Aeroports de Paris contraint au gel de ses tarifs jusqu’en 2027 apres deux refus du regulateur

Vincent Mabire - Il y a 3 heures

En résumé

• Les redevances des aéroports parisiens restent inchangées en 2026.
• L'ART rejette les propositions d'augmentation d'ADP.
• L'impact sur les prix des billets d'avion reste faible.

    C’est officiel : les redevances aeroportuaires de Paris-CDG, Orly et Le Bourget n’augmenteront pas cette annee. L’Autorite de regulation des transports (ART) vient de rejeter, pour la deuxieme fois en deux mois, les tarifs proposes par Aeroports de Paris (ADP). Apres deux annees de hausse a +4,5%, ce gel force est une premiere. Reste a savoir si les voyageurs en verront la couleur sur leur billet.

    Deux refus en deux mois : un camouflet inedit pour ADP

    Le bras de fer entre le regulateur et le groupe aeroportuaire dure depuis l’automne 2025. En octobre, ADP propose une hausse uniforme de +1,5% pour la periode allant d’avril 2026 a mars 2027. Le 16 decembre 2025, l’ART refuse, pointant des “ecarts recurrents entre previsions et realisations” dans les comptes du groupe, selon L’Echo Touristique. L’action ADP plonge de 12,27% en Bourse.

    ADP revient a la charge en janvier 2026 avec une proposition revue a la baisse : un gel total (0% d’augmentation), accompagne d’un reequilibrage entre passagers domestiques/Schengen et internationaux. Nouveau refus, le 10 fevrier 2026 (decision n. 2026-009), selon Deplacements Pros. Le regulateur estime que le retour sur capital d’ADP est sous-estime d’environ 100 points de base et que l’allocation des charges presente un “desequilibre significatif”. L’action decroche encore de 3,76%.

    En clair, l’ART considere qu’ADP gagne plus qu’il ne le declare, et que toute hausse n’est pas justifiee.

    Quelles redevances sont concernees (et lesquelles ne le sont pas)

    Le gel porte sur les trois redevances aeroportuaires payees par les compagnies aeriennes :

    • la redevance d’atterrissage (utilisation des pistes),
    • la redevance de stationnement (parking des avions aux portes),
    • la redevance par passager (utilisation des terminaux).

    Ces frais sont factures aux compagnies, pas directement aux passagers. A ne pas confondre avec la taxe d’aeroport visible sur votre billet, qui est fixee par l’Etat et n’est pas concernee par cette decision.

    Seule exception : la redevance d’assistance aux personnes a mobilite reduite (PMR) augmente de +15% des le 1er avril 2026, une hausse validee des decembre 2025. Ce cout est mutualise sur l’ensemble des billets.

    Ce que ca change concretement pour vos billets

    Ce gel des tarifs d’ADP ne va pas faire baisser le prix de votre prochain vol depuis Roissy ou Orly. Les redevances aeroportuaires ne representent qu’une fraction du cout d’un billet, aux cotes du carburant, des taxes etatiques et de la marge des compagnies. Selon la banque d’investissement Jefferies, l’impact financier du gel est d’ailleurs “negligeable” pour 2026.

    En revanche, c’est un frein supplementaire a la hausse. Apres deux annees consecutives d’augmentation de +4,5%, les compagnies operant a Paris n’auront pas a absorber de surcout aeroportuaire supplementaire. Pour les lowcost comme Ryanair, particulierement sensibles aux couts fixes, c’est un soulagement relatif.

    A titre de comparaison, l’aeroport d’Amsterdam-Schiphol facture environ 60 euros par passager a ses compagnies, un niveau nettement superieur aux tarifs parisiens. Paris-CDG reste dans la fourchette basse des grands hubs europeens.

    La vraie pression sur votre portefeuille vient d’ailleurs. La taxe de solidarite sur les billets d’avion (TSBA), quasiment triplee depuis mars 2025, pese bien plus lourd que n’importe quelle variation de redevance aeroportuaire. A elle seule, elle ajoute plusieurs dizaines d’euros sur un aller-retour en Europe, un cout cache qui gonfle sensiblement le budget des voyageurs.

    Ce qui se joue pour les annees suivantes

    Le gel actuel n’est qu’une parenthese. ADP a presente en decembre 2025 un plan d’investissement massif de 8,4 milliards d’euros pour la periode 2027-2034, avec a la cle 18 millions de passagers supplementaires et 13 000 emplois.

    Pour financer ce programme, le groupe propose une trajectoire tarifaire ambitieuse : une hausse annuelle de l’indice des prix a la consommation + 2,6 points en moyenne, selon ABC Bourse. L’annee 2027 serait la plus forte, avec un bond de IPC + 5,5 points. Selon ADP, les tarifs resteraient malgre tout “dans la borne basse” des concurrents europeens.

    Ce Contrat de regulation economique (CRE) doit etre valide par l’ART avant signature par le gouvernement. Vu les tensions actuelles entre le regulateur et le groupe, l’approbation est loin d’etre acquise.

    A retenir pour les voyageurs

    Le gel des tarifs d’ADP est une bonne nouvelle relative, pas une revolution. Vos billets au depart de Paris ne baisseront pas grace a cette decision, mais la hausse est au moins contenue sur ce front. La negociation du CRE 2027-2034 sera autrement plus determinante : c’est elle qui fixera le niveau des redevances pour la prochaine decennie. A suivre de pres.

    Vincent Mabire
    Publié le 17 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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