Les Antilles sans Paris : Bordeaux lance sa ligne directe vers Fort-de-France

Vincent Mabire - Il y a 3 heures

En résumé

• Bordeaux Aéroport investit 250 M€ sur 5 ans pour un nouveau terminal central.

• Sept nouvelles destinations dès 2026, pas de fermeture pendant les travaux.

• Objectif: neutralité carbone d'ici 2030 avec des installations renouvelables.

C’est officiel : Bordeaux Aéroport engage 250 millions d’euros sur cinq ans, le plus important investissement de son histoire. Au programme : un nouveau terminal central de 140 millions d’euros, une refonte complète de l’expérience passager et sept nouvelles destinations dès 2026. Le tout sans fermer une seule journée.

Un terminal central pour unifier les deux halls

Le chantier phare démarrera en mars 2026 pour une livraison fin 2028. Un bâtiment flambant neuf de 21 000 m² viendra s’intercaler entre les halls A et B, créant un point d’entrée unique. Le projet, confié au cabinet Enia Architectes, vise la certification HQE Bâtiment Durable niveau excellent.

En clair, fini les deux circuits parallèles. Les deux postes de sécurité fusionneront en un seul espace agrandi. Idem pour les systèmes de tri bagages. L’objectif affiché : un temps d’attente maximal de 10 minutes pour récupérer sa valise.

L’architecture s’inspire des places bordelaises — Parlement et Saint-Pierre — avec des matériaux à faible empreinte carbone (bois, béton bas carbone, verre recyclé). La pièce maîtresse : une grande verrière de 24 m × 16 m, aussi large que l’atrium du Palais de la Bourse. 11 000 m² de bureaux seront démolis pour dégager un espace lumineux baptisé « Place centrale ».

Côté boutiques, le ratio s’inverse : 70 % des commerces passeront après les contrôles de sécurité, là où les voyageurs flânent l’esprit tranquille.

« C’est le plus gros investissement qu’ait connu la société aéroportuaire », confirme Simon Dreschel, directeur de l’aéroport. Précision importante : l’ensemble est financé sans argent public.

Zéro fermeture pendant les travaux

Quatre ans de chantier, mais aucune interruption d’exploitation promise. L’aéroport maintiendra ses opérations tout au long des travaux, avec 200 ouvriers mobilisés en période de pointe.

Le calendrier des investissements s’accélère : 25 millions d’euros engagés en 2025, puis 65 millions en 2026 — plus du double. Les travaux annexes incluent la rénovation du terminal low-cost Billi, la modernisation des sanitaires et l’extension du Wi-Fi.

L’aéroport avait déjà amorcé un virage stratégique fin 2025 avec le plan « Resources 27 », prévoyant 240 millions d’euros d’investissements sur la période 2023-2027.

Sept nouvelles destinations en 2026

L’offre de vols s’étoffe significativement. À retenir pour vos prochains voyages :

SAS Scandinavian Airlines débarque le 15 mai 2026 avec une liaison directe vers Copenhague, deux fois par semaine (lundis et vendredis). Tarif de lancement : 118 € l’aller simple. Via le hub danois, les connexions vers la Suède, la Norvège et les pays baltes deviennent accessibles en correspondance. La compagnie scandinave, qui élargit son programme estival 2026, ajoute également Marseille à son réseau.

Les autres nouvelles routes confirmées :

  • BucarestWizz Air opère déjà cette ligne depuis octobre 2025
  • Budapest — idéal pour un city-trip Europe centrale
  • Prague — la ville aux cent clochers accessible directement
  • Hurghada (Égypte) — pour les amateurs de plongée en mer Rouge
  • Cagliari (Sardaigne) — plages et randonnées méditerranéennes
  • Valence — Espagne à moins de 2h de vol
  • Fort-de-France (Martinique) — les Antilles sans escale parisienne

L’aéroport vise 6,2 millions de passagers en 2026, après avoir dépassé ses prévisions en 2025 avec 5,9 millions de voyageurs. Volotea a augmenté sa capacité de 50 %, Turkish Airlines de 40 %.

À noter : face au retrait de Ryanair de plusieurs aéroports français, Bordeaux maintient son attractivité grâce à la diversification des compagnies.

Cap sur la neutralité carbone en 2030

Le volet environnemental pèse plus de 25 % du budget total. L’aéroport vise le niveau 4 de la certification ACA (Airport Carbon Accreditation) dès 2026, puis la neutralité carbone complète en 2030.

Les moyens déployés :

  • Deux ombrières photovoltaïques de 65 000 m² et 12 500 m² d’ici 2027
  • Récupération des eaux de pluie pour 70 % des besoins en nettoyage et sanitaires
  • Électrification des équipements au sol : 7 millions d’euros dédiés
  • Géothermie pour le chauffage du nouveau terminal
  • Réduction énergétique de 19 % déjà atteinte en 2025 par rapport à 2019

Le parking P0 a déjà rouvert fin 2025 sous 3 000 m² de panneaux solaires, qui alimentent directement l’aéroport.

Ce qui change concrètement pour les voyageurs

Dès 2026 :

  • Arrivée de SAS et sept nouvelles destinations
  • Début des travaux du terminal central (impact limité promis)
  • Amélioration progressive des services

À partir de 2028 :

  • Point d’entrée unique entre les halls A et B
  • Nouveaux espaces commerciaux de 5 000 m² avec vue sur les pistes
  • Temps de récupération bagages réduit à 10 minutes max
  • Zones d’accessibilité renforcées

D’ici 2030 :

  • Ombrières solaires couvrant les parkings principaux
  • Neutralité carbone de l’infrastructure

Comment s’y rendre

L’aéroport de Bordeaux-Mérignac (code IATA : BOD) se situe à 12 km du centre-ville. Plusieurs options :

TransportDuréeTarif
Tram ligne A45 min depuis Quinconces1,80 €
Bus Lianes 1+50 min depuis gare Saint-Jean1,80 €
Navette 30’Direct30 min depuis la gare9,70 €
VoitureRocade sortie 11bParking dès 5 €/jour

Le terminus tram « Aéroport » dessert directement le hall A. Les parkings P1 à P6 proposent des tarifs dégressifs pour les longs séjours.

À suivre : les premières images 3D du futur terminal central attendues dans les prochains mois.

Vincent Mabire
Publié le 7 février 2026

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