En résumé
• Apollo offre 7,15 £/action et valorise easyJet à 6,7 Md€• Le conseil d'easyJet recommande l'OPA, visée au T1 2027
• easyJet baisse ses profits, malgré ses créneaux et easyJet Holidays
Le conseil d’administration d’easyJet a recommandé à l’unanimité l’offre publique d’acquisition déposée par Apollo Global Management. L’opération, valorisée à environ 6,7 milliards d’euros, doit être finalisée au premier trimestre 2027.
Apollo confirme son offre à 7,15 livres par action
Apollo Global Management a confirmé le 6 août 2026 le rachat de la compagnie aérienne easyJet via une offre publique d’acquisition en numéraire. Le fonds d’investissement américain, basé à New York, propose 7,15 livres par action, valorisant la compagnie britannique à 5,7 milliards de livres, soit environ 6,7 milliards d’euros. Cette offre représente une prime de 81 % par rapport au cours de clôture du 28 mai 2026, retenu comme cours de référence par la compagnie.
Le fonds Castlelake, qui avait initialement soumis une offre concurrente à 6,90 livres par action, s’est retiré de la course le 6 août 2026. Le conseil d’administration d’easyJet avait indiqué à la mi-juillet 2026 qu’il était disposé à recommander l’offre d’Apollo. Selon BFM Business, l’opération doit être finalisée au premier trimestre 2027, sous réserve de l’obtention des autorisations des autorités de concurrence, des régulateurs aéronautiques et de l’approbation des actionnaires.
Les résultats d’easyJet en baisse de 70 %
Sur son troisième trimestre clos fin juin 2026, easyJet a enregistré un bénéfice avant impôts de 85 millions de livres, soit environ 99 millions d’euros. Ce résultat représente une baisse de 70 % par rapport à la même période de l’exercice précédent. La compagnie, dont le siège est situé à Londres-Luton, subit la hausse du prix du carburant liée aux tensions au Moyen-Orient.
Ryanair a enregistré un recul de 34 % de son bénéfice net au premier trimestre de son exercice décalé, à 538 millions d’euros. Wizz Air a basculé dans le rouge au cours des derniers mois. Face aux premières offres, easyJet avait dénoncé le caractère opportuniste du calendrier, le cours de l’action étant temporairement déprimé par la situation au Moyen-Orient.
Apollo met en avant les actifs d’easyJet
Dans un communiqué, Apollo a indiqué suivre easyJet depuis de nombreuses années et considérer le groupe comme l’une des entreprises les plus attractives du secteur aérien mondial. Le fonds américain, qui gère plus de 1 000 milliards de dollars d’actifs, a déjà investi dans Aeromexico, Sun Country Airlines et Atlas Air. Apollo est également intervenu dans des financements structurés d’Air France-KLM et de Virgin Atlantic.
Le portefeuille de créneaux aéroportuaires d’easyJet dans les hubs de Londres-Gatwick, Paris-Charles-de-Gaulle, Genève et Amsterdam constitue un actif pour le repreneur. La filiale easyJet Holidays, dont le développement s’est accéléré, représente un relais de revenus distinct du transport point à point.
Un montage contraint par la réglementation européenne
Le règlement (CE) n° 1008/2008 impose qu’une compagnie aérienne de l’UE reste majoritairement détenue et effectivement contrôlée par des ressortissants ou États membres européens. La réglementation britannique applicable après le Brexit contient des dispositions analogues. Pour respecter ces exigences, Apollo ne détiendra qu’un maximum de 49,9 % du capital et des droits de vote d’easyJet.
Stelios Haji-Ioannou, fondateur chypriote-grec d’easyJet, et sa famille, qui détiennent environ 15,3 % du capital, ont accepté l’offre. Ils conserveront leur participation dans la future holding en échangeant leurs actions contre des titres non cotés du véhicule d’acquisition d’Apollo. Un trust européen détiendra jusqu’à 5 % du capital. Les 29,8 % restants seront mis à la disposition des actionnaires du flottant boursier, composé d’investisseurs institutionnels, de fonds et de particuliers.
Apollo doit démontrer aux régulateurs qu’il ne prend pas le contrôle effectif d’easyJet. La Commission européenne envisage de préciser les règles de propriété pour éviter que des structures complexes ne contournent l’esprit du texte. Cette évolution réglementaire pourrait peser sur la revue de l’opération. Le siège d’easyJet restera basé au Royaume-Uni et la compagnie continuera d’opérer sous sa marque actuelle.