Maroc : votre vol pourrait être plus lourd que prévu (et voici pourquoi)

Vincent Mabire - Il y a 3 heures

En résumé

• Les aéroports marocains font face à une pénurie critique de kérosène.

• Restrictions de ravitaillement impactent vols long-courriers.

• Situation prévue s'améliorer à partir du 10 février.

C’est officiel : les aéroports marocains font face à une pénurie critique de kérosène. Un bulletin d’alerte (NOTAM) diffusé le 6 février 2026 par les services d’information aéronautique marocains confirme une « limitation temporaire de l’approvisionnement en carburant aviation dans tous les aéroports » du royaume.

En clair, les compagnies aériennes internationales desservant le Maroc doivent désormais adapter leurs plans de vol. La directive est explicite : les vols long-courriers doivent décoller avec suffisamment de carburant pour assurer le trajet retour sans avoir à se ravitailler sur place.

Ce que dit le NOTAM du 6 février

Le bulletin évoque une « disponibilité critique » des stocks de kérosène et préconise d’éviter tout ravitaillement au Maroc, sauf en cas d’urgence absolue. Concrètement, les compagnies aériennes internationales sont invitées à prendre des « précautions suffisantes » dès leur aéroport de départ.

Quelques exceptions existent : les vols militaires, les ambulances aériennes et les appareils de Royal Air Maroc ne sont pas concernés par cette restriction. Pour les voyageurs ayant réservé un vol vers Rabat avec Ryanair ou toute autre compagnie, la situation reste sous contrôle.

Cette mesure touche l’ensemble des aéroports marocains, de Casablanca-Mohammed V à Marrakech-Menara, en passant par Agadir, Tanger et Fès.

Des ports paralysés depuis deux semaines

L’origine de cette crise est météorologique. Depuis plusieurs semaines, des conditions climatiques exceptionnelles frappent les côtes marocaines. La Direction générale de la météorologie a placé le littoral atlantique en vigilance rouge du vendredi 6 février à 14h au dimanche 8 février à 9h, avec des vagues pouvant dépasser six mètres de hauteur.

Ces conditions extrêmes ont paralysé les principaux ports d’approvisionnement du pays. Selon Mohamed El Jaouadi, président de l’association marocaine des armateurs, les navires pétroliers n’ont pu accoster ni à Mohammedia ni à Jorf Lasfar pendant environ deux semaines. Le port de Mohammedia, qui concentre une part considérable du trafic pétrolier national, est particulièrement touché.

Cette situation n’est pas sans rappeler les perturbations causées par la tempête Goretti en Europe début janvier, où des conditions météorologiques extrêmes avaient également perturbé le transport aérien.

Plus d’un million de tonnes de carburant en attente

Résultat : plus d’un million de tonnes de carburants sont actuellement bloquées dans des navires en attente au large des côtes marocaines. Cette quantité représente des semaines d’approvisionnement normal pour le pays.

Les stocks disponibles chez les distributeurs pétroliers sont estimés à environ 617 000 tonnes, selon le ministère de la Transition énergétique. Une réserve qui devrait permettre de tenir, mais qui génère des tensions sur le terrain.

Une fragilité structurelle mise en lumière

Cette situation révèle une fragilité de longue date. Le port de Mohammedia manque de protection adéquate contre les fortes houles, contraignant régulièrement les pétroliers à patienter au large lors d’épisodes de mauvais temps. La fermeture de la raffinerie Samir a par ailleurs intensifié la dépendance du Maroc aux importations de produits pétroliers.

Un professionnel du secteur cité par Les Éco souligne le manque de transparence : « Le stock stratégique n’est pas respecté. Obtenir des chiffres précis reste difficile. » Une opacité qui alimente l’inquiétude des usagers.

Sur le terrain, les tensions sont bien réelles. Dans plusieurs villes marocaines, les stations-service ont instauré des systèmes de rationnement avec un plafond de carburant par véhicule. Les files d’attente se sont allongées ces derniers jours.

Le ministère de la Transition énergétique assure néanmoins que la situation reste « maîtrisée et stable ». Une position qui contraste avec les difficultés constatées par les usagers.

Quel impact pour les voyageurs vers le Maroc ?

À ce stade, aucun vol n’a été officiellement annulé en raison de cette pénurie de kérosène. Les compagnies aériennes adaptent leurs opérations en chargeant davantage de carburant au départ.

Cette précaution peut toutefois avoir des conséquences indirectes : un avion plus lourd consomme davantage, et la capacité de chargement peut être réduite pour compenser le poids supplémentaire du kérosène embarqué. Certains vols pourraient ainsi afficher complet plus rapidement qu’en temps normal.

Les voyageurs à destination du Maroc n’ont pas de démarche particulière à effectuer. Il est néanmoins recommandé de vérifier le statut de son vol auprès de sa compagnie aérienne, particulièrement pour les liaisons long-courriers. Royal Air Maroc, dont les appareils sont exemptés des restrictions, devrait maintenir ses opérations normalement.

Une amélioration attendue dès lundi 10 février

Selon la météorologie nationale, les conditions maritimes devraient s’améliorer progressivement à partir du lundi 10 février. Une reprise timide des opérations de déchargement aurait déjà commencé au port de Jorf Lasfar.

Les professionnels du secteur estiment que les perturbations pourraient se prolonger « encore une petite semaine » avant un retour complet à la normale. Le temps que les navires en attente puissent accoster et décharger leurs cargaisons.

Ce qu’il faut retenir

Les voyageurs prévoyant un séjour au Maroc dans les prochains jours n’ont pas d’inquiétude majeure à avoir concernant leurs vols. La situation, bien que tendue, fait l’objet d’une gestion active par les autorités aéronautiques et les compagnies aériennes.

Points clés :

  • Le NOTAM est en vigueur depuis le 6 février 2026
  • Tous les aéroports marocains sont concernés
  • Aucune annulation de vol signalée à ce jour
  • Amélioration attendue à partir du 10 février

Comment suivre l’évolution de la situation

Pour les voyageurs souhaitant suivre l’évolution de cette pénurie de kérosène au Maroc :

  • Consulter le site de sa compagnie aérienne pour le statut des vols
  • Vérifier les NOTAM en vigueur sur le site de l’ONDA (Office national des aéroports)
  • Suivre les communiqués du ministère marocain de la Transition énergétique

La levée progressive des restrictions dépendra de l’amélioration des conditions météorologiques et de la reprise effective des opérations portuaires.

Vincent Mabire
Publié le 8 février 2026

Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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