En résumé
• Les aéroports français acceptent France Identité dès été 2026 pour l'embarquement.• Limites : cartes d'identité physique et passeport obligatoire pour zones hors-Schengen.
• Appli requiert carte d'identité nouvelle génération et compatibilité iOS/Android.
La DGAC confirme : dès cet été, les voyageurs pourront présenter leur France Identité numérique pour embarquer dans les aéroports français. Une annonce qui concerne directement les 3,6 millions de Français déjà utilisateurs de l’appli, et potentiellement tous ceux qui prendront l’avion cet été. Mais entre la promesse officielle et la réalité au comptoir d’embarquement, plusieurs limites méritent d’être connues avant de laisser sa carte d’identité physique au fond du tiroir.
Ce que la DGAC vient d’annoncer sur France Identité à l’aéroport
La Direction générale de l’aviation civile a confirmé l’information le 17 février 2026 au micro de France Inter : les aéroports français accepteront la carte d’identité numérique à l’embarquement dès l’été 2026. Concrètement, présenter son smartphone avec l’appli France Identité ouverte suffira pour prouver son identité au moment de monter dans l’avion.
Jusqu’à présent, l’identité numérique n’était reconnue que par la SNCF et les forces de l’ordre lors de contrôles d’identité. Les aéroports, les services postaux et les transports en commun ne l’acceptaient pas. L’extension aux aéroports représente un tournant dans l’usage quotidien de l’application.
En chiffres, l’appli France Identité compte déjà 3,6 millions d’utilisateurs, dont plus d’un million ont numérisé leur permis de conduire et 600 000 leur carte grise. L’arrivée dans les aéroports devrait accélérer cette adoption.
Comment ça marche concrètement à l’aéroport
Le principe est simple : au contrôle d’embarquement, le voyageur présente son smartphone avec l’application France Identité ouverte. Le document numérique affiché remplace la carte d’identité physique.
Point essentiel : seule la nouvelle carte d’identité au format carte bancaire, déployée depuis 2021, est compatible avec l’appli. Les anciennes CNI au grand format ne peuvent pas être numérisées. L’application est disponible gratuitement sur iOS (à partir d’iOS 16.6) et Android (à partir d’Android 11).
Pour activer son identité numérique, il faut scanner la puce NFC de sa CNI nouvelle génération avec son smartphone, puis définir un code personnel pour sécuriser l’accès. L’ensemble de la procédure prend quelques minutes.
Attention : le document physique reste fortement recommandé en complément, au moins pendant les premiers mois de déploiement.
Les limites que les voyageurs doivent connaître
Premier point crucial : France Identité ne sera acceptée qu’à l’étape de l’embarquement. Les contrôles de sûreté et les contrôles aux frontières restent soumis aux règles en vigueur, avec présentation de documents physiques obligatoire. Pour tout vol hors Schengen, le passeport physique reste indispensable. L’appli ne remplace en aucun cas le passeport, ni les exigences documentaires imposées par les pays de destination.
Autre point de vigilance : la mise en oeuvre concrète dépendra des aéroports et des compagnies aériennes. La consigne nationale existe, mais l’adoption réelle pourrait varier d’un terminal à l’autre dans les premiers temps. Un voyageur qui se présenterait uniquement avec son smartphone pourrait se heurter à un agent non encore formé au dispositif.
Conseil pratique : garder sa carte d’identité physique dans son bagage à main reste la précaution élémentaire, au moins jusqu’à fin 2026. Il en va de même pour le passeport sur les liaisons hors Schengen, d’autant que le nouveau système EES de contrôle biométrique aux frontières entre en vigueur en avril 2026.
La France rattrape son retard sur l’identité numérique
Deux ans après son lancement, l’appli France Identité peinait encore à s’imposer dans les usages quotidiens. L’extension aux aéroports marque un signal fort de la part des pouvoirs publics, dans un contexte européen où la dématérialisation de l’identité s’accélère.
La France n’est pas la première à simplifier l’identité à l’embarquement. L’Italie a franchi le pas dès l’été 2025 en supprimant purement et simplement le contrôle d’identité à l’embarquement pour les vols intérieurs et la plupart des vols Schengen. La mesure italienne concerne environ 92 millions de voyageurs par an. La France adopte une approche différente : le contrôle reste, mais le support devient numérique.
À l’échelle mondiale, l’IATA pousse depuis 2023 son programme One ID, qui vise à remplacer les documents papier par une identité numérique biométrique intégrée. Plusieurs aéroports internationaux (Singapour, Dubaï, Londres) testent déjà ce type de parcours. Les passagers se montrent d’ailleurs de plus en plus favorables à l’identification biométrique dans les aéroports.
Ce qu’il faut faire avant l’été pour en profiter
Première étape : vérifier que sa carte d’identité est bien au nouveau format carte bancaire. Les titulaires d’une CNI ancien format peuvent demander un renouvellement anticipé en mairie, même si leur carte n’est pas encore périmée. Depuis le 31 mars 2025, un motif spécifique « renouvellement pour identité numérique » permet d’obtenir gratuitement le nouveau titre via l’ANTS. Le délai moyen de traitement se situe entre 2 et 6 semaines selon les communes.
Ensuite, télécharger l’appli France Identité sur iOS ou Android et y enregistrer sa CNI en scannant la puce NFC du document. L’activation peut se faire directement lors du retrait de la nouvelle carte en mairie.
Pour les vols hors Schengen, rien ne change : préparer son passeport physique comme d’habitude. Et pour les plus prudents, un bon réflexe avant de tester l’appli à l’aéroport : l’essayer d’abord lors d’un trajet SNCF, où elle est déjà acceptée depuis plusieurs mois.
À suivre : la liste précise des aéroports concernés au lancement et les éventuelles positions officielles des compagnies aériennes sur l’acceptation du dispositif.