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Ils pensaient faire une croisière sur le Rhin ou le Danube… certains finissent leur voyage en autocar

Anna Duplantis - Il y a 4 heures

En résumé

• Rhin et Danube restent très bas, gênant la navigation
• Des passagers sont parfois transférés en bus ou en autre bateau
• Les croisières fluviales montent, mais exigent plus de flexibilité

    Imaginez-vous installé sur le pont d’un bateau, un verre à la main, en train d’admirer les paysages du Rhin ou du Danube défiler lentement. C’est l’image parfaite vendue par les croisières fluviales européennes. Mais cet été, certains voyageurs ont découvert une réalité beaucoup moins idyllique. Pour continuer leur voyage, une partie du trajet peut parfois se faire en autocar.

    En cause, le niveau exceptionnellement bas de plusieurs grands fleuves européens, qui complique la navigation et oblige les compagnies à revoir leurs itinéraires. Le Rhin et le Danube, deux des principales routes de navigation touristique du continent, restent particulièrement surveillés en ce début septembre.

    Rhin et Danube à des niveaux critiques la navigation reste perturbée

    La situation s’est légèrement améliorée sur le Rhin grâce aux dernières précipitations, mais le fleuve reste sous surveillance.

    À Kaub, en Allemagne, l’un des points de référence pour mesurer la profondeur du Rhin, le niveau de l’eau est passé de 60 à 72 centimètres fin août après les pluies. Quelques semaines plus tôt, le fleuve était descendu à moins de 10 centimètres, battant un record historique de faiblesse datant de 2018.

    Sur le Danube, la situation reste encore plus préoccupante dans certaines régions. En Roumanie et en Serbie, le niveau du fleuve a atteint son niveau le plus bas depuis plusieurs décennies, compliquant fortement le passage des navires. Plusieurs bateaux de croisière ont déjà rencontré des difficultés cet été, certains allant jusqu’à s’échouer temporairement.

    Pour les compagnies de croisières, le défi est désormais de maintenir les voyages tout en évitant les portions devenues trop difficiles à naviguer.

    Des passagers transférés en bus pour sauver les itinéraires prévus

    Face à cette situation, les compagnies ont dû trouver des solutions inhabituelles. Certaines utilisent notamment un système de « changement de navire ». Les passagers quittent un bateau bloqué par le faible niveau d’eau et rejoignent un navire similaire situé sur une autre partie du fleuve.

    Viking a notamment expliqué avoir recours à cette organisation pour permettre aux voyageurs de poursuivre leur croisière en limitant les perturbations, comme le note le New York Times. Les passagers et leurs bagages sont transférés par voie terrestre avant de retrouver une cabine équivalente sur un autre bateau.

    D’autres compagnies adaptent leurs programmes avec des changements d’itinéraires, des excursions supplémentaires ou des trajets en autocar sur certaines portions. AmaWaterways assure de son côté maintenir ses croisières, tout en prévoyant des modifications lorsque les conditions du fleuve l’exigent.

    Mais pour les voyageurs, la promesse d’une croisière entièrement passée sur l’eau peut donc être différente de l’expérience initialement imaginée.

    Des croisières européennes sous pression face aux épisodes de sécheresse

    Cette situation rappelle à quel point les croisières fluviales dépendent directement des conditions naturelles. Contrairement aux bateaux de mer, les navires qui naviguent sur les fleuves doivent composer avec une profondeur d’eau parfois très variable. Quelques dizaines de centimètres peuvent faire la différence entre un itinéraire maintenu et un parcours entièrement réorganisé.

    Le phénomène n’est pas nouveau, mais les épisodes de sécheresse plus fréquents rendent la question de plus en plus importante pour le secteur.

    Certaines compagnies préfèrent désormais prévenir leurs clients plus tôt afin d’éviter les mauvaises surprises. D’autres proposent des solutions alternatives lorsque le voyage initial ne peut pas être assuré dans les conditions prévues.

    Une compagnie a même choisi de suspendre temporairement les nouvelles réservations sur certains itinéraires du Rhin et du Danube jusqu’à la mi-septembre, estimant préférable de garantir une véritable expérience de croisière plutôt que de remplacer de longues portions par des trajets routiers.

    Les prix des croisières fluviales continuent pourtant d’augmenter

    Malgré ces difficultés, l’intérêt pour les croisières fluviales européennes reste élevé. Des données relayées pour 2027 montrent même une hausse moyenne des prix d’environ 5 % par rapport à l’année précédente.

    Les augmentations les plus importantes concernent notamment l’automne, avec des tarifs en progression de 6 % en septembre, 11 % en octobre et jusqu’à 18 % en novembre selon les analyses du secteur.

    Cette hausse s’explique notamment par une demande toujours soutenue pour les voyages en dehors de la haute saison estivale. Les mois d’automne séduisent de nombreux voyageurs grâce à des températures plus douces, des paysages colorés et une fréquentation souvent plus faible.

    Mais avec les incertitudes liées aux niveaux des fleuves, les voyageurs devront peut-être intégrer un nouveau critère avant de réserver : la flexibilité.

    Un nouveau défi pour les amateurs de croisières fluviales

    Les croisières sur le Rhin et le Danube restent parmi les expériences les plus populaires en Europe. Châteaux, villages historiques, grandes capitales et paysages naturels continuent d’attirer des milliers de passagers chaque année.

    Mais le voyage pourrait progressivement évoluer. À l’avenir, les compagnies devront probablement composer davantage avec des fleuves plus sensibles aux variations de niveau d’eau.

    Pour les voyageurs, cela ne signifie pas forcément renoncer à ces itinéraires, mais accepter qu’une croisière fluviale puisse parfois prendre une forme différente.

    Car sur certains grands fleuves européens, le bateau n’est désormais plus toujours le seul moyen d’arriver à destination.

    Anna Duplantis
    Publié le 3 septembre 2026

    Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

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