Selectour annonce -24 % de réservations : voici où partent vraiment les Français cet été 2026

Vincent Mabire - Il y a 1 heure

En résumé

• Selectour annonce -24 % de réservations été 2026 vs 2025
• Guerre et hantavirus freinent surtout les ventes ciblées
• Les reports vont vers France, Espagne, Portugal et Grèce

    Selectour enregistre -24 % de réservations vacances été 2026 entre mars et mai par rapport à la même période en 2025. Le chiffre, annoncé par Laurent Abitbol, président du premier réseau d’agences français, sur BFMTV le 21 mai, est le plus brutal du printemps. Le PDG pointe deux causes : la guerre au Moyen-Orient et l’épisode hantavirus.

    Mais ce que les chiffres macro ne disent pas, c’est où va l’argent. Nous avons passé au crible les données Airbnb, Expedia, TUI et SNCF pour cartographier les reports réels, en France intérieure comme en Europe du Sud. Et nous avons regardé, à six semaines des grandes vacances, où sont les vraies fenêtres last-minute pour ceux qui ont attendu.

    Ce qu’annonce vraiment Selectour (et ce que ça vaut)

    Le chiffre brut : -24 % de commandes mars-mai 2026 vs mars-mai 2025, déclaré par Laurent Abitbol le 21 mai sur BFMTV. Selectour fédère environ 1 000 agences en France, premier réseau distribué sous enseigne. L’échantillon est massif, mais biaisé vers la clientèle agence : plus âgée, panier moyen plus élevé, plus de long-courriers que la moyenne du marché.

    Deux causes citées par le dirigeant. D’abord, la guerre au Moyen-Orient, qui place l’Égypte, la Jordanie, Israël, le Liban et une partie des Émirats en zone grise pour la clientèle agence. Ensuite, l’épisode hantavirus du printemps, dont la couverture médiatique a pesé sur la décision pour les destinations rurales françaises.

    Le -24 % n’arrive pas isolé. Fin mars 2026, Selectour signalait déjà +20 % d’annulations sur les ventes hiver-été. La conversion de ces annulations en non-réservations est désormais actée. Il ne s’agit pas d’un effondrement du voyage, mais d’un transfert. L’argent ne disparaît pas, il se redirige. Reste à savoir vers où.

    L’épisode hantavirus, deuxième facteur cité : ce qu’il faut savoir

    Le hantavirus est transporté par les rongeurs, principalement mulots et campagnols. La transmission interhumaine n’est pas établie. Les cas recensés concernent des contacts avec des déjections en milieu rural ou dans des cabanes forestières restées fermées plusieurs mois.

    Le risque réel pour un voyageur est faible si l’on ne séjourne pas dans une habitation longtemps fermée et infestée. La transmission par aérosol existe, mais les autorités sanitaires européennes considèrent le risque grand public comme limité. La défiance des réservataires n’est donc pas proportionnée au risque sanitaire mesuré.

    Pourquoi le sujet pèse quand même sur les ventes : effet médiatique sur les destinations rurales françaises, en particulier les moyennes montagnes et les gîtes isolés. Pour le voyageur, pas de raison rationnelle d’annuler un séjour en gîte. Trois précautions suffisent : vérifier que l’hébergement est régulièrement habité et entretenu, aérer trente minutes à l’arrivée, ne pas balayer à sec un local fermé toute l’année.

    Où va vraiment l’argent : la cartographie des reports

    En croisant les données Airbnb, Expedia, TUI et SNCF Voyageurs publiées en mai 2026, le schéma de report se lit clairement.

    Zone de reportIndicateur 2026SourceLecture
    France intérieureDistance moyenne vacances -30 km depuis 2023, +5 % recherches domestiquesAirbnb, mai 2026Report long-courrier vers proximité
    Côte d’Azur (Menton)+20 % recherchesAirbnb, mai 2026Plage France sans avion
    Bretagne nord, Côte de Granit RoseHausses TGV juillet-août vs 2025SNCF VoyageursAnti-canicule, littoral frais
    Auvergne, Massif centralForte tension locations gîtes juilletGîtes de FranceFraîcheur, prix bas
    Portugal (Algarve, Madère)+50 % recherches MadèreExpedia, mai 2026Substitut Égypte, Jordanie
    Grèce (Cyclades, Crète)+60 % recherches Paros et Kos, +20 % CrèteExpedia, mai 2026Méditerranée orientale “safe”
    Espagne (Andalousie, Baléares)Hausses confirmées sur les ventes été 2026Expedia, TUISubstitut Méditerranée orientale

    Deux logiques se dessinent. La France pour les courts séjours et l’évitement de l’avion. Le Portugal, l’Espagne et la Grèce pour ceux qui maintiennent un budget soleil mais sortent du Moyen-Orient et de l’Égypte. Le grand absent du report : les Caraïbes et l’océan Indien, dont les prix de vol restent prohibitifs en juillet-août. Notre cartographie détaillée des destinations qui captent vraiment les reports cet été 2026 confirme la même tendance côté plateformes en ligne.

