Grève Lufthansa de 48h dès jeudi : les pilotes clouent au sol jusqu’à 1 000 vols à Francfort et Munich

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• Grève de 48h chez Lufthansa prévue les 12 et 13 mars 2026.
• Annulation de 80 à 90 % des vols, hubs de Francfort et Munich les plus touchés.
• Conflits sur retraites et salaires, exemptions pour vols vers le Moyen-Orient.

    Un mois après la grève de 24 heures qui avait cloué au sol 9 vols sur 10 à Francfort et Munich, le syndicat de pilotes Vereinigung Cockpit (VC) frappe plus fort. Le débrayage prévu les 12 et 13 mars 2026 durera cette fois 48 heures. Selon Air Journal, Lufthansa prévoit l’annulation de 80 à 90 % de ses vols, soit potentiellement plus de 1 000 liaisons supprimées sur les deux jours — même si la compagnie assure de son côté maintenir plus de 50 % de son programme, notamment sur le long-courrier.

    Grève Lufthansa mars 2026 : ce qui est prévu les 12 et 13 mars

    L’arrêt de travail débutera jeudi 12 mars à 00h01 et s’achèvera vendredi 13 mars à 23h59. Deux entités du groupe sont visées sur toute la durée : Lufthansa Passenger Airlines et Lufthansa Cargo. Lufthansa CityLine est concernée uniquement le jeudi 12 mars. Les hubs de Francfort (FRA) et Munich (MUC) seront les plus touchés.

    Pour mémoire, la grève de 24 heures du 12 février avait entraîné l’annulation de 800 vols et affecté environ 100 000 passagers. Avec une durée doublée, l’impact s’annonce encore plus massif. Selon Lufthansa, le retour au programme normal est prévu à partir du samedi 14 mars.

    Les filiales Eurowings, Swiss, Austrian Airlines, Discover Airlines, Lufthansa City Airlines, Air Dolomiti et Edelweiss ne sont pas concernées par l’appel à la grève. Les passagers disposant d’un vol opéré par ces compagnies ne devraient pas être affectés.

    Pourquoi les pilotes durcissent le mouvement

    Le conflit repose sur deux dossiers distincts. Le premier concerne le régime de retraite complémentaire des pilotes Lufthansa et Lufthansa Cargo : le syndicat VC réclame des garanties de financement pérennes face à l’inflation, alors que la direction n’a présenté aucune nouvelle offre depuis le débrayage de février, selon le syndicat.

    Le second porte sur l’échec des négociations salariales chez Lufthansa CityLine. Début mars, 99 % des pilotes CityLine se déclaraient prêts à cesser le travail.

    En toile de fond, une colère structurelle : le développement de filiales low-cost internes (Eurowings Discover, City Airlines) avec des conditions d’emploi dégradées alimente ce que VC qualifie de « pression organisée » sur les 5 000 pilotes de la maison mère. Le président du syndicat, Andreas Pinheiro, a déclaré que le refus de Lufthansa d’apporter des « améliorations substantielles » au système de retraite ne laissait pas d’autre choix.

    De son côté, le membre du directoire Michael Niggemann juge cette escalade « totalement incompréhensible », estimant que Lufthansa offre déjà un « haut niveau de prévoyance retraite » et que les faibles marges de Lufthansa Classic « ne permettent pas de nouvelles augmentations ».

    Le schéma d’escalade est clair : fin 2025, une grève avait déjà annulé plus de 900 vols pour 115 000 passagers. Puis 24 heures en février, désormais 48 heures en mars.

    L’exemption Moyen-Orient, une particularité inédite

    Fait notable : les vols passagers à destination de 13 pays du Moyen-Orient sont exemptés de la grève. La liste comprend l’Égypte, l’Azerbaïdjan, le Bahreïn, l’Irak, Israël, le Yémen, la Jordanie, le Qatar, le Koweït, le Liban, Oman, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

    Le syndicat VC invoque des « sensibilités géopolitiques et préoccupations humanitaires » pour justifier cette décision. Depuis les frappes sur l’Iran fin février, plusieurs espaces aériens de la région restent fermés ou fortement restreints. Ces liaisons jouent un rôle vital pour les rapatriements de ressortissants européens.

    Vos droits si votre vol Lufthansa est annulé

    Une grève du personnel interne n’est pas considérée comme une circonstance extraordinaire au sens du règlement européen EU 261/2004. Concrètement, les passagers peuvent prétendre à une indemnisation :

    • 250 € pour les vols de moins de 1 500 km
    • 400 € pour les vols intracommunautaires de plus de 1 500 km ou les autres vols de 1 500 à 3 500 km
    • 600 € pour les vols de plus de 3 500 km

    Lufthansa est également tenue de proposer un réacheminement sur un autre vol ou un remboursement intégral du billet. En attendant, la compagnie doit fournir repas, rafraîchissements et, si nécessaire, un hébergement.

    Bon à savoir : pour les vols domestiques allemands annulés, Lufthansa permet d’échanger gratuitement son billet d’avion contre un billet Deutsche Bahn (train). Le billet est valable le jour d’émission et le lendemain.

    Lufthansa prévoit d’envoyer un e-mail d’information mercredi 11 mars en milieu de journée aux passagers concernés. Le délai de réclamation pour l’indemnisation en France est de 5 ans. Avant de vous rendre à l’aéroport, vérifiez le statut de votre vol sur lufthansa.com.

    Double peine le 12 mars : Brussels Airport aussi à l’arrêt

    La coïncidence est redoutable. Le jeudi 12 mars, jour de début de la grève Lufthansa, une grève générale en Belgique paralyse également Brussels Airport. Aucun vol au départ, environ 65 000 passagers affectés, l’aéroport de Charleroi totalement fermé. C’est la troisième grève majeure en Europe en un mois, après l’Italie fin février.

    Pour les voyageurs en transit via Francfort, Munich et Bruxelles, la situation tourne à l’impasse. Les alternatives de correspondance à privilégier : Amsterdam-Schiphol, Zurich ou Vienne, desservis par des filiales du groupe Lufthansa non affectées par le mouvement social.

    Faut-il s’attendre à d’autres grèves Lufthansa ?

    Le conflit est loin d’être résolu. Les négociations sur les retraites sont au point mort et aucun nouvel accord n’est en vue. En parallèle, le syndicat du personnel de cabine UFO menace d’actions séparées après le rejet par Lufthansa de réformes des conditions de travail en cabine.

    Le coût estimé de chaque journée de grève se chiffre en plusieurs dizaines de millions d’euros pour le groupe. L’épisode des 500 passagers abandonnés toute une nuit à Munich fin février n’a rien arrangé à l’image de la compagnie.

    Pour les voyageurs ayant des vols Lufthansa au départ de l’Allemagne dans les semaines à venir, la souscription d’une assurance annulation et l’identification d’alternatives (Eurowings, Swiss, Austrian) restent des précautions raisonnables. La prochaine séance de négociations n’a pas encore de date fixée.

    Vincent Mabire
    Publié le 12 mars 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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