Boeing 737 MAX : la FAA impose une directive d’urgence après des surchauffes de cabine sur 2 119 avions

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• Directive FAA impose correction surchauffe électrique pour Boeing 737 MAX.
• 2 119 appareils concernés; procédure urgente requise pour sécurité.
• Compagnies impactées incluent Ryanair, Southwest, TUI et autres.

    La FAA vient d’imposer une directive FAA 737 MAX surchauffe (AD 2026-04-05) sur l’ensemble des Boeing 737 MAX en service dans le monde. Au total, 2 119 appareils sont concernés, dont 771 immatriculés aux États-Unis. Parmi les opérateurs touchés : Ryanair, TUI, Southwest Airlines et plusieurs compagnies desservant la France. En cause : un défaut électrique dans le système de climatisation qui peut provoquer une surchauffe dangereuse en cabine et dans le cockpit.

    Ce que la directive FAA 737 MAX surchauffe impose aux compagnies

    La directive AD 2026-04-05, publiée au Federal Register et effective depuis le 24 février 2026, concerne les 737 MAX 8 (737-8), MAX 9 (737-9) et MAX 8-200 (737-8-200).

    Le problème identifié est précis : le disjoncteur BAT BUS SECT 2 (CB3062), situé dans le boîtier de puissance de secours (SPCU), peut se déclencher de manière intempestive. Selon la FAA, cette panne génère « un signal électrique erroné » qui commande la fermeture des deux portes des déflecteurs d’air ram. Ces déflecteurs alimentent normalement les échangeurs thermiques du système de climatisation en air frais. Lorsqu’ils se ferment, l’air envoyé en cabine et dans le cockpit devient excessivement chaud.

    Concrètement, les compagnies aériennes disposent de 30 jours (soit jusqu’au 26 mars 2026) pour mettre à jour le manuel de vol de leurs 737 MAX avec de nouvelles procédures d’urgence. La FAA accepte les commentaires publics jusqu’au 10 avril 2026 (dossier FAA-2026-1332). Tout appareil non conforme après ce délai ne pourra légalement pas voler dans l’espace aérien américain.

    Pourquoi cette directive est classée « condition dangereuse »

    La FAA ne prend pas cette mesure à la légère. L’autorité qualifie la situation de « condition dangereuse » (unsafe condition), un niveau d’alerte qui justifie l’application immédiate de la directive sans attendre la période de commentaires.

    Deux incidents en vol ont déclenché cette action. Dans les deux cas, les températures en cabine et dans le cockpit sont montées à des niveaux que les équipages n’ont pas pu maîtriser avec les procédures existantes. La FAA avertit que cette condition, si elle n’est pas corrigée, « pourrait entraîner des blessures ou une incapacité de l’équipage et des passagers », compromettant potentiellement la capacité à maintenir un vol et un atterrissage en sécurité.

    Boeing a identifié la cause racine : un défaut de fil de masse dans le système de climatisation. Le constructeur a émis un bulletin de service dès janvier 2026 et travaille sur une solution d’ingénierie définitive pour éliminer cette vulnérabilité électrique. Seuls les 737 MAX sont concernés : les générations précédentes (737 NG, 737 Classic) ne présentent pas ce défaut.

    Quelles compagnies sont concernées en France et en Europe

    Pour les voyageurs français, la question est concrète. De nombreuses compagnies opérant depuis les aéroports hexagonaux exploitent le 737 MAX.

    Ryanair est le premier opérateur mondial du 737 MAX 8-200, avec environ 200 appareils en service début 2026. La compagnie irlandaise dessert la quasi-totalité des aéroports français, de Beauvais à Marseille en passant par Toulouse et Bordeaux. C’est d’ailleurs un 737 MAX 8-200 de Ryanair qui a été évacué à Marseille la semaine dernière pour un tout autre motif (surchauffe de téléphone).

    TUI fly exploite des 737 MAX 8 pour ses vols charters et vacances. SunExpress utilise le type sur ses liaisons vers la Turquie au départ de la France. Norwegian, Icelandair et Turkish Airlines opèrent également des 737 MAX sur des lignes au départ de Paris et des grandes villes françaises.

    En revanche, Transavia France exploite des 737-800 (non MAX) et n’est donc pas touchée par cette directive.

    @flying_chuckywithamullet

    Opening the Boeing 737 MAX 8-200 L2 door in Bologna after a short flight from Palermo (a/c reg. 9H-VVA 🇲🇹) #ryanair #ryanaircabincrew #ryanaircrew #cabincrew #cabincrewlife #flightattendant #flightattendantlife #fyp #foryou #aviation #aviationlife #fy #boeing @Crewlink @Ryanair Italia 🇮🇹 @Ryanair

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    L’EASA, l’autorité européenne de la sécurité aérienne, transpose habituellement les directives de la FAA dans les semaines qui suivent. Ryanair a confirmé suivre les directives de l’agence européenne.

    Ce que ça change concrètement pour votre prochain vol

    Point essentiel : aucune immobilisation d’avion n’est prévue. La directive impose une mise à jour du manuel de vol, pas un clouage au sol. Les 737 MAX continuent de voler normalement pendant la période de mise en conformité.

    Les équipages recevront de nouvelles procédures (non-normal checklists) pour réagir si le disjoncteur CB3062 se déclenche et si la température monte anormalement. Ces procédures permettent de reprendre le contrôle de la climatisation manuellement.

    En tant que passager, aucun changement visible n’est à prévoir sur votre réservation. Si vous constatez une chaleur anormale en cabine lors d’un vol sur 737 MAX, signalez-le au personnel navigant : les équipages auront désormais les outils pour y répondre.

    Boeing peut-il encore rassurer les voyageurs ?

    Cette directive s’inscrit dans un contexte difficile pour Boeing. Le constructeur américain enchaîne les incidents depuis 2024, des boulons manquants au panneau arraché en vol sur un MAX 9 d’Alaska Airlines. La semaine dernière encore, deux 737 de KLM se sont percutés au sol à Schiphol. Et les incidents de cabine ne se limitent pas à Boeing : un A321neo de Wizz Air a fait demi-tour à Barcelone après un épisode de fumée en cabine quelques jours plus tôt.

    Boeing affirme soutenir la directive de la FAA et travailler sur un correctif définitif pour éliminer le défaut électrique. Ce correctif sera intégré aux 737 MAX 8 et MAX 9 en service, et sera également disponible pour les futurs MAX 7 et MAX 10 avant leur certification.

    Pour les voyageurs, un élément de contexte mérite d’être souligné : le système de directives de navigabilité prouve que la surveillance fonctionne. Les problèmes sont identifiés et corrigés avant qu’ils ne causent un accident. La FAA maintient une surveillance renforcée de Boeing depuis les deux accidents mortels du 737 MAX en 2018 et 2019 (Lion Air puis Ethiopian Airlines, 346 morts au total).

    À suivre : la publication des commentaires publics attendue d’ici le 10 avril 2026 et le déploiement du correctif définitif par Boeing.

    Vincent Mabire
    Publié le 27 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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