En résumé
• Air Antilles est en redressement judiciaire, avec 6 mois d'observation pour se redresser.• Des failles de sécurité ont conduit à la suspension de ses certificats et licences de vol.
• Air Caraïbes et Air France s'imposent pour les liaisons inter-îles, les tarifs augmentent.
Le verdict est tombé ce lundi 2 février 2026 : Air Antilles est officiellement placée en redressement judiciaire. Le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre accorde à la compagnie régionale une période d’observation de six mois pour tenter de se relever. Mais avec des avions cloués au sol depuis bientôt deux mois et une caisse vide, le défi s’annonce titanesque. Quelles sont les alternatives pour voyager entre les îles ?
Une décision qui offre un sursis fragile
Le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre a tranché : Air Antilles bénéficie d’une période d’observation de six mois dans le cadre de son redressement judiciaire. La juridiction a fixé la date de cessation des paiements au 9 décembre 2025, jour où la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a immobilisé la flotte de la compagnie, selon Air Journal.
Malgré les difficultés accumulées, le tribunal estime qu’« une perspective de restructuration existe ». Un espoir ténu pour les quelque 121 000 passagers qui avaient fait confiance à Air Antilles en 2025, générant un chiffre d’affaires d’environ 18 millions d’euros.
Pourquoi Air Antilles s’est-elle effondrée ?
La descente aux enfers d’Air Antilles s’est accélérée début décembre 2025. Le 8 décembre, la DGAC suspend le Certificat de Transporteur Aérien (CTA) après un audit révélant des « défaillances très significatives » dans les processus de sécurité. Le lendemain, c’est la Licence de Transport Aérien (LTA) qui tombe.
La sentence de la DGAC était sans appel : la compagnie n’était « plus en mesure d’assurer la sécurité de ses passagers et de ses personnels ». Depuis, les ATR 72, ATR 42 et Twin Otter de la compagnie n’ont plus quitté le tarmac. Environ 5 500 passagers se retrouvent avec des billets inutilisables.
20 millions d’euros d’argent public engloutis
Le président de la collectivité de Saint-Martin, Louis Mussington, ne mâche pas ses mots : « La caisse est vide. Nous n’avons pas les moyens financiers de faire face à nos charges. »
Un constat amer quand on sait que la collectivité a injecté plus de 20 millions d’euros depuis la reprise de la compagnie fin 2023, dont 3 millions d’euros en octobre 2025 seulement. Air Antilles, relancée en 2024 après une précédente restructuration, n’aura donc pas réussi à trouver son équilibre.
La compagnie assurait pourtant un service essentiel pour les liaisons inter-îles entre Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la Guadeloupe et la Martinique.
Quelles conditions pour un redécollage ?
Pour espérer reprendre les airs, Air Antilles doit relever plusieurs défis majeurs dans les six prochains mois :
- Restaurer son Certificat de Transporteur Aérien en corrigeant les défaillances de sécurité pointées par la DGAC
- Obtenir le renouvellement de sa licence d’exploitation, arrivée à échéance le 31 janvier 2026
- Trouver des investisseurs capables d’injecter les fonds nécessaires à la survie de l’entreprise
- Verser les garanties financières exigées par les autorités
Le cœur du problème reste réglementaire : faute d’avoir versé les garanties financières avant le 31 janvier, la licence d’exploitation est désormais expirée.
Quelles alternatives pour voyager dans les Antilles ?
Vous avez prévu de vous rendre à Saint-Martin, Saint-Barthélemy ou de voyager entre la Guadeloupe et la Martinique ? Voici les options disponibles :
Air Caraïbes est désormais le principal acteur pour les liaisons inter-îles. La compagnie propose 4 vols par jour entre Pointe-à-Pitre et Saint-Martin. Comptez à partir de 127 euros pour un vol Guadeloupe-Martinique. Air Caraïbes a également renforcé son offre avec un partenariat stratégique avec Volotea et French Bee pour faciliter les correspondances depuis la métropole.
Corsair propose des connexions via son partenariat avec Air Inter Îles, notamment vers Saint-Barthélemy et Marie-Galante. La compagnie a également ouvert des liaisons directes depuis Bordeaux (Fort-de-France) et Nantes (Pointe-à-Pitre).
Air France opère des vols inter-îles entre la Martinique et la Guadeloupe avec des ATR.
Attention : les tarifs ont tendance à grimper depuis la suspension d’Air Antilles, effet mécanique de la baisse de concurrence.
Que faire si vous aviez un vol réservé ?
Si vous aviez réservé un vol Air Antilles, consultez notre article dédié sur les démarches de remboursement. Les passagers concernés peuvent contacter leur banque pour une procédure de chargeback si le paiement a été effectué par carte bancaire.
Pensez également à vérifier les documents nécessaires pour voyager dans les Caraïbes avant de réserver avec une autre compagnie.
Un avenir plus qu’incertain
Six mois. C’est le temps qu’a Air Antilles pour convaincre à la fois la DGAC de lui redonner ses ailes et des investisseurs de miser sur son avenir. La compagnie régionale, indispensable à la desserte des petites îles antillaises, joue sa survie.
Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si Air Antilles pourra un jour redécoller ou si elle rejoindra la longue liste des compagnies aériennes disparues.