Ryanair évacue un Boeing 737 à Marseille après la surchauffe d’un téléphone, 3e incident en une semaine

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

- • Évacuation d'urgence d'un Boeing à Marseille due à la surchauffe d'un téléphone.
- • Inquiétudes sur les risques des batteries au lithium en avion relancées.
- • Règles et précautions pour voyager avec des batteries en sécurité.

    Un Boeing 737 MAX 8-200 de Ryanair a été évacué d’urgence sur le tarmac de Marseille-Provence mardi 24 février 2026, toboggans déployés. En cause : la surchauffe du téléphone portable d’un passager, qui a dégagé de la fumée en cabine pendant l’embarquement du vol FR6011 à destination de Nador, au Maroc. Aucun blessé n’est à déplorer, mais l’incident — le troisième en une semaine impliquant un avion évacué en Europe — relance le débat sur les risques liés aux batteries au lithium en avion.

    Ce qui s’est passé à Marseille mardi matin

    Le vol FR6011, programmé à 11h30, devait relier Marseille-Provence à Nador. Alors que les passagers finissaient d’embarquer, le téléphone d’un passager a surchauffé et dégagé une fumée épaisse en cabine. L’équipage a immédiatement appliqué le protocole prévu pour les incidents de batterie au lithium : isolement de l’appareil, sécurisation de la zone et évacuation par les toboggans d’urgence.

    Le Boeing 737 MAX 8-200 (immatriculation EI-IJS) a été vidé de ses occupants. Selon l’aéroport de Marseille-Provence, l’équipage a agi « conformément aux procédures en vigueur ». L’incident a été qualifié de « particulièrement rare » par les autorités aéroportuaires.

    Après inspection technique et ventilation de la cabine, les passagers ont été transférés sur un Boeing 737-800 de remplacement (immatriculation 9H-QCE). Le vol a finalement décollé à 13h50, atterrissant à Nador à 14h41 heure locale, soit environ 2h20 de retard. L’appareil d’origine (EI-IJS) a ensuite été acheminé vers Bergame pour inspection approfondie.

    Pourquoi les batteries lithium inquiètent autant les compagnies aériennes

    Cet incident à Marseille n’est pas isolé. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a publié en mai 2025 un bulletin de sécurité (SIB 2025-03) en réponse à la hausse des incidents impliquant des batteries au lithium à bord d’avions commerciaux. La FAA américaine enregistre de son côté en moyenne deux événements d’emballement thermique par semaine sur ses vols, avec 80 incidents répertoriés entre janvier et décembre 2025.

    Le groupe Lufthansa a durci le ton depuis le 15 janvier 2026. Toutes ses compagnies (Lufthansa, Swiss, Austrian Airlines, Brussels Airlines, Eurowings, Edelweiss, Air Dolomiti) interdisent désormais l’utilisation de batteries externes pendant le vol, y compris pour recharger un smartphone via les prises USB intégrées aux sièges. Chaque passager peut emporter un maximum de deux powerbanks en cabine, mais elles doivent rester sous le siège devant soi — pas dans les coffres supérieurs.

    Côté réglementation internationale, les nouvelles normes IATA entrées en vigueur le 1er janvier 2026 imposent un état de charge maximal de 30 % pour les batteries lithium-ion transportées en fret aérien. L’EASA classe désormais les batteries lithium parmi les « risques émergents majeurs » de l’aviation civile, avec une attention particulière portée aux cigarettes électroniques et aux batteries externes, identifiées comme les objets les plus à risque.

    @queenofcockpit

    A-t-on le droit d’emporter des batteries externes en avion ? Quelles sont les restrictions ?! #hotessedelair #info #tip #airexxion #batterie #voyage

    ♬ son original – Avec moi…en Air Exxion

    Ce que les voyageurs doivent savoir avant d’embarquer

    Concrètement, voici les règles à connaître pour voyager avec des batteries au lithium en toute sécurité.

    Les batteries externes (powerbanks) sont strictement interdites en soute, quelle que soit la compagnie. Elles doivent être transportées en cabine, idéalement sous le siège devant vous. La limite standard est de 100 Wh sans formalité particulière. Entre 100 et 160 Wh, l’accord préalable de la compagnie est requis. Au-delà de 160 Wh, le transport est tout simplement interdit.

    Chez Ryanair, les batteries externes de moins de 100 Wh sont autorisées en cabine uniquement. Si vous voyagez avec cette compagnie, consultez notre comparatif des règles bagages cabine 2026 pour connaître les spécificités de chaque transporteur.

    En cas de surchauffe d’un appareil en vol, le réflexe à adopter est simple : alerter immédiatement l’équipage. Ne tentez pas d’éteindre l’appareil vous-même ni de le manipuler. Les équipages sont formés et équipés pour gérer ce type de situation avec des kits de confinement spécifiques, comme l’a démontré l’intervention efficace à Marseille.

    Un conseil pratique avant chaque vol : inspectez vos batteries. Un boîtier gonflé, fissuré ou endommagé doit être remplacé immédiatement — c’est le signe le plus visible d’un risque d’emballement thermique.

    Trois incidents en une semaine : une série qui interpelle

    L’évacuation Ryanair à Marseille s’inscrit dans une série d’incidents préoccupante. Le 23 février, un vol Alaska Airlines reliant Wichita à Seattle a dû effectuer un atterrissage d’urgence après qu’une batterie externe a pris feu sur les genoux d’une passagère, provoquant des flammes d’environ 30 cm et une fumée toxique — une passagère a été hospitalisée pour brûlures.

    Le 20 février, un Airbus A321neo de Wizz Air a été contraint de faire demi-tour vers Barcelone après l’apparition de fumée en cabine. Et le 18 février, un avion Ryanair a été évacué à l’aéroport de Faro, au Portugal, après une suspicion de surchauffe moteur, mobilisant plus d’une centaine de secouristes — un membre d’équipage a été blessé lors de l’évacuation.

    Cette concentration d’événements pousse les régulateurs à agir. L’EASA recommande déjà aux compagnies de renforcer la communication auprès des passagers, et les objets qui posent un réel danger en cabine sont de plus en plus surveillés. Pour suivre l’actualité de la sécurité aérienne, restez connectés.

    Faut-il s’inquiéter pour vos prochains vols ?

    Le risque reste statistiquement très faible. Des centaines de millions de passagers voyagent chaque année sans le moindre incident lié aux batteries. Les protocoles de sécurité fonctionnent : à Marseille, l’évacuation s’est déroulée sans blessé et le vol a pu reprendre dans un délai raisonnable.

    En revanche, la multiplication des appareils électroniques embarqués en cabine augmente mécaniquement l’exposition au risque. Avec 80 incidents recensés par la FAA en 2025, la tendance est clairement à la hausse — et les régulateurs en ont pris acte.

    À suivre : l’EASA pourrait annoncer de nouvelles mesures contraignantes d’ici l’été 2026, dans la continuité du bulletin de sécurité SIB 2025-03. Une évolution à surveiller pour tous les voyageurs réguliers.

    Vincent Mabire
    Publié le 26 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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