United Airlines : une balle découverte dans un Boeing 737 transforme le vol en scène de crime à Newark

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• Incident à Newark : une balle trouvée à bord, scène de crime déclarée, vol retardé de 3 heures.
• Questionnement sur l'efficacité des contrôles TSA après une bavure de sécurité lors d'un shutdown.
• Contexte tendu : shutdown du DHS, agents TSA sans salaire, risques de failles sécuritaires accrues.

    Un Boeing 737 de United Airlines déclaré scène de crime, des passagers soumis à un second contrôle de sécurité, près de trois heures de retard : c’est le scénario qu’ont vécu les voyageurs du vol UA1511 à l’aéroport de Newark, le 17 février 2026. En cause, une balle découverte dans un compartiment à bagages supérieur, avant même le début de l’embarquement. Un incident qui interroge, une fois de plus, l’efficacité des contrôles de la TSA dans les aéroports américains, en plein shutdown du Department of Homeland Security.

    Une balle découverte dans le vol United Airlines UA1511 à Newark

    Le vol United Airlines 1511, opéré par un Boeing 737 immatriculé N37456, devait décoller de Newark Liberty International Airport (EWR) à destination de Miami (MIA) à 14h07 heure locale. Lors des préparatifs pré-embarquement, une munition a été repérée à l’intérieur d’un compartiment à bagages supérieur (overhead bin).

    Les autorités ont immédiatement déclaré l’appareil scène de crime. Une fouille complète du Boeing 737 a été menée par les forces de l’ordre et les agents de la TSA (Transportation Security Administration). L’ensemble des passagers a été soumis à un nouveau contrôle de sécurité avant de pouvoir embarquer.

    L’avion a finalement décollé aux alentours de 17h00, soit près de trois heures de retard, et s’est posé à Miami en soirée. United Airlines s’est contentée d’indiquer que “le personnel de sécurité a inspecté l’appareil, qui a ensuite décollé pour Miami”.

    Comment une balle a-t-elle pu passer les contrôles ?

    C’est la question centrale de cet incident. L’hypothèse la plus probable, selon les enquêteurs, est que la munition serait tombée du bagage à main d’un passager d’un vol précédent, possiblement après une visite dans un stand de tir. Concrètement, la balle se trouvait déjà dans l’avion avant que les passagers du vol UA1511 n’embarquent.

    La TSA n’a fourni aucune explication sur la manière dont cette munition a échappé à ses procédures de screening. Pour rappel, une enquête du Department of Homeland Security menée en 2015 avait révélé un taux d’échec de 95 % lors de tests de détection d’armes et d’explosifs : 67 objets interdits non détectés sur 70 tentatives.

    Ce n’est pas un cas isolé. En novembre 2025, un passager de Frontier Airlines avait découvert un chargeur d’arme chargé contenant dix balles à pointe creuse dans un avion à Atlanta, provoquant également trois heures de retard. La même année, un passager avait réussi à embarquer sur un vol Delta Air Lines avec un hachoir à viande. En 2024, selon les chiffres officiels de la TSA, 6 678 armes à feu ont été confisquées dans les aéroports américains, soit 7,4 armes pour un million de passagers contrôlés. 94 % d’entre elles étaient chargées.

    Aucune arrestation n’a été effectuée à ce stade. Les autorités examinent les images de vidéosurveillance pour tenter d’identifier l’origine de la munition.

    Ce que ça signifie pour les voyageurs

    L’incident survient dans un contexte particulièrement tendu pour la sécurité aérienne aux États-Unis. Depuis le 14 février 2026, le pays est en shutdown partiel : le Department of Homeland Security n’est plus financé, et 61 000 agents TSA travaillent sans salaire. Ils sont considérés comme “essentiels” et doivent continuer à assurer les contrôles, mais leur rémunération est gelée.

    À retenir : le prochain chèque de paie des agents TSA est prévu le 3 mars. Si le shutdown se prolonge, c’est à partir du 17 mars que les agents pourraient manquer une paie complète, avec des risques d’absences massives dans les aéroports, en pleine période de spring break américain.

    Pour les voyageurs français en transit ou à destination des États-Unis, ces failles les concernent directement. En cas d’incident similaire, il faut s’attendre à des retards de plusieurs heures et à un nouveau passage aux contrôles de sécurité. Un conseil pratique : vérifiez scrupuleusement vos bagages à main avant de passer la sécurité, surtout si vous avez fréquenté un stand de tir ou transporté du matériel réglementé lors d’un précédent voyage. Une cartouche oubliée au fond d’un sac peut provoquer exactement ce type de situation. Les amendes de la TSA pour transport d’armes interdites vont de 1 500 à 17 062 dollars selon que l’arme est chargée ou non.

    Un incident isolé ou un problème systémique ?

    La découverte de cette balle à bord du vol UA1511 à Newark s’inscrit dans une série d’incidents qui questionnent la fiabilité du système de contrôle américain. La TSA intercepte chaque année des milliers d’armes, ce qui prouve à la fois l’ampleur du problème et les limites de la détection. Ce qui passe les mailles du filet reste, par définition, invisible dans les statistiques.

    Pour United Airlines, cet épisode s’ajoute à d’autres incidents récents, comme celui d’un passager embarqué par erreur sur un vol pour Tokyo au lieu du Nicaragua, début février. La compagnie traverse une période où ses procédures sont régulièrement mises en lumière.

    Le contexte actuel du shutdown rend la situation d’autant plus préoccupante. Les agents TSA, déjà confrontés à des conditions de travail difficiles, doivent assurer le même niveau de vigilance sans certitude d’être payés. Un rappel que la sécurité dans les aéroports américains repose sur un système sous tension permanente, et que même dans les infrastructures les plus surveillées au monde, le risque zéro n’existe pas.

    À suivre : la résolution du shutdown du DHS, qui déterminera si les agents TSA retrouvent une situation financière normale avant le rush du spring break.

    Vincent Mabire
    Publié le 20 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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