En résumé
• Table ronde SNCF le 23 juin : salaires, travail, filialisation• Menace d'une grève reconductible début juillet si échec
• Billets non annulés; surveiller 23 juin et ses droits voyageurs
La journée de grève unitaire du 10 juin est passée, mais le bras de fer à la SNCF ne fait que commencer. La direction recevra les quatre syndicats représentatifs le 23 juin pour une table ronde décisive, en présence de Jean Castex. En cas d’échec, CGT Cheminots, SUD-Rail et UNSA Ferroviaire évoquent ouvertement une grève SNCF reconductible en juillet 2026, en plein chassé-croisé des départs d’été. Si vous avez déjà réservé vos billets pour juillet, voici ce qui se joue dans les douze prochains jours, et ce que vous pouvez faire dès maintenant.
Ce qui se joue à la table ronde du 23 juin
La direction de la SNCF a fixé au 23 juin une table ronde dédiée aux revendications portées par l’intersyndicale. Les organisations syndicales jugeaient même ce rendez-vous trop tardif : « Nous aurions espéré être reçus plus tôt, avant le 10 juin, cela aurait évité cette grève », a regretté Fabrice Charrière (UNSA Ferroviaire), tandis que la CGT Cheminots exigeait que la direction « avance le rendez-vous avec les organisations syndicales le plus tôt possible ».
Le mouvement trouve son origine dans un préavis commun déposé le 6 mai par les quatre syndicats représentatifs (CGT Cheminots, UNSA Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots), une unité syndicale dont nous décrivions la mécanique dès la décision du 6 mai. Ce préavis a conduit à la journée de mobilisation du 10 juin, dont nous avons détaillé les perturbations et les droits des voyageurs dans notre article consacré à la grève du 10 juin.
Sur la table : les salaires, avec une hausse 2026 de 2,57 % issue des négociations annuelles jugée insuffisante face à l’inflation, mais aussi l’arrêt des réorganisations internes et de la filialisation du groupe, les conditions de travail et les risques psychosociaux. Pour Jean Castex, à la tête de la SNCF depuis novembre 2025, il s’agit du premier grand test social : ce mouvement unitaire est le premier depuis décembre 2024. Côté SUD-Rail, Julien Troccaz a prévenu : « S’il n’y a pas de réponse, il y aura des suites », estimant que la direction n’a pas intérêt à « jouer la carte du pourrissement ».
Première étape avant le 23 juin : les fédérations syndicales se retrouvent dès ce jeudi 11 juin en réunion interfédérale pour tirer le bilan de la mobilisation et décider des suites revendicatives.
Une grève SNCF reconductible en juillet 2026, à quel point est-ce crédible ?
Précisons d’emblée ce qui relève du fait et ce qui relève de la menace. À ce jour, aucun préavis n’a été déposé pour juillet. CGT Cheminots, SUD-Rail et UNSA Ferroviaire évoquent une grève reconductible début juillet uniquement si la table ronde du 23 juin n’aboutit pas. Rien n’est confirmé.
La menace n’est pas pour autant théorique. La mobilisation du 10 juin a été forte, selon les syndicats, avec des taux de grévistes élevés dans de nombreux collectifs de travail. Côté trafic, la SNCF n’avait fait circuler que 2 TGV sur 3, 1 Intercités sur 2 et entre 1 RER sur 2 et 1 sur 3 selon les lignes. Les organisations syndicales estiment donc disposer d’un rapport de force réel.
Le calendrier évoqué n’a rien d’un hasard. Début juillet concentre les premiers grands départs estivaux et le lancement commercial du TGV-M, programmé le 1er juillet 2026 sur l’axe Paris-Lyon-Marseille, rapporte L’Écho Touristique. Cette vitrine, déjà repoussée à plusieurs reprises et attendue depuis plus de trois ans, est précisément ce que la direction ne veut pas voir perturbée.
Dernier point, et il est essentiel pour les voyageurs : une grève reconductible n’a rien à voir avec une journée de 24 heures. Reconduite jour après jour par les assemblées générales, elle peut durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avec un impact imprévisible sur le trafic.
Vous avez des billets pour juillet ? Vos droits, point par point
Première règle : pas de panique préventive. Tant qu’aucun préavis n’est déposé pour juillet, vos trains ne sont pas annulés. N’annulez rien à vos frais maintenant, vous perdriez de l’argent pour une grève qui n’existe pas encore.
Si la grève SNCF de juillet 2026 se confirme, voici vos droits selon la situation de votre train :
| Mon train est… | Mes droits |
|---|---|
| Supprimé par la SNCF | Remboursement intégral, même sur un billet promo non échangeable et non remboursable, OU échange gratuit sans surcoût vers un autre train sur le même trajet |
| Maintenu, mais je préfère ne pas partir | Pas de droit automatique : les conditions normales du billet s’appliquent, sauf si la SNCF ouvre une période d’échange sans frais |
| Retardé ou trafic fortement perturbé | Échange gratuit selon les modalités annoncées par la SNCF pendant la période perturbée |
Attention, le remboursement n’est pas automatique, précise SNCF Connect. La démarche vous revient, via le canal d’achat : SNCF Connect si vous avez réservé en ligne, votre agence de voyage si vous êtes passé par un intermédiaire, ou les guichets en gare et le 36 35. Comptez 3 à 5 jours pour le remboursement.
En pratique, la SNCF ouvre généralement l’échange et le remboursement sans frais dès qu’elle publie ses prévisions de trafic, la veille vers 17h. À faire dès maintenant : vérifier que votre email et votre numéro de téléphone sont à jour sur votre réservation, activer les alertes de l’application SNCF Connect et noter la date du 23 juin.
Les dates clés à surveiller et les scénarios possibles
Le calendrier des prochaines semaines tient en cinq échéances :
- 11 juin : réunion interfédérale des syndicats pour faire le bilan du 10 juin et décider des suites.
- 23 juin : table ronde entre la direction et les quatre syndicats représentatifs. Son issue détermine toute la suite.
- Fin juin : en cas d’échec, dépôt possible d’un préavis reconductible. À la SNCF, la loi de 2007 sur le service minimum impose un préavis d’au moins 5 jours francs avant le début de la grève : vous aurez donc toujours quelques jours de visibilité.
- 1er juillet : lancement commercial du TGV-M sur Paris-Lyon-Marseille, date citée comme potentiellement perturbée.
- Premiers week-ends de juillet : période la plus exposée en cas de reconductible, notamment le chassé-croisé autour du grand départ du 4 juillet.
Deux scénarios se dessinent. Scénario A : la direction annonce des avancées le 23 juin, la menace est levée et l’été se déroule normalement. Scénario B : la table ronde échoue, un préavis reconductible est déposé et les premiers départs de juillet sont touchés.
Si le scénario B se confirme, des alternatives existent : covoiturage, bus longue distance (Flixbus, BlaBlaCar Bus), location de voiture, ou décalage du départ hors des pics de circulation. Inutile toutefois d’activer ce plan B tant que rien n’est officiel.
Ce qu’il faut retenir
Rien n’est joué. La grève SNCF de juillet 2026 n’est, à ce stade, qu’une menace conditionnée à l’échec de la table ronde du 23 juin. Le réflexe utile pour les voyageurs tient en trois points : ne rien annuler à ses frais, surveiller les annonces du 23 juin et les prévisions de trafic SNCF, et connaître ses droits (remboursement intégral ou échange gratuit en cas de train supprimé, y compris sur les billets promo). Cet article sera mis à jour après la table ronde du 23 juin.