Wizz Air : de la fumée envahit la cabine d’un A321neo, l’avion fait demi-tour à Barcelone

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• Incident de fumée dans un A321neo de Wizz Air, atterrissage d'urgence à Barcelone sans victime.

• Passagers du vol réacheminés après 8 heures d'attente, indemnisations possibles selon la législation.

• Sécurité de l'A321neo confirmée, enquête en cours pour déterminer les causes de l'incident.

    Wizz Air, la compagnie low-cost hongroise, a connu un incident marquant vendredi 20 février 2026. De la fumée a envahi la cabine d’un Airbus A321neo reliant Barcelone à Varsovie, contraignant l’équipage à faire demi-tour en urgence. Les 239 personnes à bord ont été ramenées saines et sauves à l’aéroport El Prat. Aucune victime n’est à déplorer, mais les passagers ont subi huit heures d’attente avant d’être réacheminés.

    Ce qui s’est passé à bord du vol Barcelone-Varsovie

    Le vol W6-1476, opéré par Wizz Air Malta avec un Airbus A321-271NX immatriculé 9H-WMI, a décollé de l’aéroport Josep Tarradellas El Prat de Barcelone en direction de Varsovie-Chopin. Selon les données de suivi aérien, l’appareil venait d’atteindre son altitude de croisière (FL340, soit environ 10 400 mètres) lorsque de la fumée a été détectée dans la cabine passagers.

    L’équipage a immédiatement déclaré une situation d’urgence alors que l’avion se trouvait aux abords de l’espace aérien français. Le contrôle aérien de Barcelone a réagi sans délai : les décollages ont été suspendus et la piste 24R a été dégagée pour permettre un atterrissage prioritaire. Environ 45 minutes après le décollage, l’A321neo s’est reposé à El Prat, rapporte le site spécialisé Aviation Herald.

    Le plan d’urgence aéronautique de l’aéroport a été brièvement activé, de même que le dispositif Pla Aerocat de la Protection civile de Catalogne. Les deux ont été levés une fois la situation maîtrisée. Un scénario qui rappelle l’atterrissage d’urgence d’un Boeing 777 d’Air France en Géorgie quelques semaines plus tôt, lui aussi provoqué par une odeur suspecte en cabine.

    Aucune victime, mais une passagère prise en charge

    Le débarquement s’est déroulé normalement, sans déploiement des toboggans d’évacuation d’urgence. Les 239 occupants (passagers et membres d’équipage) ont quitté l’appareil par les portes standard.

    Les équipes médicales positionnées au pied de l’avion ont pris en charge une personne victime d’une crise d’angoisse, selon Euro Weekly News. Aucun cas d’inhalation de fumée n’a été confirmé parmi les passagers. Les protocoles d’urgence ont fonctionné comme prévu : détection rapide, déclaration immédiate, retour et atterrissage sécurisé.

    Pourquoi de la fumée peut-elle apparaître en cabine ?

    L’air respiré en cabine provient en partie des compresseurs des réacteurs, via un système dit de « bleed air » (air de prélèvement). En cas d’usure de joints ou de fuite d’huile moteur, des résidus peuvent se mélanger à l’air pressurisé et produire une fumée visible, parfois accompagnée d’une odeur caractéristique de « chaussette mouillée ».

    Ce type d’émanation n’est pas exceptionnel. Selon les autorités aériennes, environ 1 vol sur 2 000 connaîtrait un épisode d’émanation à des degrés divers. Le phénomène n’est pas spécifique à un modèle d’avion : il peut survenir sur tout appareil équipé de ce système de prélèvement d’air, qui concerne la quasi-totalité des avions commerciaux (à l’exception du Boeing 787, qui utilise des compresseurs électriques dédiés). En 2024, un vol Air France Nice-Paris avait déjà fait l’objet d’un atterrissage d’urgence après une odeur de brûlé similaire.

    La cause exacte de l’incident du 20 février n’a pas été communiquée par Wizz Air. L’avion 9H-WMI était toujours immobilisé à Barcelone onze heures après l’atterrissage, d’après Aviation Safety Network. En France, le BEA (Bureau d’Enquêtes et d’Analyses) documente régulièrement ce type d’événements, et le syndrome aérotoxique fait l’objet d’études de l’ANSES.

    8 heures d’attente et un avion de remplacement

    Les passagers du vol W6-1476 n’ont pas été laissés sur le tarmac. Wizz Air a mobilisé un autre A321neo, immatriculé 9H-WNN, pour assurer le vol de remplacement vers Varsovie. Le retard total à l’arrivée : environ 8 heures.

    Wizz Air n’a publié aucun communiqué officiel sur la nature de la panne technique ni sur les éventuelles mesures de dédommagement proposées aux passagers. Un silence qui contraste avec la transparence attendue par les voyageurs concernés.

    Vos droits en cas de retard après un incident technique

    Le règlement européen CE 261/2004 protège les passagers de tous les vols au départ de l’Union européenne, quelle que soit la compagnie. Pour un vol Barcelone-Varsovie (environ 2 100 km, soit un vol intra-UE de plus de 1 500 km), les passagers peuvent prétendre à une indemnisation de 400 euros si le retard à l’arrivée dépasse trois heures.

    La compagnie est également tenue d’assurer la prise en charge des passagers durant l’attente : repas, rafraîchissements, hébergement si nécessaire. Ces obligations s’appliquent indépendamment de l’indemnisation forfaitaire. Pour mieux comprendre vos droits dans ce type de situation, consultez notre guide sur les droits des passagers en cas de vol annulé ou perturbé.

    Wizz Air pourrait invoquer une « circonstance extraordinaire » pour tenter de s’exonérer de l’indemnisation. Toutefois, la jurisprudence européenne tend à considérer les pannes techniques comme relevant de la responsabilité du transporteur aérien, sauf défaut de fabrication avéré. Le délai de réclamation est de 5 ans en France et de 2 ans en Espagne. Les passagers concernés ont donc tout intérêt à conserver leurs cartes d’embarquement et à déposer une réclamation directement auprès de Wizz Air.

    Faut-il s’inquiéter de la sécurité de l’A321neo ?

    En clair, non. L’Airbus A321neo est l’un des avions monocouloirs les plus vendus au monde, avec plus de 9 000 commandes enregistrées pour la famille A320neo. Cet incident de fumée en cabine n’est pas lié à un défaut propre au modèle.

    Les protocoles de sécurité ont fonctionné exactement comme ils le devaient : détection rapide par l’équipage, déclaration d’urgence immédiate, coopération efficace avec le contrôle aérien et atterrissage sécurisé en moins d’une heure. Ce cas s’ajoute à l’atterrissage d’urgence géré par Luxair à Nice le mois dernier, autre exemple de réponse exemplaire des équipages face à l’imprévu. Le transport aérien reste statistiquement le mode de déplacement le plus sûr.

    À suivre : la publication du rapport des autorités espagnoles de sécurité aérienne (CIAIAC) et un éventuel communiqué officiel de Wizz Air sur les causes de l’incident.

    Vincent Mabire
    Publié le 23 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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