En résumé
• Dahab, village bédouin, offre un séjour économique sans resort, idéal pour la plongée.• Les sites de plongée accessibles depuis le rivage incluent Blue Hole et Canyon.
• Activités : randonnée dans le Coloured Canyon, kitesurf et excursions au mont Sinaï.
Les pieds enfoncés dans le sable, un thé à la menthe entre les mains, le regard posé sur une eau si transparente qu’on distingue les coraux sans même y plonger la tête. La note du jour ? Moins de 20 €. Bienvenue à Dahab, ancien village bédouin du Sinaï où la mer Rouge se dévoile sans resort, sans bracelet all-inclusive, et surtout sans exploser votre budget.
Un village d’or coincé entre le désert et le golfe d’Aqaba
Dahab signifie « or » en arabe, comme le sable qui tapisse ses plages. Niché sur le golfe d’Aqaba, côte est de la péninsule du Sinaï, ce bout de terre se trouve à 85 km au nord de Sharm el-Sheikh. Ici, pas de barres d’hôtels ni de complexes bétonnés. Le village est resté ce qu’il était dans les années 80, lorsque les premiers backpackers ont posé leurs sacs entre les tentes bédouines de la tribu Muzeina.
On s’installe dans un café-coussin face à la mer, les pieds dans le sable, un chat roux endormi sur la chaise d’à côté. En face, de l’autre côté du golfe, les montagnes de l’Arabie Saoudite se découpent dans la brume de chaleur. L’eau oscille entre 22 °C en hiver et 28 °C en été : on plonge toute l’année, sans combinaison épaisse.
Blue Hole, Canyon, Eel Garden : plonger depuis le rivage pour trois fois rien
Ce qui rend Dahab unique parmi les spots de plongée en mer Rouge, c’est que l’on plonge depuis le rivage. Pas de bateau, pas de transfert, pas de supplément : on enfile sa combinaison au bord de l’eau et on y va. Plus de 20 sites sont accessibles à pied ou en pick-up, et certains figurent parmi les plus réputés de la planète.
Le Blue Hole, à 10 km au nord du village, est un gouffre sous-marin de 92 mètres de profondeur, l’un des sites de plongée les plus connus au monde. Les snorkelers s’y régalent sur le récif extérieur et le saddle, cette arête corallienne qui surplombe l’abîme. Le Canyon, à 1,5 km au sud du Blue Hole, offre des passages spectaculaires accessibles à tous les niveaux. Eel Garden déroule ses récifs vibrants pour les débutants, tandis que Three Pools séduit les familles avec ses eaux calmes et peu profondes. Pour les plongeurs expérimentés, El Bells propose une entrée par une cheminée naturelle qui donne des frissons.
Côté tarifs, une plongée guidée avec équipement complet coûte entre 35 et 60 € selon le centre, d’après les grilles tarifaires 2026 de Scuba Seekers et Desert Divers. Les packages dégressifs font chuter le prix : comptez environ 290 € pour 10 plongées, soit 29 € l’immersion. Pour les amateurs de fonds marins extraordinaires, Dahab joue clairement dans la cour des grands.
20 € par jour (hors plongée) : le budget qui fait rêver
Le quotidien à Dahab tient dans un billet de 20 €, et ce n’est pas une figure de style. Hébergement : entre 5 et 10 € la nuit en dortoir ou chambre basique, dans les hostels et camps bédouins qui bordent le front de mer. Repas : 2 à 4 € le plat dans les restaurants locaux (foul, koshary, grillades de poisson frais). Transport : un pick-up partagé vers les sites de plongée coûte quelques euros.
Pour ceux qui préfèrent un peu plus de confort, comptez 35 à 50 € par jour : chambre privée avec vue mer, trois repas et une plongée incluse. À titre de comparaison, un séjour plongée à Hurghada ou Sharm el-Sheikh en resort démarre facilement à 80 € par jour, sans compter les coûts cachés qui gonflent la facture de 20 à 30 %.
Coloured Canyon, mont Sinaï, kitesurf : ce que le désert cache dans ses manches
Dahab ne se résume pas à ses fonds marins. Le Coloured Canyon, à une heure de route en 4×4, déploie 800 mètres de gorges aux falaises de grès multicolores : jaune, rouge, violet, or. Une excursion d’une demi-journée qui justifie à elle seule le voyage pour les non-plongeurs.
Les amateurs de vent connaissent déjà Dahab : la Lagoon est un spot mondial de windsurf et de kitesurf. On peut aussi enfourcher un chameau pour longer la côte jusqu’au Blue Hole, déjeuner sous une tente bédouine, ou tenter le lever de soleil depuis le sommet du mont Sinaï, accessible en une marche nocturne. Entre yoga, escalade dans les blocs de granit du désert et slow life en bord de mer, le rythme ici s’adapte à ceux qui le vivent.
Comment s’y rendre depuis les grandes villes françaises
Depuis Paris, des vols directs easyJet et Wizz Air relient Sharm el-Sheikh à partir de 100 à 140 € aller-retour, en 4 h 55 de vol. Depuis Lyon, Marseille ou Bordeaux, il faut compter une escale (Le Caire ou Istanbul) et un budget de 150 à 250 € A/R. Pour dénicher les meilleurs tarifs, jetez un œil à notre sélection de destinations au soleil en mars pour moins de 150 €.
De l’aéroport de Sharm, le bus East Delta rejoint Dahab deux fois par jour pour environ 4 € (1 h 30 de trajet). Attention : pas de liaison directe depuis l’aéroport, il faut d’abord rejoindre la gare routière en centre-ville. Un taxi privé coûte environ 42 € pour 1 h 20 de route.
Côté formalités : le e-visa ou visa à l’arrivée coûte 25 $. Mais si vous restez dans le Sinaï Sud (Dahab, Sharm, Nuweiba, Taba), le Sinai Only Permit est gratuit et valable 14 jours : un simple tampon à l’arrivée suffit.
Note sécurité : le ministère des Affaires étrangères classe le Sud-Sinaï en « vigilance renforcée » (zone jaune), ce qui autorise le tourisme. Dahab dispose de deux caissons de décompression pour les urgences de plongée. En revanche, le Nord-Sinaï reste formellement déconseillé, selon les conseils aux voyageurs mis à jour le 30 janvier 2026.
Le Sinaï pour ceux qui préfèrent l’or au bling-bling
Entre le désert ocre et les fonds marins de la mer Rouge, Dahab est peut-être l’endroit au monde où votre argent vous emmène le plus loin. Pas de buffet à volonté ni d’animation piscine, mais des coraux à portée de palmes, un thé bédouin à 50 centimes et des couchers de soleil sur l’Arabie Saoudite qu’aucun resort ne pourra jamais reproduire. L’Égypte touristique se réinvente, et Dahab en est la preuve la plus convaincante.
Reste à savoir combien de temps vous résisterez avant de prolonger votre séjour.