Le Pic du Midi candidat à l’UNESCO : pourquoi le visiter avant que tout le monde s’y précipite

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• Le Pic du Midi de Bigorre a été candidat pour être inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

• L'augmentation de la fréquentation est attendue, avec déjà plus de 145 000 visiteurs par an.

• L'observatoire offre des expériences uniques, comme des nuits d'observation astronomique.

C’est officiel : la France a déposé la candidature du Pic du Midi de Bigorre au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’annonce a été faite le 3 février 2026 par Rachida Dati, ministre de la Culture. La décision finale tombera en juillet 2027, lors de la 49e session du Comité du patrimoine mondial.

Pour les voyageurs, l’enjeu est concret. Les sites français inscrits à l’UNESCO voient généralement leur fréquentation bondir de 20 à 50% après le classement. À Albi, la cathédrale a enregistré 30% de visiteurs supplémentaires après son inscription en 2010. Bordeaux a vu son tourisme augmenter de 50% depuis son classement en 2007. Le Pic du Midi attire déjà 145 169 visiteurs par an — un record établi en 2024, avec une hausse de 2,6% par rapport à l’année précédente. En clair : c’est maintenant qu’il faut découvrir ce site pyrénéen, avant l’afflux.

Pourquoi le Pic du Midi vise l’UNESCO

Le dossier déposé met en avant la « valeur universelle exceptionnelle » de l’observatoire, qui illustre selon le ministère « la période pionnière d’implantation des premiers observatoires scientifiques de haute montagne ».

À retenir : le Pic du Midi est le seul site de ce type au monde — un observatoire historique datant de 1873, toujours en activité, et ouvert au grand public. Depuis plus de 150 ans, des chercheurs y travaillent sur l’astronomie, la météorologie, la botanique et les études atmosphériques. Le télescope Bernard Lyot, avec son miroir de 2 mètres de diamètre, reste le plus grand télescope optique de France métropolitaine.

Le site abrite également le cœur de la première Réserve Internationale de Ciel Étoilé d’Europe, labellisée en 2013. Ce territoire unique regroupe 247 communes sur 3 300 km², soit 65% des Hautes-Pyrénées — un atout majeur pour les amateurs d’observation astronomique.

Un calendrier serré vers le patrimoine mondial

La candidature a reçu trois avis « très favorables » du comité français du patrimoine mondial. Emmanuel Macron s’est rendu au sommet en juillet 2025, à l’occasion du passage du Tour de France dans les Hautes-Pyrénées, pour réaffirmer le soutien de l’État. « L’État soutient fortement cette candidature. Il faut que tout le monde soit dans la mêlée », avait-il déclaré.

Le projet mobilise plusieurs partenaires depuis 2014 : la Région Occitanie, le Département des Hautes-Pyrénées, l’Université de Toulouse et le Syndicat Mixte pour la Valorisation Touristique du Pic du Midi. La France compte déjà 47 sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Pic du Midi pourrait devenir le 48e en juillet 2027.

@ladepechedumidi

Profitant du passage du Tour de France dans les Hautes-Pyrénées, Emmanuel Macron, très attaché au département, s’est rendu au sommet du Pic du Midi ce 17 juillet pour affirmer son soutien à la candidature du site au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le dossier pourrait se concrétiser en 2027. #macron #Picdumidi #hautespyrenees #unesco

♬ son original – La Dépêche du Midi – La Dépêche du Midi

L’effet UNESCO : ce qui risque de changer

L’inscription au patrimoine mondial génère mécaniquement une hausse de fréquentation et une internationalisation des visiteurs. Le label confère une notoriété qui attire une clientèle internationale moins sensible à la saisonnalité.

Au Pic du Midi, les signes de tension sont déjà visibles. Les nuits au sommet — une expérience limitée à 27 personnes par soir — affichent complet jusqu’en 2027. En 2024, plus de 6 400 personnes ont dormi à 2 877 m d’altitude. Les prochaines disponibilités seront annoncées au printemps 2026.

Concrètement, un classement UNESCO amplifierait une tendance déjà en cours. Les voyageurs qui souhaitent profiter du site dans des conditions de fréquentation raisonnables ont intérêt à anticiper leur visite.

