sur les prix. L’objectif affiché : porter la marge opérationnelle à plus de 8 % d’ici 2028, contre 6,1 % aujourd’hui.

    À retenir : surveiller les ouvertures de lignes (Las Vegas, nouvelles destinations Transavia) pour profiter des tarifs de lancement. Et s’inscrire à Flying Blue, ne serait-ce que pour le Wi-Fi gratuit à bord.

    Ce qu’il faut retenir

    Air France-KLM récolte les fruits d’une transformation engagée depuis plusieurs années. Le groupe affiche désormais une marge de 6,1 % et vise 8 % d’ici 2028. Pour les voyageurs, cela se traduit par un meilleur produit à bord (Wi-Fi, divertissement, cabines rénovées), mais aussi par une pression haussière sur les prix, amplifiée par la fiscalité. La vraie inconnue reste Transavia : si la filiale low-cost parvient à devenir rentable, elle pourrait offrir une alternative accessible au sein du groupe. À suivre lors des prochains résultats trimestriels.

    Vincent Mabire
    Publié le 20 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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