KLM : collision entre deux Boeing 737 au sol à Schiphol, le Dutch Safety Board ouvre une enquête

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• Collision entre deux Boeing 737-800 de KLM à Schiphol, sans blessés, enquête en cours.

• Schiphol sous pression avec incidents répétés, hausse des redevances de 37 % prévue.

• Connaître vos droits en cas de retards : indemnisation jusqu'à 400 euros selon le règlement CE 261/2004.

    Samedi 21 février au matin, deux Boeing 737-800 de KLM se sont percutés sur le tarmac de l’aéroport Amsterdam-Schiphol. Aucun blessé parmi les passagers et les équipages, mais l’incident, qualifié de « très exceptionnel » par la compagnie néerlandaise, a déclenché l’ouverture d’une enquête du Dutch Safety Board (Onderzoeksraad voor Veiligheid). Pour les millions de voyageurs français qui transitent chaque année par ce hub — 68,8 millions de passagers en 2025 –, la question se pose : Schiphol peut-il encore absorber son trafic en toute sécurité ?

    Comment la collision KLM s’est produite à Schiphol

    Les faits se sont produits vers 8h33 heure locale, dans la zone D-pier de l’aéroport. Le PH-BCL, un Boeing 737-800 opérant le vol KL1953 vers Athènes, était en cours de pushback depuis la porte D54. Au même moment, le PH-BGC, un autre 737-800 arrivé de Birmingham sous le numéro de vol KL1040, stationnait en attente de rejoindre sa porte D29.

    La collision s’est produite lors de la manœuvre de recul du PH-BCL. Selon les premières constatations rapportées par Air Journal et confirmées par la base de données Aviation Safety Network, le PH-BCL a subi des dommages à la dérive (gouvernail de direction) et a été retiré du service pour inspection et réparation. Le PH-BGC a quant à lui été immobilisé pour inspection, ses dommages étant décrits comme mineurs.

    Le Dutch Safety Board examine désormais les procédures de coordination entre équipages, personnel au sol et contrôle aérien pour déterminer les circonstances exactes de l’incident.

    L’impact concret pour les passagers des deux vols

    Les passagers du vol KL1953 à destination d’Athènes ont été transférés sur un appareil de remplacement, le PH-BCE (également un Boeing 737-800), avec un retard d’environ 3h30. Ceux du vol KL1040, en provenance de Birmingham, ont été escortés vers le terminal après évacuation de l’appareil, selon NL Times.

    KLM a qualifié l’incident de « très exceptionnel » et confirmé sa pleine coopération avec les autorités. La compagnie reconnaît la gravité de l’événement tout en soulignant qu’aucun passager ni membre d’équipage n’a été blessé.

    À noter : en cas de retard supérieur à trois heures sur un vol intra-européen, les passagers peuvent faire valoir leurs droits au titre du règlement européen CE 261/2004, qui prévoit une indemnisation pouvant aller jusqu’à 400 euros. Un dispositif qui pourrait d’ailleurs évoluer dans les années à venir.

    Schiphol sous pression : un hub qui accumule les incidents en 2026

    Cette collision KLM à Schiphol ne survient pas dans un ciel serein. L’aéroport d’Amsterdam traverse une séquence opérationnelle difficile depuis le début de l’année 2026.

    En janvier, une tempête de neige prolongée a paralysé plusieurs aéroports européens, et Schiphol a été particulièrement touché. Résultat : plus de 3 200 vols annulés, avec jusqu’à 60 % des départs supprimés certains jours. KLM a dû annuler plus de 1 120 vols en une semaine, et Schiphol a été désigné « aéroport le plus perturbé au monde » par Flightradar24. La capacité opérationnelle est tombée de 120 à 30 mouvements par heure lors des conditions dégradées.

    Le 21 février, le même week-end que la collision, 1 115 perturbations de vols ont été enregistrées dans les aéroports européens, Schiphol figurant parmi les plus touchés. Et quelques semaines plus tôt, le 5 février, un Airbus A320 de SAS avait tenté de décoller depuis un taxiway à l’aéroport de Bruxelles, atteignant 107 nœuds avant que l’équipage n’interrompe la manœuvre. Un incident sans rapport direct, mais qui illustre la pression opérationnelle croissante sur les hubs européens.

    En toile de fond, Schiphol a validé une hausse de 37 % de ses redevances aéroportuaires d’ici 2027 pour financer un plan de modernisation de 6 milliards d’euros. Une facture que les compagnies aériennes, et in fine les passagers, risquent de supporter. Dans le même temps, le groupe Air France-KLM vient de dépasser les 2 milliards d’euros de bénéfice en 2025, signe que le trafic ne faiblit pas.

    Ce que ça change si vous transitez par Amsterdam

    Schiphol reste un hub majeur pour les voyageurs français, notamment via le groupe Air France-KLM. Avec plus de 630 vols hebdomadaires entre Amsterdam et Paris-CDG et des connexions vers l’Amérique du Nord, l’Asie et l’Afrique, le hub néerlandais est le troisième point de correspondance européen pour les passagers français, derrière Francfort et Londres-Heathrow.

    Concrètement, ce type d’incident au sol reste rare. La dernière collision notable à Schiphol impliquant des appareils de ligne remonte à 2019, lorsqu’un avion KLM et un appareil easyJet s’étaient accrochés au sol. Les procédures de sécurité post-collision ont fonctionné samedi : évacuation ordonnée, rebooking rapide, aucun blessé.

    Pour autant, l’accumulation de perturbations en 2026 incite à la prudence. Quelques recommandations pour les voyageurs en correspondance à Schiphol :

    • Prévoir des marges de correspondance plus larges (au moins 2h pour les vols intra-européens, 3h pour les long-courriers)
    • Connaître ses droits : le règlement CE 261/2004 s’applique en cas de retard ou d’annulation, avec des indemnités de 250 à 600 euros selon la distance
    • Envisager des alternatives si votre itinéraire le permet : Paris-CDG, Francfort ou Munich comme hubs de correspondance

    Faut-il s’inquiéter de la sécurité à Schiphol ?

    L’incident du 21 février n’a fait aucun blessé et les procédures de sécurité ont fonctionné comme prévu. Schiphol reste l’un des aéroports les mieux notés en Europe en matière de sûreté. Il serait excessif de tirer des conclusions alarmistes d’un seul événement.

    Mais la répétition des dysfonctionnements opérationnels — annulations massives en janvier, incidents au sol, saturation récurrente des taxiways — pose une question légitime, surtout pour un aéroport plafonné à 478 000 mouvements annuels en 2026. L’enquête du Dutch Safety Board déterminera si un problème systémique existe dans la gestion du trafic au sol, ou s’il s’agit d’un incident isolé.

    À suivre : les premiers résultats de l’enquête, attendus dans les prochaines semaines. Une évolution à surveiller pour tous les voyageurs qui font d’Amsterdam leur porte d’entrée vers le monde.

    Vincent Mabire
    Publié le 23 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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