En résumé
• Un passager de United Airlines s'est retrouvé à Tokyo au lieu de Managua après une erreur d'embarquement.• Trois vérifications d'embarquement ont échoué, exposant des lacunes dans les contrôles aériens.
• United Airlines a compensé le passager, mais l'incident soulève des questions de sécurité et régulation.
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Un passager de United Airlines en route vers Managua, au Nicaragua, s’est retrouvé à Tokyo après avoir embarqué dans le mauvais avion à l’aéroport de Los Angeles. L’erreur d’embarquement n’a été découverte qu’en plein vol, révélant plusieurs défaillances dans les procédures de contrôle de la compagnie aérienne. L’incident soulève des questions sur la fiabilité des systèmes de vérification dans les grands aéroports américains.
L’erreur découverte après 6 heures de vol
Víctor Calderón voyageait de Los Angeles vers Managua avec une correspondance prévue à Houston. Le trajet LAX-Houston devait durer 3h15. C’est en interrogeant une hôtesse de l’air, six heures après le décollage, qu’il a appris qu’il se dirigeait vers Tokyo-Haneda, selon les informations rapportées par View from the Wing et Fox News.
Le passager a atterri à l’aéroport de Tokyo-Haneda avant d’être renvoyé vers Los Angeles puis finalement vers sa destination initiale, avec environ 48 heures de retard. Un scénario qui rappelle l’incident où 31 passagers Jet2 ont été oubliés dans un escalier à Manchester, bien que les circonstances diffèrent.
Plusieurs contrôles défaillants
L’incident met en lumière une succession de défaillances dans le processus d’embarquement. En temps normal, trois vérifications indépendantes auraient dû empêcher cette erreur d’embarquement :
1. Le scan de la carte d’embarquement à la porte – Le système aurait dû bloquer le passage d’un passager sans billet valide pour ce vol
2. Le contrôle visuel par l’agent de bord – À l’entrée de l’appareil, la carte d’embarquement est normalement vérifiée une seconde fois
3. L’occupation du siège – Le numéro de siège du passager aurait dû être déjà occupé par le titulaire légitime du billet
Selon LoyaltyLobby, le passager a réussi à passer tous ces contrôles sans qu’aucune anomalie ne soit détectée. Les annonces dans l’avion et les écrans de bord indiquant la destination n’ont pas non plus alerté le voyageur.
Cette triple défaillance contraste avec les recommandations pour éviter les erreurs fatales avec une carte d’embarquement, qui insistent sur la vigilance du passager lui-même.
La réponse de United Airlines
United Airlines a confirmé l’incident dans un communiqué. “Nous avons contacté l’aéroport pour comprendre comment cela s’est produit, nous sommes entrés en contact avec le client pour nous excuser et nous avons proposé des crédits de voyage et un remboursement”, a déclaré un porte-parole de la compagnie.
La compagnie rappelle également que “nous conseillons toujours aux clients de surveiller les panneaux d’affichage aux portes d’embarquement et les annonces pour s’assurer qu’ils montent dans l’avion qui se dirige vers leur destination”.
Cette défense fait porter une partie de la responsabilité sur le passager, alors que ce sont bien les systèmes de contrôle de la compagnie qui ont failli. United Airlines n’est d’ailleurs pas à son premier incident inhabituel : un pilote avait oublié son passeport et obligé l’avion à faire demi-tour en mars 2025.
Une compensation revue à la hausse
United Airlines a d’abord proposé un crédit voyage de 300 dollars pour compenser le désagrément, alors que le billet initial coûtait 655 dollars. Le passager réclamait également le remboursement de 1 095 dollars de frais supplémentaires : deux nuits d’hôtel à Tokyo, vêtements et articles de toilette.
Après l’intervention des médias, notamment de la chaîne Telemundo qui a diffusé une interview du passager, United a porté son offre à 1 000 dollars de crédit voyage, rapporte The Travel. Une révision qui souligne l’importance de médiatiser ce type d’incidents pour obtenir une compensation équitable.
Des questions réglementaires en suspens
L’incident soulève des interrogations sur d’éventuelles sanctions. Le transport d’un passager non autorisé vers un pays étranger constitue une violation des protocoles de sécurité aérienne. Selon les experts cités par Aviation A2Z, United Airlines pourrait faire face à des amendes de la part de la FAA (Federal Aviation Administration) ou des autorités japonaises.
Le passager a eu la chance de disposer d’un passeport compatible avec le programme d’exemption de visa du Japon, lui permettant de sortir de l’aéroport sans complications administratives supplémentaires. Une situation qui aurait pu être bien plus complexe dans d’autres destinations.
L’incident intervient alors que la reconnaissance faciale commence à remplacer le passeport dans certains aéroports, promettant théoriquement de réduire ce type d’erreurs d’embarquement grâce à la vérification biométrique.
Ce qu’il faut retenir pour les voyageurs
Cet incident rappelle l’importance de vérifier soi-même plusieurs éléments avant l’embarquement :
- Le numéro de porte d’embarquement affiché sur la carte d’embarquement
- La destination annoncée lors de l’appel à l’embarquement
- Les écrans de la porte indiquant le numéro de vol et la ville de destination
- L’écran de bord une fois installé dans l’avion
- Les annonces en cabine avant le décollage
En cas de doute, les passagers sont invités à interroger immédiatement le personnel de bord avant le décollage. Mieux vaut poser une question qui semble évidente que de se retrouver à 10 000 kilomètres de sa destination.
À suivre : United Airlines n’a pas précisé les mesures correctives mises en place pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise.