L’Europe impose des quotas drastiques sur 10 destinations majeures dès l’été 2026

Anna Duplantis - Il y a 3 heures

En résumé

• L'île de Capri restreint les groupes de touristes pour gérer le surtourisme dès 2026.

• Des taxes et quotas appliqués dans plusieurs pays européens pour limiter le surtourisme.

• La France continue des régulations discrètes mais strictes des flux touristiques.

    50 000 visiteurs par jour pour 13 000 habitants. C’est le ratio qui a poussé l’île de Capri à interdire, dès cet été 2026, les groupes de plus de 40 touristes. L’île italienne n’est pas un cas isolé. De Venise à Santorin, de Barcelone à l’Islande, au moins dix pays européens appliquent désormais des mesures restrictives concrètes pour endiguer le surtourisme Europe 2026 restrictions : taxes d’entrée, quotas stricts, réservations obligatoires.

    Un mot qui, rappelons-le, est officiellement entré dans le Petit Robert en 2025, défini comme “une présence touristique excessive perçue comme nuisible”. La question n’est plus de savoir si ces mesures arrivent, mais combien elles vous coûteront et comment adapter vos voyages. Voici, destination par destination, ce qui change concrètement pour les voyageurs en 2026.

    L’Italie, épicentre de la bataille contre le surtourisme

    L’Italie concentre les mesures les plus nombreuses et les plus médiatisées du continent. La péninsule serre la vis sur le tourisme de masse, transformant progressivement l’expérience de voyage. Quatre sites majeurs sont désormais concernés par des restrictions inédites.

    À Capri, les groupes de plus de 40 personnes sont interdits dès l’été 2026, selon un décret municipal annoncé le 7 février. Les guides accompagnant des groupes de plus de 20 personnes devront utiliser des oreillettes sans fil (les haut-parleurs sont bannis) et porter un signe de reconnaissance discret : les parapluies voyants, c’est terminé. Lorenzo Coppola, président de l’Ascom Confcommercio de Capri, salue “un outil essentiel pour faciliter la circulation”, d’après 20 minutes.

    À Venise, les nouvelles mesures anti-surtourisme se durcissent : la taxe d’entrée est reconduite sur 60 jours en 2026, répartis entre avril et juillet (principalement les vendredis, dimanches et jours fériés, de 8h30 à 16h). Le tarif passe à 5 € si vous réservez au moins quatre jours à l’avance, ou 10 € dans les trois jours précédant la visite. Les résidents, les moins de 14 ans, les étudiants, les travailleurs et les hébergés sur place sont exemptés.

    À Rome, s’approcher de la fontaine de Trevi coûte 2 € depuis le 2 février 2026. La jauge est fixée à 400 personnes simultanées, un dispositif destiné à réguler les 9 millions de visiteurs annuels (soit 30 000 par jour en moyenne). L’entrée reste gratuite pour les résidents romains et les mineurs. Selon France Info, la recette estimée atteint 6,5 millions d’euros par an, dont une partie financera l’accès gratuit aux musées municipaux pour les habitants.

    À Pompéi, le quota de 20 000 visiteurs par jour avec billets nominatifs et créneaux horaires est en vigueur depuis novembre 2024. Gabriel Zuchtriegel, directeur général du site, justifie la mesure : “C’est essentiellement pour des raisons de sécurité, tant pour les visiteurs que pour le personnel, mais aussi la protection du patrimoine”, selon France Info.

    De la Grèce à l’Islande, la facture s’alourdit partout

    L’arsenal anti-surtourisme ne se limite pas à l’Italie. Plusieurs pays européens ont renforcé (ou créé) leurs taxes touristiques, transformant radicalement le coût des vacances en Europe.

    La Grèce impose depuis juillet 2025 une taxe de 20 € par croisiériste à Santorin et Mykonos en haute saison (du 1er juin au 30 septembre), et 5 € pour les autres îles. Le pays a accueilli 40,7 millions de touristes en 2024 (+12,8 % par rapport à 2023), un afflux massif qui a poussé les autorités à agir, d’après la RTBF.

    L’Islande innove avec un double dispositif particulièrement créatif : une taxe de séjour de 3 % sur les nuitées dans les régions populaires, plus une taxe kilométrique inédite de 6,95 ISK par kilomètre (environ 0,05 €/km) sur tous les véhicules de location depuis le 1er janvier 2026. Pour un road trip classique de 1 500 km, comptez environ 75 € de taxe kilométrique en supplément du prix de location.

    Barcelone a doublé sa taxe de séjour, qui peut désormais atteindre 8 €/personne/nuit (contre 4 € auparavant). Et la capitale catalane assomme les touristes avec le signal le plus fort : le maire Jaume Collboni a annoncé l’interdiction totale des 10 000 locations Airbnb d’ici novembre 2028.

    Amsterdam applique une taxe de 12,5 % du prix de l’hébergement (hors TVA) et a fixé un plafond à 20 millions de visiteurs annuels, avec des mesures renforcées dès le seuil de 18 millions.

    D’autres destinations alourdissent aussi la note : Lisbonne (taxe doublée à 4 €/nuit depuis septembre 2024), la Norvège (taxe municipale de 3 % sur les nuitées) et Bruxelles (taxe portée à 5 €/unité, TVA hébergement passant de 6 % à 12 % au 1er mars 2026).

    La France aussi : Calanques, Porquerolles et Bréhat sous quotas stricts

    Peu de voyageurs le savent, mais la France fait figure de pionnière discrète dans la régulation du surtourisme. Ses dispositifs précèdent de deux à trois ans les mesures italiennes ou grecques, une approche moins médiatisée mais tout aussi contraignante.

    La calanque de Sugiton (Marseille) applique un quota de 400 personnes par jour. La réservation est gratuite mais obligatoire sur le site du Parc National des Calanques, à effectuer trois jours avant la visite (pas de billets le jour même).

    Porquerolles limite l’accès à 6 000 personnes par jour depuis l’été 2023, avec traversée en ferry sur réservation obligatoire. Un bémol, selon Europe 1 : les bateaux privés échappent toujours au quota, une faille connue que les autorités peinent à combler.

    L’île de Bréhat impose également une réservation de la traversée et un quota quotidien, transformant ces îles paradisiaques en destinations nécessitant une planification militaire.

    Ce que vous paierez en plus en 2026, destination par destination

    Voici le récapitulatif des surcoûts à prévoir pour vos prochaines vacances :

    DestinationMesureMontant / QuotaPériodeExemptions
    VeniseTaxe d’entrée5-10 €60 jours (avr.-juil.)Résidents, -14 ans, hébergés
    Rome (Trevi)Accès payant + jauge2 € / 400 pers. maxToute l’annéeRésidents romains, mineurs
    CapriInterdiction groupes+40 personnesÉté 2026
    PompéiJauge quotidienne20 000/jourToute l’année
    Santorin / MykonosTaxe croisiéristes20 €Juin-sept.
    IslandeTaxe nuitée + km3 % + 6,95 ISK/kmToute l’année
    BarceloneTaxe de séjourJusqu’à 8 €/nuitToute l’année
    AmsterdamTaxe hébergement12,5 %Toute l’année
    LisbonneTaxe de séjour4 €/nuit (max 7 nuits)Toute l’année-13 ans
    BruxellesTaxe + TVA5 € + TVA 12 %Dès janv./mars 2026
    CalanquesQuota gratuit400/jourÉté
    PorquerollesQuota gratuit6 000/jourÉté

    Pour un couple sur un week-end de deux nuits, le surcoût lié aux nouvelles taxes varie de +4 € (Rome, fontaine de Trevi uniquement) à +64 € (Barcelone, avec la taxe de séjour cumulée). Une différence significative qui peut faire basculer le choix de destination.

    Voyager malin malgré les restrictions : les conseils pratiques qui changent tout

    Comment réserver efficacement

    • Venise : inscription en ligne sur le site officiel (cda.ve.it), paiement par carte, QR code à présenter. Astuce budget : tarif réduit (5 €) si réservation quatre jours à l’avance.
    • Fontaine de Trevi : paiement par carte sur place ou réservation en ligne pour garantir un créneau. Ouverture de 9h à 22h (11h30 les lundis et vendredis).
    • Pompéi : billets nominatifs avec créneau horaire sur le site officiel Pompéi Sites. Réservez au moins une semaine à l’avance en haute saison.
    • Calanque de Sugiton : réservation gratuite sur le site du Parc National des Calanques, trois jours avant, jusqu’à 18h la veille.
    • Porquerolles : réservation ferry en ligne ou aux guichets autorisés. Les créneaux du matin partent en premier.

    Quand partir pour éviter restrictions et foules

    La meilleure fenêtre : avril-mai (moins de monde, tarifs modérés, moins de jours payants à Venise) ou septembre-octobre (températures agréables, fin de haute saison).

    À éviter absolument : juin-août (haute saison, toutes restrictions actives, prix au maximum), les week-ends et jours fériés à Venise, et la période des croisières en Méditerranée (mai-septembre).

    Budget estimé réaliste (2 personnes, 3 jours / 2 nuits, hors transport A/R)

    • Venise : 330-620 € | Rome : 254-484 € | Capri : 440-790 €
    • Amsterdam : 370-650 € | Barcelone : 332-542 €
    • Santorin / Mykonos : 620-1 240 € | Islande : 709-1 162 €

    Ces budgets incluent hébergement (catégorie moyenne), repas (mix restaurants/courses), activités de base et taxes touristiques 2026.

    Accès depuis la France

    • Italie : TGV Paris-Milan-Venise-Rome (dès 69 €) ou vols directs (2h, dès 49 €). Ferry Naples-Capri (environ 40 €).
    • Grèce : vols directs Paris, Lyon, Marseille, Nice en saison (dès 89 €).
    • Islande : vols directs Paris CDG (Icelandair, Transavia, Air France, dès 149 €).
    • Barcelone : TGV direct Paris-Barcelone (6h30, dès 59 €) ou avion (1h30, dès 39 €).
    • Amsterdam : Thalys direct Paris-Amsterdam (3h20, dès 35 €).

    Que faire si votre destination préférée devient inaccessible ?

    Si ces restrictions transforment votre destination de rêve en casse-tête budgétaire, plusieurs destinations cachées en Europe échappent encore à l’inflation touristique. Le Montenegro, la Lituanie, l’Albanie et les Balkans offrent des expériences comparables à des prix 40-60% inférieurs, sans quotas ni taxes.

    La tendance ne fait que s’accélérer. Barcelone prévoit déjà l’interdiction totale des locations touristiques d’ici novembre 2028. D’autres capitales européennes observent attentivement ces mesures et pourraient suivre.

    En attendant, la règle d’or pour 2026 tient en trois mots : anticiper, réserver, comparer. Les voyageurs qui s’y prennent tôt paient moins cher (5 € au lieu de 10 à Venise), accèdent aux sites à quotas, et évitent les mauvaises surprises. L’ère du voyage spontané vers les destinations iconiques européennes touche à sa fin. Bienvenue dans l’ère du tourisme régulé.

    Anna Duplantis
    Publié le 12 février 2026

    Pilote de la communication chez Ulysse, je partage ici l’actualité du voyage et les tendances du moment. Hâte d’échanger avec vous en commentaires, Anna.

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