En résumé
• Velvet dévoile son TGV en France, concurrent de la SNCF, à partir de 2028.• Projet soutenu par Proxima, avec 12 rames commandées et essais en cours.
• Ligne Paris-Bordeaux d'abord, Paris-Rennes et Paris-Nantes/Angers ensuite.
Velvet, la société ferroviaire privée portée par Proxima, a dévoilé le 22 avril 2026 sa première rame TGV à l’usine Alstom de La Rochelle. C’est le premier train à grande vitesse jamais construit en France pour concurrencer la SNCF sur ses propres rails. Attention toutefois à la fausse piste : La Rochelle est le berceau industriel du projet, pas une destination commerciale. Voici ce que Velvet TGV Proxima va vraiment changer pour les voyageurs de l’Ouest et du Sud-Ouest à partir de 2028.
Ce qui a été annoncé le 22 avril à La Rochelle
La première rame Avelia Horizon aux couleurs Velvet, livrée vert Bentley barrée d’un ruban rose lilas, est sortie des chaînes d’assemblage du centre Alstom de La Rochelle. La présentation s’est tenue en présence des deux fondateurs : Rachel Picard, ancienne directrice de Voyages SNCF et aujourd’hui présidente de Velvet, et Tim Jackson, ex-dirigeant de RATP au Royaume-Uni.
Velvet a choisi la même plateforme technique que le futur TGV M de la SNCF. Le pari de l’opérateur privé porte sur l’expérience à bord plutôt que sur la machine. Les 12 rames commandées à Alstom à l’automne 2024 s’accompagnent d’un contrat de maintenance de 15 ans, et près de 1 000 salariés répartis sur 11 sites Alstom sont mobilisés sur le programme. Le projet est financé par une levée de fonds d’environ 1 milliard d’euros auprès du fonds Antin Infrastructure Partners.
Le calendrier d’essais est désormais public. Les tests statiques se poursuivront à La Rochelle jusqu’à fin 2026, avant les premiers essais dynamiques sur rails en 2027 et une homologation visée en 2028.
Pourquoi La Rochelle n’est pas une destination Velvet
Le site Alstom de La Rochelle est l’une des plus grandes usines ferroviaires de France. Il assemble les TGV depuis des décennies, et c’est là que les 12 rames Velvet sont construites, au rythme d’une rame par mois sur 2028-2029.
La ville garde donc son rôle industriel, mais elle ne figure pas dans les dessertes commerciales annoncées. Au lancement, Velvet reliera uniquement Paris-Montparnasse à Bordeaux-Saint-Jean, Rennes, Nantes et Angers-Saint-Laud. La desserte voyageurs de La Rochelle reste pour l’instant dans le giron de la SNCF, via les TGV Paris-La Rochelle qui passent par Poitiers et Niort.
Les vraies dessertes Velvet à partir de 2028
Le déploiement commercial se fera en deux phases. Voici le détail des lignes confirmées.
| Phase | Année | Lignes | Rames en service |
|---|---|---|---|
| 1 | 2028 | Paris-Montparnasse <> Bordeaux-Saint-Jean (sans arrêt) | 4 |
| 2 | 2029 | Paris <> Rennes, Paris <> Angers-Nantes | 12 |
À terme, Velvet promet 10 millions de sièges supplémentaires par an sur l’axe Atlantique, en complément de l’offre SNCF et non en remplacement. Le positionnement tarifaire annoncé par les fondateurs se veut “ni low-cost, ni haut de gamme”, avec des tarifs “adaptés à chacun”. Aucune grille n’a été publiée à ce stade.
Les discussions avec SNCF Réseau pour la réservation des sillons horaires, c’est-à-dire les créneaux de circulation sur les voies, sont engagées. Velvet n’est d’ailleurs pas seul sur ce créneau : Le Train, autre opérateur privé français, a déjà signé avec SNCF Réseau pour préparer jusqu’à dix allers-retours quotidiens sur Paris-Bordeaux et Paris-Rennes.
Ce que Velvet change (ou non) pour les voyageurs
Pour les usagers de Paris-Bordeaux, l’arrivée d’un deuxième opérateur sur un axe déjà saturé devrait améliorer la disponibilité des places en période de pointe. Côté prix, l’ouverture à la concurrence a historiquement tiré les tarifs à la baisse sur des lignes comparables : Trenitalia sur Paris-Lyon-Milan et Ouigo Train Classique sur Paris-Bordeaux ont déjà produit cet effet, même si la trajectoire n’est pas garantie partout — Renfe vient de retirer ses sillons pour Paris, faute de rentabilité.
Velvet mise sur une expérience à bord différenciante. La livrée vert Bentley et rose lilas, les aménagements intérieurs et les services constituent les principaux axes de communication du projet. Les détails précis n’ont pas encore été divulgués.
Plusieurs points restent à confirmer :
- nombre de sièges par rame (à titre de comparaison, le TGV M de la SNCF en annonce environ 740)
- classes à bord et offre restauration
- prise en charge des bagages
- fréquences quotidiennes
- date d’ouverture des ventes
Pour les voyageurs au départ ou à destination de La Rochelle, Brest, Quimper ou du sud de la Loire-Atlantique, rien ne change au lancement. L’offre reste sous l’ombrelle SNCF.
Le calendrier à retenir
Les prochains jalons du projet Velvet TGV Proxima sont les suivants.
- Fin 2026 : fin des essais statiques à l’usine Alstom de La Rochelle
- 2027 : premiers essais dynamiques sur le réseau
- 2028 : homologation et lancement commercial Paris-Bordeaux avec 4 rames
- 2029 : ouverture des liaisons Paris-Rennes et Paris-Nantes/Angers, 12 rames en service
La grille tarifaire et la date de mise en vente des billets ne sont pas encore connues. À suivre de près : la publication des sillons accordés par SNCF Réseau et les premières annonces commerciales, attendues courant 2027.