Singapore Airlines : son A350 percute un avion Spirit au sol à Newark, la FAA ouvre une enquête

Vincent Mabire - Il y a 19 heures

En résumé

• Collision entre un Airbus A350 de Singapore Airlines et un A321neo de Spirit Airlines à Newark.
• Aucun blessé, mais incident entraîne retards et annulation de vol vers Orlando.
• Enquête FAA ouverte pour déterminer les causes et améliorer les procédures au sol.

    Un Airbus A350 de Singapore Airlines a percuté un A321neo de Spirit Airlines lors d’une manoeuvre de repoussage à l’aéroport de Newark, le 3 mars 2026. Le choc a arraché une partie du gouvernail de l’avion Spirit. Aucun blessé n’est à déplorer, mais l’incident survient à peine deux semaines après la collision entre deux Boeing 737 de KLM à Schiphol. La FAA a ouvert une enquête.

    Ce qui s’est passé à Newark

    Mardi 3 mars, vers 10h00 (heure locale), le vol SQ21 de Singapore Airlines (Airbus A350-941, immatriculation 9V-SGA, construit en 2018) effectuait un pushback au Terminal B de l’aéroport Newark Liberty International. Le départ était initialement prévu à 9h35. L’aile droite de l’appareil a alors heurté la dérive d’un A321neo de Spirit Airlines (vol NK992, immatriculation N720NK), stationné en zone de dégivrage et en préparation pour un vol vers Orlando.

    La collision au sol s’est produite dans une zone de trafic (ramp area) où le contrôle aérien n’intervient pas directement. Les mouvements dans cette zone sont gérés par le personnel au sol et les équipes de handling. Selon la base de données Aviation Safety Network, l’incident est classé GCOL (Ground Collision). Un passager du vol Singapore Airlines, Sree Sreenivasan, a filmé la scène et partagé la vidéo sur les réseaux sociaux, déclarant : “We didn’t even feel it” (“On ne l’a même pas senti”).

    Dégâts et conséquences pour les passagers

    Le contact entre l’aile de l’A350 et l’empennage de l’A321neo a provoqué une déchirure du gouvernail de l’avion Spirit, selon Aviation Safety Network. Côté Singapore Airlines, les ingénieurs ont inspecté l’A350-941 et jugé l’appareil apte au vol. Le vol SQ21, qui relie Newark à Singapour sur l’une des plus longues routes commerciales au monde (environ 19 heures de trajet), a finalement redécollé à 16h09 avec un retard de 6 heures 30 et un nouvel équipage.

    Du côté de Spirit Airlines, le vol NK992 à destination d’Orlando a été purement et simplement annulé. Les passagers ont été reprogrammés sur d’autres vols ou remboursés. L’A321neo, un appareil de moins d’un an, reste immobilisé pour évaluation complète des dommages à l’empennage.

    Singapore Airlines a confirmé que “l’extrémité de l’aile de l’Airbus A350-900 opérant le vol SQ21 a fait contact avec un autre appareil pendant le pushback” et que “l’avion a été autorisé à reprendre le service après inspection”. Aucun passager n’a été blessé dans l’un ou l’autre des appareils.

    Pourquoi ces collisions au sol se multiplient

    C’est le deuxième incident de ce type entre avions commerciaux en deux semaines. Le 21 février, deux Boeing 737-800 de KLM se sont percutés sur le tarmac d’Amsterdam-Schiphol, près du pier D. L’un effectuait un pushback depuis la porte D54 (vol KL1953 vers Athènes, immatriculation PH-BCL), l’autre attendait son assignation de porte après un vol depuis Birmingham (PH-BGC). Le Dutch Safety Board a ouvert une enquête.

    La série d’incidents au sol ne s’arrête pas là. En février 2026, un A320neo de SAS a tenté de décoller depuis un taxiway à Brussels Airport. En janvier 2024, une collision dramatique entre un A350 de Japan Airlines et un avion des garde-côtes à Tokyo-Haneda avait coûté la vie à cinq personnes.

    Newark est l’un des aéroports les plus fréquentés des États-Unis, avec plus de 46 millions de passagers en 2024. L’aéroport souffre de problèmes récurrents de congestion au sol. La FAA avait déjà imposé des plafonds de 81 vols par heure en 2008 pour tenter de fluidifier le trafic. En février, un Boeing 737 de United Airlines y avait été déclaré scène de crime après la découverte d’une balle à bord.

    La FAA ouvre une enquête

    La Federal Aviation Administration a lancé une investigation pour déterminer les causes précises de la collision au sol à Newark. Les enquêteurs vont examiner les enregistrements du cockpit voice recorder, les logs des opérations de remorquage, les échanges avec le contrôle au sol et les images de vidéosurveillance.

    La question centrale : pourquoi un avion en cours de dégivrage se trouvait dans la trajectoire du pushback de l’A350. L’analyse portera sur le respect des procédures de repoussage, le positionnement des avions et la coordination entre les équipages et le personnel au sol.

    Le résultat de cette enquête pourrait entraîner des modifications de procédures à Newark. La FAA avait déjà renforcé les règles de circulation au sol après l’accident de Tokyo-Haneda en 2024.

    Ce que ça change pour les voyageurs

    Pour les passagers, ce type d’incident au sol ne présente pas de danger direct : les vitesses en jeu sont très faibles. La conséquence principale reste les retards (6h30 pour le vol Singapore Airlines) et les annulations (vol Spirit vers Orlando).

    Les voyageurs sur des vols long-courriers transitant par Newark ou les grands hubs américains peuvent anticiper ce type de perturbation en vérifiant les notifications de leur compagnie avant de se rendre à l’aéroport. Singapore Airlines avait déjà fait l’actualité en mai 2024 après de violentes turbulences sur un vol Londres-Singapour qui avaient fait un mort et 30 blessés.

    Un signal d’alerte pour les grands aéroports

    Deux collisions au sol en deux semaines, zéro blessé : les procédures de sécurité fonctionnent et ces incidents restent statistiquement rares rapportés aux centaines de milliers de mouvements quotidiens dans le monde. Mais la multiplication des enquêtes (FAA à Newark, Dutch Safety Board à Schiphol) envoie un signal clair sur la saturation des zones de trafic au sol dans les grands hubs.

    Les conclusions de la FAA pourraient déboucher sur de nouvelles règles de circulation au sol à Newark, voire dans l’ensemble des grands aéroports américains. Une évolution à surveiller pour les voyageurs réguliers vers les États-Unis.

    Vincent Mabire
    Publié le 8 mars 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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