Avion long-courrier

Londres-Dublin, Nice-Corse, Ibiza… ces vols pourraient devenir les premiers trajets en avion électrique

Luc Rongier - Il y a 1 heure

En résumé

• Avions électriques et hybrides sur des vols européens dès 2030
• Jusqu’à 25 % des liaisons de 500 km pourraient être concernées
• Coûts et émissions en baisse, mais l’autonomie reste limitée

    Des avions électriques et hybrides pourraient desservir une partie des liaisons aériennes de moins de 500 kilomètres en Europe dès le début des années 2030. Des start-up européennes développent des appareils destinés à remplacer les vols court-courriers alimentés au kérosène sur des trajets insulaires ou transfrontaliers. Les prix des billets pourraient atteindre des niveaux comparables à ceux des trains de première classe.

    Des liaisons européennes identifiées pour l’aviation électrique

    Selon une analyse de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA), relayée par Euronews, les avions électriques capables de parcourir 500 kilomètres pourraient desservir un quart des liaisons aériennes en Europe. Parmi les trajets potentiels situés dans ce rayon figurent Londres-Dublin, Athènes-Santorin, Barcelone-Ibiza, Nice-Corse et Rome-Sardaigne.

    Ces liaisons, qui traversent des étendues d’eau ou desservent des îles, ne peuvent pas être remplacées par le rail. La France a interdit les vols pour lesquels une alternative en train prend moins de 2,5 heures, et l’Espagne a proposé une interdiction similaire. Pour les trajets insulaires, l’avion restera l’une des seules options pratiques, et les avions électriques pourraient réduire les émissions sur ces lignes.

    Les start-up européennes en course pour le premier avion électrique certifié

    La start-up allemande Vaeridion construit un avion électrique de neuf places. L’entreprise prévoit d’obtenir la certification pour le transport de passagers d’ici 2030. Elle a déjà obtenu des engagements d’achat portant sur 100 appareils de la part de compagnies aériennes et d’exploitants de jets. Vaeridion estime que son avion pourrait opérer à moins de 0,50 euro par passager-kilomètre, un niveau comparable à un billet de train en première classe.

    La société néerlandaise Elysian Aircraft, en partenariat avec KLM, développe un avion à batteries de grande capacité conçu pour transporter 90 personnes sur des distances allant jusqu’à 1 000 kilomètres dès 2035. La start-up française Aura Aero développe un avion régional hybride-électrique de 19 places avec une autonomie pouvant atteindre 1 500 kilomètres. L’entreprise vise une certification fin 2029 et prévoit de produire ensuite des appareils de 40 à 90 sièges.

    Les avantages économiques et environnementaux

    Selon Carlos López de la Osa, responsable technique aviation à la Fédération européenne pour le transport et l’environnement (T&E), les vols électriques et hybrides sont au cœur de la solution pour rendre les déplacements court-courrier moins dépendants du kérosène importé. Avec des prix du gaz volatils en raison des tensions au Moyen-Orient, les vols sans carburant apparaissent comme une perspective attractive.

    Antoine Toulemont, responsable des affaires européennes d’Aura Aero, indique que le caractère hybride de l’appareil permettra de réduire les émissions jusqu’à 80 % et d’utiliser du carburant aérien durable (SAF) plutôt que du kérosène. Il estime une réduction de 50 % des coûts d’exploitation directs par rapport aux avions conventionnels, même aux prix actuels du carburant.

    Les limites de l’électrification du transport aérien

    La densité énergétique des batteries détermine le poids, la taille et l’autonomie des avions entièrement électriques. Ce paramètre a longtemps rendu l’aviation électrique peu pratique, mais des avancées dans les moteurs électriques, l’intégration des batteries et la conception des appareils contribuent à résoudre ce problème. Les premiers avions électriques, de petite taille, ne devraient pas concurrencer les jets commerciaux et seraient d’abord utilisés pour relier des régions rurales non desservies par les vols classiques.

    Anna Hughes, directrice du collectif de campagne Flight Free UK, affirme que les vols électriques feront partie intégrante d’un monde du voyage bas carbone, notamment pour décarboner des liaisons comme Londres-Dublin qui ne peuvent pas être remplacées par d’autres moyens. Elle précise toutefois que ce type de vol n’est zéro carbone que lorsqu’il est alimenté par des énergies renouvelables. En juillet 2026, la Commission européenne a proposé d’élargir les financements dédiés à la décarbonation de l’aviation afin que le soutien puisse être dirigé vers le développement des avions électriques, aux côtés du SAF et des avions à hydrogène.

    Luc Rongier
    Publié le 8 août 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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