L’Europe impose le contrôle biométrique EES dès avril 2026 : jusqu’à 7 heures d’attente à Lisbonne

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• L'EES remplace le tampon passeport par un contrôle biométrique dès avril 2026.
• Flexibilité accordée jusqu'à septembre 2026 pour gérer les retards techniques et queues.
• Britanniques, Américains et autres à court séjour concernés, pas les citoyens européens.

    Les tampons sur passeport, ce geste rituel de tout voyageur franchissant une frontière européenne, vivent leurs dernières semaines. Le 10 avril 2026, le système EES (Entry/Exit System) deviendra obligatoire sur l’ensemble des frontières extérieures de l’espace Schengen, remplaçant l’encre par la biométrie : photo du visage et empreintes digitales. Mais face aux files d’attente record observées depuis le lancement en octobre 2025, la Commission européenne a accordé début février des flexibilités aux États membres, repoussant de fait l’échéance effective à septembre 2026.

    Voici tout ce que les voyageurs doivent savoir pour naviguer cette transition historique aux frontières européennes.

    L’EES, c’est quoi exactement ?

    L’Entry/Exit System est un système numérique qui enregistre électroniquement chaque entrée et sortie des voyageurs non-européens dans les 29 pays de l’espace Schengen. Concrètement, il remplace le tampon manuel sur passeport, jugé insuffisant pour détecter les dépassements de séjour.

    À chaque passage, le système collecte le nom du voyageur, les détails du passeport, une photo du visage et les empreintes digitales de 4 doigts. Selon l’agence eu-LISA, responsable de la gestion du dispositif, ces données sont conservées dans un dossier individuel pendant 3 ans, puis automatiquement supprimées.

    Le calendrier prévu : lancement progressif le 12 octobre 2025, obligation totale le 10 avril 2026. Avec, désormais, la possibilité pour les États de suspendre partiellement le système pendant l’été — une flexibilité capitale face aux problèmes techniques constatés.

    Qui est concerné (et qui ne l’est pas)

    Tous les ressortissants de pays tiers en court séjour (moins de 90 jours) dans l’espace Schengen sont concernés : Britanniques, Américains, Canadiens, Australiens et bien d’autres. Les citoyens européens et les résidents de longue durée dans l’UE ne sont pas soumis à l’EES contrôle biométrique.

    Quelques exemptions existent : les mineurs de moins de 12 ans doivent fournir une photo mais pas d’empreintes. Les chefs d’État en visite diplomatique, les pilotes et équipages, les marins, les travailleurs frontaliers et les services de secours sont également dispensés.

    Point essentiel : selon le ministère de l’Intérieur français, « la collecte des données biométriques est obligatoire. Si le voyageur s’oppose à la collecte, il se verra refuser l’entrée sur le territoire Schengen. »

    À ne pas confondre avec l’ETIAS (European Travel Information and Authorisation System), une autorisation de voyage préalable à 20 € qui sera lancée fin 2026 selon les dernières informations. L’EES, lui, est gratuit et s’effectue directement à la frontière. Pour comprendre comment ces nouvelles réglementations s’inscrivent dans le contexte européen plus large, consultez notre article sur les nouvelles règlementations de voyage en Europe.

    Comment ça se passe concrètement à la frontière

    Lors du premier passage, le voyageur doit fournir ses données personnelles, scanner ses 4 empreintes digitales (main droite) et se faire photographier le visage, à une borne automatique ou par un agent. Un dossier individuel est alors créé pour 3 ans.

    Pour les passages suivants (dans les 3 ans), un simple scan facial rapide ou une seule empreinte suffit : le processus est beaucoup plus court.

    Bonne nouvelle : depuis janvier 2026, des bornes de pré-enregistrement (kiosques fixes ou tablettes) permettent d’enregistrer ses données biométriques en amont du contrôle. Ce dispositif est facultatif, gratuit, et nécessite un passeport biométrique (avec puce). Attention toutefois : le pré-enregistrement ne dispense pas du contrôle final par un garde-frontière.

    Files d’attente record et bugs techniques : les premiers retours

    Depuis le lancement en octobre 2025, les retours du terrain sont préoccupants. Selon un rapport d’ACI Europe (Airport Council International), les délais de traitement aux frontières ont augmenté de 70 % dans les aéroports concernés.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : jusqu’à 4 heures d’attente à Amsterdam-Schiphol, Paris-CDG et Francfort. 3 heures à Bruxelles-Zaventem, 2 h 30 à Genève et, record absolu, 7 heures à Lisbonne. L’aéroport portugais a d’ailleurs dû suspendre le système pendant 3 mois en décembre 2025 après des « déficiences graves », selon l’Observateur de l’Europe.

    Les problèmes techniques sont largement imputés au prestataire Atos. D’après Bloomberg, relayé par Le Monde Informatique, le consortium dirigé par l’entreprise française (aux côtés d’IBM et Leonardo, pour un contrat de 142 millions d’euros attribué en 2019) « a ralenti les travaux en n’installant que partiellement les équipements, en égarant des pièces et en envoyant souvent des équipes manquant d’expérience ».

    Face à cette situation, la Commission européenne a annoncé début février 2026 des flexibilités cruciales : après le 10 avril, les États membres pourront suspendre partiellement l’EES pendant 90 jours, avec une extension possible de 60 jours supplémentaires pour couvrir la période estivale. Comme l’a déclaré le porte-parole Markus Lammert : « En étendant la flexibilité pour la période estivale, nous donnons aux États membres les outils nécessaires pour éviter le chaos des voyages d’été. »

    5 conseils pratiques pour passer la frontière sans stress

    1. Arrivez très en avance. Prévoyez jusqu’à 4 heures avant un vol international, surtout pour un premier enregistrement EES. Pour les passages suivants, 2 heures restent recommandées.

    2. Vérifiez votre passeport. Il doit être biométrique (avec puce électronique) et valide au moins 3 mois après la date de retour prévue. Pour savoir où votre passeport vous permet de voyager sans visa, consultez notre guide sur les destinations accessibles aux Français sans visa.

    3. Utilisez le pré-enregistrement. Profitez des bornes disponibles depuis janvier 2026 pour enregistrer vos données en amont et gagner du temps au contrôle.

    4. Évitez les périodes de pointe. Vacances scolaires et été concentrent les files les plus longues. Privilégiez les créneaux matinaux et les jours de semaine.

    5. Restez informé. Le calendrier évolue (report possible à septembre 2026) : consultez le site de votre compagnie aérienne ou de votre aéroport avant chaque départ.

    EES, ETIAS, Schengen : le mémo pour ne plus confondre

    • EES : enregistrement biométrique à la frontière, gratuit, obligatoire dès avril 2026. Remplace le tampon. Valable 3 ans.
    • ETIAS : autorisation de voyage préalable (type ESTA américain), 20 €, à demander en ligne avant le départ. Prévu fin 2026. Gratuit pour les mineurs et les plus de 70 ans. Valable 3 ans.
    • Espace Schengen : 29 pays, dont la Bulgarie et la Roumanie (intégration pleine depuis janvier 2025).

    Le parcours type d’un voyageur non-européen en 2026-2027 : demander l’ETIAS (20 €, quand il sera lancé fin 2026), se présenter à la frontière, passer l’enregistrement EES (gratuit), entrer dans l’espace Schengen. Les deux systèmes sont indépendants, chacun valable 3 ans.

    Checklist avant votre prochain voyage en Europe

    • Passeport : biométrique, en cours de validité, valide 3 mois après la date de retour
    • ETIAS : pas encore obligatoire (prévu fin 2026), à surveiller
    • EES : rien à faire en amont (sauf pré-enregistrement facultatif aux bornes)
    • Budget : EES = gratuit ; ETIAS = 20 € (gratuit pour les moins de 18 ans et plus de 70 ans)
    • Temps à prévoir : 4 h d’avance pour un premier enregistrement, 2 h pour les suivants
    • Aéroports les plus impactés : Paris-CDG, Amsterdam-Schiphol, Francfort, Bruxelles, Genève, Lisbonne, gares Eurostar

    Le système EES représente la plus grande transformation du contrôle aux frontières européennes depuis la création de l’espace Schengen. Si le principe est simple (remplacer l’encre par la biométrie), la mise en œuvre reste chaotique. Voyageurs concernés, le mot d’ordre est clair : anticipez, informez-vous et armez-vous de patience. Les prochains mois seront décisifs pour le succès de ce dispositif inédit.

    Vincent Mabire
    Publié le 13 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Nos thèmes