Ce qui rend le Pic du Midi unique

À 2 877 mètres d’altitude, le Pic du Midi offre un panorama à 360° sur 300 km de chaîne pyrénéenne. Les terrasses aménagées (600 m²) permettent d’embrasser du regard les sommets enneigés, les plaines du Sud-Ouest et, par temps clair, les contreforts du Massif central.

Le « Ponton dans le ciel », une passerelle vitrée suspendue au-dessus du vide, constitue l’attraction phare du site. Un planétarium et un musée interactif (avec HistoPad) complètent l’expérience. La satisfaction des visiteurs est remarquable : 97% se disent satisfaits de leur passage, et 78% attribuent une note de 9 ou 10 sur 10.

Pour ceux qui souhaitent prolonger l’immersion, les « Soirées Galactiques » permettent d’observer les étoiles avec des astronomes, du coucher du soleil jusqu’à minuit, sans passer la nuit sur place.

@brunomaltor

J’ai passé une nuit au milieu des étoiles au Pic du Midi ✨ #picdumidi #pyrenees #logementinsolite

♬ son original – Bruno Maltor

À noter : l’Hôtellerie des Laquets, fermée depuis 30 ans, rouvrira en juillet 2026 à 2 620 mètres d’altitude. Ce sera le plus haut hôtel de luxe de France, accessible par un téléphérique privé depuis le Pic du Midi. Comptez à partir de 569 € pour deux personnes.

Comment s’y rendre depuis les grandes villes françaises

Depuis Toulouse : 2h15 en voiture via l’A64 puis la D935 ou D918 jusqu’à La Mongie. En train, la ligne TER Toulouse-Tarbes permet de rejoindre la gare de Lannemezan ou Tarbes, puis les cars régionaux liO (lignes 960 et 962) desservent la station.

Depuis Paris : le TGV inOui relie Paris-Montparnasse à Lourdes en 4h46 (comptez 90 à 220 € selon les dates). Autre option : les vols Volotea vers l’aéroport Tarbes-Lourdes-Pyrénées, situé à environ 1h de route du Pic.

Depuis Bordeaux : environ 3h de route via l’A65 puis l’A64.

Accès final : le téléphérique part de La Mongie (parking gratuit) et rejoint le sommet en 15 minutes. À noter : fermeture entre 12h30 et 14h.

Infos pratiques pour planifier sa visite

  • Tarifs 2026 : 42,50 € adulte, 34 € enfant. Réduction jusqu’à 20% en réservant en ligne à l’avance.
  • Horaires hiver (jusqu’au 19 avril 2026) : départs de 9h30 à 16h, dernier retour à 17h.
  • Fermetures annuelles : mai et novembre.
  • Meilleure période : juin à septembre pour la météo, le matin pour la visibilité optimale.

À prévoir : des vêtements chauds même en été (6 à 7°C en moyenne au sommet), lunettes de soleil et crème solaire. L’altitude peut provoquer essoufflement et maux de tête — pensez à boire beaucoup d’eau.

Pour les randonneurs, une alternative existe : rejoindre le sommet à pied depuis le Col du Tourmalet (14 km, 800 m de dénivelé positif). Le tarif d’accès au site est alors réduit à 20 €.

Faut-il y aller maintenant ?

Le Pic du Midi coche toutes les cases d’une destination exceptionnelle : panorama hors norme, patrimoine scientifique unique, astrotourisme de premier plan. Et l’afflux post-UNESCO n’a pas encore commencé.

Les coins sauvages des Pyrénées permettent de compléter le séjour pour ceux qui souhaitent explorer davantage le massif. Le site fête d’ailleurs ses 25 ans d’ouverture au public en 2025 — une entrée gratuite est offerte à ceux qui fêtent aussi leur 25e anniversaire cette année.

À suivre : la décision de l’UNESCO attendue en juillet 2027. D’ici là, les réservations pour les billets et les expériences nocturnes restent ouvertes sur picdumidi.com.

Vincent Mabire
Publié le 4 février 2026

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nos thèmes