    L’arbitrage qui change tout : durée ou distance

    Les ménages français disposent du même budget vacances qu’en 2025, soit 1 686 € en moyenne selon Sofinscope, en hausse de 88 € sur un an. Ce qui change, c’est la façon de l’arbitrer.

    Première option, privilégier la durée. Douze jours en Andalousie ou aux Cyclades plutôt qu’une semaine au Caire ou à Dubaï. Le coût du vol baisse en proportion du séjour total, le ratio transport sur hébergement devient favorable.

    Deuxième option, maintenir la distance en réduisant la durée. Un long-courrier vers le Maroc, la Tunisie ou le Cap-Vert, mais sur sept jours all inclusive plutôt que dix jours en circuit.

    Troisième option, fractionner. Deux séjours d’une semaine, France plus Europe du Sud, plutôt qu’un seul long séjour. La répartition permet de profiter de tarifs hors-pic sur l’une des deux périodes.

    Un levier mécanique reste sous-exploité : passer de 4 à 6 personnes en location divise le coût par tête d’environ 30 %. Airbnb confirme +8 % de réservations groupes 4+ en 2026. À l’inverse, un arbitrage à éviter : couper sur le transport en réservant un vol low-cost à soutes payantes sans recalculer le coût final. Les surfacturations bagages de juillet-août annulent souvent l’économie du billet de base.

    Les fenêtres last-minute à six semaines des grandes vacances

    Au 28 mai, pour les départs juillet-août 2026, les vraies opportunités se concentrent sur cinq leviers.

    Avion. Les stocks invendus se libèrent généralement entre J-45 et J-30. Sur les destinations qui souffrent, Égypte et Jordanie en tête, les baisses peuvent atteindre 30 à 40 % par rapport au prix initial. Sur l’Espagne, le Portugal et la Grèce, les fenêtres sont plus serrées, autour de 10 à 15 %, car la demande absorbe vite les stocks. Le détail des 800 000 Français qui ont renoncé à l’Égypte, la Jordanie et Dubaï cet été explique pourquoi ces destinations cèdent plus de stock que les autres.

    All inclusive. TUI a annoncé des offres Primo jusqu’à -350 € par personne sur la Grèce et Madère. Les ventes flash hebdomadaires des tour-opérateurs sortent en général le mardi et le jeudi soir.

    Locations en France. Bretagne nord et Massif central sont les zones qui conservent encore du stock disponible mi-juin pour juillet-août, selon les remontées Gîtes de France et Abritel. Côte d’Azur et Pays basque sont déjà saturés.

    Croisières en Méditerranée occidentale. MSC et Costa libèrent des cabines à -25 % à J-30 sur les départs Marseille, Barcelone et Baléares.

    Train. Les billets Intercités et TER de nuit restent ouverts à la vente plus tard que les TGV. Pour les liaisons saturées, le report sur les trains de nuit reste la meilleure fenêtre last-minute vers la Côte d’Azur, les Alpes ou l’Espagne via Latour-de-Carol. Attention toutefois au chantier SNCF du 25 juillet au 16 août sur les RER B et D, qui complique les correspondances Gare du Nord et Gare de Lyon.

    Ce que ce -24 % dit vraiment du marché

    Le chiffre Selectour n’est pas le signal d’une crise du voyage, c’est le signal d’une reconfiguration. L’argent quitte les destinations long-courrier sensibles et se redéploie sur la France intérieure et l’Europe du Sud proche. Les opérateurs qui ont diversifié vers l’Andalousie, l’Algarve, Madère et les Cyclades absorbent le report ; ceux qui restaient concentrés sur l’Égypte, la Jordanie et le Moyen-Orient encaissent la baisse.

    Pour le voyageur qui n’a pas encore réservé, trois leviers restent ouverts à six semaines des grandes vacances : sortir du calendrier juillet-août en basculant sur mi-juin ou la première quinzaine de septembre, viser les destinations qui captent les reports si le ticket reste dans le budget, ou exploiter les fenêtres last-minute sur les destinations en tension pour ceux que le contexte sécuritaire ne dissuade pas. La fenêtre d’arbitrage se referme d’ici fin juin.

    Vincent Mabire
    Publié le 29 mai 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Nos thèmes