La FNAUT alerte : les prix Ouigo ont bondi de 75 % en sept ans, le low-cost SNCF est-il encore low-cost ?

Vincent Mabire - Il y a 1 heure

En résumé

• Le prix moyen de Ouigo a augmenté de 75 % en 7 ans, atteignant 34,70 €.

• Les options payantes sur Ouigo annulent souvent l'avantage économique initial.

• Alternatives à Ouigo incluent Trenitalia, BlaBlaCar et FlixBus pour des tarifs compétitifs.

    Le train low-cost français n’est plus si low-cost. La FNAUT (Fédération nationale des associations d’usagers des transports) vient de publier une analyse accablante : en sept ans, le prix moyen d’un billet Ouigo est passé de 19,80 € à 34,70 €, soit une hausse de 75 %. Le plafond tarifaire atteint désormais 119 € en 2026. Retour sur les chiffres, la défense de la SNCF et les alternatives concrètes pour les voyageurs qui veulent maîtriser leur budget.

    Les chiffres de la FNAUT : +75 % sur les prix Ouigo en sept ans

    Les données proviennent de l’Autorité de régulation des transports (ART) et ne laissent guère de place au doute. Entre 2017 et 2024, le prix Ouigo moyen a grimpé de 19,80 € à 34,70 €. Rapporté au kilomètre, le tarif est passé de 3,7 centimes à 6,2 centimes, soit +68 %, selon le communiqué de la FNAUT du 13 février, relayé par France Bleu.

    Dans le même temps, les billets TGV Inoui n’ont augmenté que de 8 % en moyenne, pour atteindre environ 48 € le billet. L’écart entre les deux offres s’est considérablement réduit : en 2017, un Ouigo coûtait environ 50 % de moins qu’un Inoui. En 2024, la différence n’est plus que de 25 à 30 %.

    « C’est colossal », résume François Délétraz, président de la FNAUT, selon France Info. Le constat est d’autant plus frappant que le nombre de places Ouigo a bondi de 185 % sur la période, tandis que l’offre Inoui a reculé de 13 % en sièges-kilomètres. « Plus de Ouigo, moins d’Inoui : le TGV français change de visage, mais pas forcément au bénéfice des voyageurs réguliers », alerte la fédération.

    Autre signal inquiétant : le plafond tarifaire Ouigo, qui était de 99 € il y a encore deux ans, a été relevé à 109 € puis à 119 € début 2026, selon Le Parisien. Ce plafond concerne 76 liaisons, notamment Paris-Toulon, Paris-Bayonne et Lille-Avignon.

    Les coûts cachés qui rapprochent Ouigo d’Inoui

    Au-delà du prix affiché, les options payantes d’Ouigo alourdissent la facture. Un bagage supplémentaire coûte 5 € avec l’offre Essentiel. Les prises électriques ne sont pas garanties sur tous les sièges. Les billets échangeables ou remboursables sont facturés en supplément. Il n’y a ni WiFi, ni voiture-bar.

    Sur un trajet TGV Inoui, tous ces services sont inclus dans le prix de base. La Carte Avantage (49 €/an) permet de bénéficier de réductions sur Inoui, mais elle ne fonctionne pas sur Ouigo. La FNAUT le souligne : un voyageur régulier qui ajoute les options sur Ouigo peut se retrouver à payer autant, voire plus, qu’un billet Inoui classique, sans le confort associé. Un phénomène que l’on retrouve aussi sur les vols low-cost, où les suppléments finissent par gommer l’avantage tarifaire initial.

    La différence de modèle se ressent aussi dans l’expérience : pas de choix de place sur Ouigo Classique, des gares parfois excentrées (Marne-la-Vallée, Massy TGV) et un embarquement plus strict, 30 minutes avant le départ. Pour les voyageurs qui avaient adopté Ouigo comme alternative économique à l’avion, l’addition commence à piquer.

    La SNCF se défend, mais ne conteste pas les chiffres

    Alain Krakovitch, directeur de TGV-Intercités, a réagi via LinkedIn : « Oui, les prix des Ouigo ont évolué depuis 13 ans. En même temps que Ouigo a évolué. » Selon lui, environ 80 % de la hausse s’explique par la transformation de l’offre.

    En clair : Ouigo ne circule plus uniquement entre gares secondaires sur des trajets courts. La marque dessert désormais les grandes gares parisiennes (Montparnasse, Gare de Lyon) et des destinations plus lointaines comme Hendaye, Brest ou Perpignan. Ces nouveaux services coûtent logiquement plus cher à opérer.

    La SNCF avance aussi des chiffres rassurants : 50 millions de billets TGV Inoui et Ouigo vendus à moins de 30 € en 2026, et une hausse tarifaire moyenne de seulement +1 % cette année, « sous l’inflation ». La Carte Avantage reste à 49 € et un billet loisir sur deux devrait être acheté à moins de 45 €.

    Reste que la SNCF ne conteste pas le chiffre de +75 %. Et comme le note 60 Millions de Consommateurs, l’opacité du yield management fait que les prix annoncés et les prix réels divergent fortement : sur un même trajet, les tarifs peuvent varier d’un facteur 11 selon la date et l’heure, d’après un suivi de 2 800 billets réalisé par le magazine.

    Les alternatives concrètes pour voyager moins cher

    Face à la hausse des prix Ouigo, la concurrence offre des options de plus en plus crédibles.

    Trenitalia est le concurrent le plus sérieux sur le réseau grande vitesse français. L’opérateur italien propose Paris-Lyon dès 23 € et Paris-Marseille dès 27 €, avec 14 allers-retours quotidiens sur la ligne Paris-Lyon depuis décembre 2025, selon BFM TV. Le WiFi est inclus, les billets sont échangeables gratuitement et les enfants de moins de 4 ans voyagent sans payer. Trenitalia vise désormais un tiers du marché sur l’axe Paris-Lyon.

    BlaBlaCar agrège désormais covoiturage, bus et billets SNCF sur une seule plateforme, couvrant 350 gares. FlixBus reste l’option la plus économique sur les longues distances, avec des tarifs souvent inférieurs à 20 € pour un Paris-Lyon ou un Paris-Bordeaux.

    Pour comparer efficacement, des plateformes comme Trainline agrègent les offres de la SNCF, d’Ouigo, de Trenitalia et de Renfe, permettant de trouver le meilleur tarif en quelques clics.

    Le low-cost ferroviaire en pleine mutation

    La situation d’Ouigo illustre une tendance de fond : le low-cost ferroviaire français est en train de perdre son avantage tarifaire historique. La SNCF a fait le choix d’étendre Ouigo au détriment d’Inoui, tout en augmentant progressivement les prix. L’arrivée de nouveaux TGV-M à partir de fin 2026 pourrait redistribuer les cartes, avec des rames plus capacitaires et moins énergivores.

    En attendant, les voyageurs ont tout intérêt à réserver le plus tôt possible (les billets Ouigo à 10 € existent encore, mais disparaissent vite), à comparer systématiquement avec Trenitalia sur les axes desservis, et à garder un œil sur les offres BlaBlaCar et FlixBus pour les budgets serrés.

    A suivre : l’ART doit publier prochainement son rapport complet sur le marché ferroviaire 2024, qui devrait apporter un éclairage supplémentaire sur l’évolution de la concurrence ferroviaire en France.

    Vincent Mabire
    Publié le 17 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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