Incident grave à Brussels Airport : un A320 de SAS tente de décoller depuis un taxiway

Vincent Mabire - Il y a 4 heures

En résumé

- • Un avion de SAS a confondu un taxiway avec une piste, aboutissant à une évacuation sans blessés.
- • Aucun système d'alerte n'a signalé l'erreur; une enquête est ouverte pour déterminer les causes.
- • Brussels Airport est connu pour ses taxiways complexes, nécessitant une navigation vigilante.

Un vol de routine vers Copenhague qui vire au cauchemar. Mercredi 5 février au soir, un Airbus A320neo de SAS Scandinavian Airlines a accéléré à près de 190 km/h sur un taxiway de Brussels Airport — une voie de circulation normalement réservée au roulage lent des avions. Comment l’équipage a-t-il pu confondre taxiway et piste de décollage ?

Ce qui s’est passé mercredi soir

Le 5 février 2026, vers 21h, le vol SK2590 s’apprête à décoller de Bruxelles pour Copenhague. L’équipage de l’Airbus A320neo (immatriculation SE-ROM) reçoit l’autorisation de décoller depuis la piste 07R. Mais au moment de s’aligner, l’appareil tourne… au mauvais endroit.

Au lieu de la piste, l’avion s’engage sur le taxiway E1, une voie de circulation parallèle. Selon les données Flightradar24, l’appareil accélère jusqu’à atteindre 107 nœuds (environ 190 km/h) — une vitesse proche de celle requise pour le décollage d’un A320.

L’équipage réalise alors son erreur et déclenche un freinage d’urgence. L’avion dérape et termine sa course dans l’herbe, près de l’intersection des taxiways C1 et V1.

165 passagers évacués sains et saufs

Bonne nouvelle : les 165 passagers et membres d’équipage ont tous été évacués sans blessure. L’évacuation a toutefois pris plusieurs heures, faute d’escaliers disponibles à cet emplacement inhabituel, selon Belga News Agency.

La police fédérale belge était présente sur place pour apporter un soutien psychologique aux passagers choqués. SAS a relogé les voyageurs sur d’autres vols vers Copenhague.

Détail marquant rapporté par One Mile at a Time : l’avion s’est immobilisé à proximité des réservoirs de carburant de l’aéroport — même si certains experts nuancent le risque réel de collision compte tenu de leur position.

Pourquoi le système d’alerte n’a-t-il pas fonctionné ?

C’est la question centrale de l’enquête. Les A320neo sont équipés du système RAAS (Runway Awareness and Advisory System), développé par Honeywell. Selon SKYbrary, ce système annonce vocalement “ON TAXIWAY” si un avion accélère au-delà de 40 nœuds sur une voie de circulation.

Le système aurait également dû confirmer “ON RUNWAY 07R” lors d’un alignement correct sur la piste. L’absence de ces alertes — ou le fait qu’elles aient pu être ignorées — fait partie des interrogations des enquêteurs.

Un incident rare, mais pas inédit

Les tentatives de décollage depuis un taxiway restent exceptionnelles, mais elles se produisent. En septembre 2019, un Boeing 737-800 avait entamé un décollage de nuit depuis un taxiway à Amsterdam-Schiphol avant d’interrompre sa course sur instruction du contrôle aérien.

En 2015, un autre incident similaire s’était produit à Sharjah (Émirats arabes unis), où l’équipage d’un Boeing 737-400 avait décollé d’un taxiway qui était auparavant l’ancienne piste de l’aéroport.

Ces incidents surviennent généralement de nuit, lorsque la distinction visuelle entre taxiway et piste devient plus difficile — exactement les conditions du vol SK2590.

Brussels Airport : un réseau au sol complexe

Brussels Airport (Bruxelles-Zaventem) est réputé pour la complexité de son réseau de taxiways, notamment autour de la piste 07R/25L. Avec de multiples intersections (E1, C1, F2, V1…), la navigation au sol exige une vigilance accrue, particulièrement de nuit.

L’aéroport belge a connu d’autres difficultés opérationnelles récemment. En 2025, une cyberattaque avait paralysé ses systèmes pendant 48 heures, provoquant le chaos pour les voyageurs.

Enquête ouverte par les autorités belges

L’AAIU Belgium (Air Accident Investigation Unit) et les autorités belges de l’aviation civile ont immédiatement ouvert une enquête de sécurité. Les boîtes noires, les communications radio et les données radar sont en cours d’analyse.

Dans un communiqué, SAS a déclaré : “La sécurité est notre priorité absolue. Nous menons actuellement une enquête interne approfondie, en coopération avec les autorités locales, pour comprendre l’enchaînement des événements.”

Pour l’instant, aucune hypothèse n’est privilégiée : erreur de navigation de l’équipage, incompréhension avec le contrôle aérien, ou facteurs environnementaux (conditions nocturnes, configuration des taxiways) ? Les conclusions de l’enquête seront déterminantes pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise.

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Vincent Mabire
Publié le 6 février 2026

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