Shutdown aux États-Unis : 61 000 agents TSA sans salaire, les aéroports américains sous pression

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• Des files d'attente longues et vols retardés/en annulés dus à un shutdown aux USA.

• Les droits des passagers affectés varient selon l'origine et la compagnie aérienne.

• Conseils de voyage: anticiper les retards et rester informé via les réseaux sociaux.

    Depuis le 14 février 2026, les États-Unis sont de nouveau en shutdown partiel. Le Department of Homeland Security (DHS) n’est plus financé, et 61 000 agents de la TSA continuent de travailler sans recevoir de salaire. C’est le troisième shutdown en moins d’un an. Pour les voyageurs français qui ont un vol prévu vers les USA dans les prochains jours, la question mérite d’être posée : quelles conséquences concrètes sur votre voyage ?

    Ce qui se passe : un shutdown USA ciblé sur le DHS, pas sur la FAA

    Le blocage est né d’un désaccord au Congrès entre Démocrates et Républicains sur la politique migratoire, et plus précisément sur le financement de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement). Résultat : depuis le 14 février à minuit, le budget du DHS a expiré.

    La TSA (Transportation Security Administration), l’agence responsable des contrôles de sécurité dans plus de 430 aéroports américains, est directement touchée. Sur ses 64 130 employés, 95 % sont classés « essentiels » et doivent rester en poste, selon CNBC. Environ 2 933 agents ont été mis en congé forcé (furlough).

    En revanche, la FAA (Federal Aviation Administration) et les contrôleurs aériens ne sont pas concernés : leur budget est séparé et financé jusqu’en septembre 2026. C’est la différence majeure avec le shutdown d’octobre 2025, qui avait paralysé à la fois la TSA et la FAA pendant 43 jours, provoquant des milliers d’annulations.

    Les conséquences concrètes dans les aéroports américains

    Le risque principal : des files d’attente allongées aux contrôles de sécurité. Lors du shutdown de 2025, la TSA avait connu une hausse de 25 % des départs d’agents, et deux checkpoints avaient été temporairement fermés à l’aéroport de Philadelphie (PHL). Les agents non payés finissent par s’absenter davantage, ce qui réduit le nombre de lignes de contrôle ouvertes.

    Dès le week-end du 15-16 février, les perturbations se sont fait sentir : plus de 5 100 vols retardés et 460 annulés le samedi, puis 6 500 vols retardés et 330 annulés le dimanche, selon FlightAware. Le lundi 17 février, plus de 600 vols supplémentaires étaient retardés dès la matinée. Les grands hubs comme Atlanta (ATL), New York JFK, Los Angeles (LAX) et Philadelphie (PHL) sont les plus exposés, selon Travel and Tour World.

    Autre conséquence : la TSA a suspendu le déploiement de nouvelles technologies de contrôle, dont le système Touchless ID, initialement prévu pour le spring break 2026. L’application MyTSA, qui permet de consulter les temps d’attente en temps réel, ne fonctionne pas non plus pendant un shutdown.

    Les petits aéroports régionaux, qui ne disposent souvent que d’un seul checkpoint, sont particulièrement vulnérables : quelques absences suffisent à créer des engorgements importants.

    Vos droits si votre vol est retardé ou annulé

    Pour un vol au départ de l’Union européenne vers les États-Unis (Paris-CDG, Lyon, Marseille), le règlement européen EU261/2004 s’applique, quelle que soit la compagnie aérienne. L’indemnisation forfaitaire peut atteindre 600 euros pour les vols long-courriers de plus de 3 500 km, en cas d’annulation ou de retard supérieur à 3 heures.

    Pour un vol au départ des États-Unis vers la France, EU261 s’applique uniquement avec une compagnie européenne (Air France, KLM, Transavia). Les passagers de compagnies américaines (Delta, United, American Airlines) relèvent des politiques internes de ces compagnies.

    Nuance importante : le shutdown peut être considéré comme une « circonstance extraordinaire ». La compagnie pourrait alors être exemptée de l’indemnisation forfaitaire. Elle reste néanmoins tenue de fournir une assistance (repas, hébergement si nécessaire) et de proposer un réacheminement ou un remboursement intégral du billet.

    Depuis le 7 février 2026, la médiation auprès du Médiateur Tourisme et Voyage est devenue obligatoire en France avant toute action en justice. Le délai de recours reste de 5 ans pour faire valoir ses droits au titre d’EU261.

    Faut-il reporter votre voyage aux États-Unis ?

    Si votre vol est prévu dans les prochains jours : pas de raison d’annuler, mais arrivez 3 heures avant le départ pour un vol domestique et 4 heures pour un vol international, contre 2 heures habituellement. Surveillez le compte de votre aéroport sur les réseaux sociaux pour les mises à jour en temps réel.

    Si votre voyage est prévu dans 2 à 3 semaines : la prudence est de mise. Les agents TSA ne manqueront leur premier salaire complet qu’à la mi-mars. C’est à ce moment-là que les absences augmentent significativement, comme l’a montré le shutdown prolongé de 2025.

    Pour accélérer le passage sécurité, le programme TSA PreCheck reste la meilleure option. En revanche, le système Touchless ID est désormais suspendu. Au retour, Mobile Passport Control permet de réduire l’attente aux douanes américaines.

    Si vous souhaitez annuler, vérifiez les conditions de votre billet (flexible ou non remboursable) et contactez votre compagnie ou agence de voyage. Air France vient de lancer un vol direct Paris-Las Vegas : les voyageurs concernés par cette nouvelle liaison doivent aussi rester attentifs.

    Le contexte : troisième shutdown en cinq mois

    Le shutdown d’octobre-novembre 2025 (43 jours) avait paralysé la FAA et la TSA simultanément, avec des milliers de vols cloués au sol. Cette fois, seul le DHS est touché. Les contrôleurs aériens travaillent et sont payés normalement.

    Le risque d’annulations massives est donc moindre. Mais la fatigue s’accumule : c’est le troisième shutdown en cinq mois (octobre-novembre 2025, janvier 2026, février 2026). La TSA a perdu 25 % de ses effectifs lors du précédent épisode, et le vivier de recrutement reste fragilisé. Certains agents dormaient dans leur voiture pour économiser l’essence, d’autres vendaient leur plasma sanguin ou cumulaient un second emploi pour survivre, rapporte Fox.

    Le contexte est aussi marqué par une baisse générale du tourisme vers les États-Unis : les réservations canadiennes ont chuté de 30 %, et un mouvement de boycott européen prend de l’ampleur. Pour ceux qui hésitent, des alternatives existent pour cet été.

    Au moment où nous publions cet article (17 février 2026), le shutdown USA est toujours en cours et aucune résolution ne semble imminente. Si le blocage se prolonge au-delà du 1er mars, le spring break pourrait transformer les désagréments actuels en perturbations majeures dans les aéroports américains.

    Vincent Mabire
    Publié le 18 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Nos thèmes