En résumé
• 31 passagers bloqués dans un escalier ratent un vol Jet2, enquête en cours.• Attente de 2 heures sans assistance ni commodités, Jet2 s'excuse.
• Passagers réacheminés, compensations jugées insuffisantes.
Vous avez déjà passé la porte d’embarquement, votre carte a été scannée, vous suivez le flux… et pourtant l’avion part sans vous. Impossible ? C’est exactement ce qu’ont vécu 31 passagers d’un vol Jet2 entre Manchester et Alicante le lundi 20 janvier 2026, bloqués dans un escalier sans issue.
Selon la BBC, une vacancière de 63 ans, Marie Casey (Failsworth, Grand Manchester), raconte que le stress et l’angoisse ont “gâché les vacances avant même qu’elles commencent”. Et un autre passager, Matt, compare la scène à “un épisode de Fawlty Towers”. Alors, comment un tel scénario peut-il arriver, et surtout : que faire si vous vous retrouvez dans la même situation ?
Un escalier vers nulle part… et un départ à 07h00
Le vol LS879 devait décoller à 07h00 GMT vers Alicante. D’après les récits recueillis par le Manchester Evening News et la BBC, les passagers concernés avaient bien franchi la porte : passeports présentés, cartes d’embarquement scannées. Ensuite, plus de guidage.
Marie Casey explique qu’il n’y avait “personne pour orienter” le groupe et surtout “aucun cordon rouge” pour les diriger vers la passerelle ou un bus. Matt décrit “l’effet de troupeau” : “Tout le monde a suivi, on est descendus par les escaliers en pensant que c’était le chemin.” Résultat : une trentaine de voyageurs descendent un escalier, persuadés que le transfert se fera plus bas… sauf que l’escalier mène à un cul-de-sac.
Pendant ce temps, l’Airbus A321 de Jet2 décolle. À bord, des sièges restent vides. Au sol, les voyageurs apprennent la nouvelle de la pire façon : “The plane’s gone” (“L’avion est parti”), rapporte le Manchester Evening News. Un témoin décrit s’être senti “littéralement coincé comme un animal en cage”.
Ce n’est pas la première mésaventure impliquant Jet2 : en 2024, deux retraitées s’étaient retrouvées à des centaines de kilomètres de leur destination à cause d’une erreur.
“Au moins deux heures” à attendre, sans eau ni toilettes
La BBC ajoute des détails concrets sur l’attente : le groupe serait resté dans le couloir d’escalier “au moins deux heures”. Selon Marie Casey, l’endroit était “bondé”, sans nourriture, sans eau, et sans toilettes.
Elle raconte aussi qu’au bout d’environ 40 minutes, un employé Jet2 les aperçoit par une fenêtre, ouvre la porte, les regarde… puis repart. Ce n’est qu’environ une heure plus tard qu’un agent au sol donne l’alerte.
Et forcément, la fatigue s’accumule : la plupart des passagers avaient plus de 60 ans, certains sans endroit pour s’asseoir. Marie Casey, qui souffre de BPCO et d’emphysème, dit être arrivée “épuisée”, les jambes et les pieds gonflés après avoir marché “des kilomètres” dans l’aéroport.
La situation rappelle un incident similaire avec Volotea à Figari en 2024, où 60 passagers avaient été laissés sur le tarmac.
Jet2 s’excuse, ouvre une enquête… et confirme un point clé
Dans un communiqué cité par la BBC et repris par plusieurs médias, Jet2 dit enquêter “en urgence” avec l’aéroport de Manchester et avoir réacheminé les passagers sur d’autres vols vers Alicante.
Point important : Jet2 confirme à la BBC qu’un cordon rouge qui devait être en place avait été retiré. Un porte-parole a déclaré : “Nous sommes conscients que le vol LS879 de Manchester vers Alicante est parti sans certains clients à bord. Nous enquêtons sur cette affaire de toute urgence avec l’aéroport.”
En revanche, la compagnie décline de commenter la question la plus sensible : comment l’équipage et/ou les opérations ont pu ne pas remarquer l’absence de 31 passagers. Matt s’étonne : “Je suis abasourdi qu’ils ne fassent pas de comptage. Cet avion avait au moins 36 places vides, c’est bizarre.”
L’arrivée (très) tardive… et la colère sur la compensation
Marie Casey pensait arriver à son hôtel vers 11h00 CET, avec le temps de profiter de la journée et du premier dîner all-inclusive. Au final, elle dit être arrivée à 23h00 CET — soit 12 heures de retard.
Elle et son amie Jill Bowles (69 ans) expliquent avoir attendu une bonne partie de la journée (notamment au bar de l’Holiday Inn de l’aéroport) avant d’embarquer sur un vol Ryanair plus tard dans l’après-midi.
Et là, nouveau sujet : l’argent. Marie Casey affirme qu’on lui a proposé 10 livres en bon d’achat (voucher) et juge l’offre “insultante”, estimant qu’un remboursement du séjour et des frais avancés devrait être envisagé. Elle soulève aussi une inquiétude de sûreté : ses valises seraient parties sur le vol initial, sans elle.
Que faire si cela vous arrive : les réflexes utiles
Quand vous êtes réacheminé et que vous arrivez en retard, vous pouvez avoir droit à une prise en charge (repas, hôtel si nuit) et, selon la situation, à une indemnisation. Au Royaume-Uni, les règles applicables ressemblent au règlement européen EU261 (version UK261). Pour mieux comprendre vos droits, consultez notre guide complet.
Réflexes simples à adopter sur place :
1. Demandez une preuve écrite de ce qu’il s’est passé (incident d’embarquement, heure de départ, solution proposée).
2. Gardez tout : carte d’embarquement, étiquettes bagages, captures d’écran des panneaux, mails/SMS de la compagnie.
3. Notez vos horaires (heure prévue vs heure réelle d’arrivée à destination) : c’est souvent la base des demandes d’indemnisation.
4. Conservez les justificatifs de dépenses (repas, transport, hôtel) si vous payez à la place de la compagnie.
5. Attention aux vouchers : vous pouvez demander les conditions, et ne rien accepter tant que vous n’avez pas compris si cela clôture (ou non) toute réclamation.
À noter : à partir du 7 février 2026, une médiation sera obligatoire avant toute action en justice pour les litiges de vol.