EasyJet impose des sièges en fibre de carbone sur 237 Airbus dès 2028 : 5 cm de jambes en plus, 500 kg en moins

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• EasyJet adopte des sièges Kestrel allégés dès 2028, réduisant le poids de 20 %.
• L'optimisation inclut une économie annuelle de 12 936 t de kérosène et 40 513 t de CO2.
• Modifications déjà en cours pour réduire la consommation de carburant de la flotte actuelle.

    EasyJet vient de signer un contrat avec le fabricant britannique Mirus Aircraft Seating pour équiper ses 237 futurs Airbus A320neo et A321neo de sièges Kestrel, les plus légers de leur catégorie. Au programme : 20 % de poids en moins, jusqu’à 5 cm d’espace supplémentaire pour les jambes et une économie annuelle de plus de 12 900 tonnes de kérosène. Annoncée le 24 mars 2026, cette commande marque un tournant pour la low cost — mais les EasyJet nouveaux sièges Kestrel ne seront pas en cabine avant 2028.

    Ce qui change avec les sièges Kestrel en fibre de carbone

    Le siège Kestrel repose sur une structure en fibre de carbone. Résultat : un poids de 6,9 kg par passager en configuration complète (housse, ceinture et accoudoirs inclus), soit plus de 20 % de moins que les sièges actuels Recaro SL3510 utilisés par la compagnie — une réduction de plus de 2 kg par siège.

    Le design pré-incliné à 22° et la structure affinée du dossier libèrent jusqu’à 5 cm (2 pouces) d’espace supplémentaire au niveau des genoux et des tibias, sans modifier le pitch (l’écartement entre les rangées, actuellement de 29 pouces chez EasyJet). Le passager est positionné légèrement plus en arrière, ce qui crée un gain de place mécanique devant les jambes. En contrepartie, le siège ne dispose pas d’inclinaison réglable.

    Sur les plus gros modèles de la flotte (A321neo), l’allègement atteint 500 kg par avion. Le prototype du Kestrel avait été présenté dès 2019 à l’Aircraft Interiors Expo ; il aura fallu près d’une décennie entre le concept et les premiers vols commerciaux. En fin de vie, le siège est recyclable à environ 98 %, selon Mirus.

    12 936 tonnes de kérosène économisées par an

    Moins de poids embarqué signifie moins de carburant brûlé. Sur l’ensemble des 237 appareils commandés, EasyJet anticipe une économie annuelle de 12 936 tonnes de kérosène, soit plus de 40 513 tonnes de CO2 évitées chaque année, selon le communiqué officiel.

    « This investment supports our continued focus on making our operations as efficient as possible, capitalising on small incremental gains », a déclaré David Morgan, directeur des opérations d’EasyJet. En clair, la stratégie repose sur l’accumulation de gains marginaux — un levier classique dans l’aviation où chaque kilogramme compte.

    Le contexte renforce l’importance de ces chiffres. Alors que le secteur aérien fait face à une pression croissante sur le prix du kérosène, notamment avec les tensions d’approvisionnement prévues pour mai-juin 2026, réduire la dépendance au carburant n’est pas seulement un argument environnemental. C’est aussi une question de survie économique. Pour mieux comprendre l’empreinte carbone réelle de l’aviation, ces chiffres sont à mettre en regard des 22 millions de tonnes de CO2 émises chaque année par les vols au départ de France.

    Les améliorations qui arrivent dès 2026, avant les Kestrel

    Les sièges Kestrel ne seront livrés qu’à partir de 2028, mais EasyJet n’attend pas pour optimiser sa flotte existante. Deux chantiers sont déjà en cours sur les A320ceo.

    Les sharklets avancés, développés en partenariat avec Airbus, remplacent les anciens bouts d’aile (wing tip fences) par des dispositifs aérodynamiques qui réduisent la traînée de 4 %. L’installation sera achevée sur l’ensemble de la flotte ceo d’ici l’été 2026. Gain attendu : environ 308 tonnes de carburant et 970 tonnes de CO2 économisées par avion et par an, selon EasyJet. Les sharklets augmentent également l’autonomie de l’appareil de 100 milles nautiques.

    SpaceFlex, une reconfiguration Airbus de la cuisine arrière et des toilettes sur les A320ceo de 180 places, permet d’ajouter une rangée de sièges supplémentaire. Le déploiement est en cours depuis début 2026. L’objectif : réduire l’intensité carbone par passager sans perte de confort.

    Faut-il s’attendre à des billets moins chers ?

    Le kérosène représente entre 25 et 30 % des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne. L’économie générée par les sièges Kestrel est donc loin d’être anecdotique. Pour autant, les économies opérationnelles ne se traduisent historiquement pas par des baisses de prix pour le passager.

    EasyJet pourrait plutôt réinvestir ces marges dans la guerre des prix face à Ryanair et Wizz Air, ou améliorer sa compétitivité sur les nouvelles lignes qu’elle développe en France. Le PDG Kenton Jarvis a d’ailleurs confirmé qu’il n’était pas prévu de rétrofiter les anciens avions avec les sièges Kestrel : « It’s an expense to rip out perfectly good seats », a-t-il précisé.

    Le gain immédiat pour le voyageur reste le confort : 5 cm de plus au niveau des jambes, c’est significatif quand on mesure plus de 1m75 et qu’on est coincé dans un siège au pitch de 29 pouces pendant deux ou trois heures.

    Loin du débat sur les sièges debout en low-cost, EasyJet prend ici le chemin inverse en misant sur le confort.

    Ce que ça change pour les voyageurs français

    EasyJet est la deuxième compagnie en France par le nombre de passagers, avec des bases à Paris-CDG, Lyon, Nice, Toulouse, Bordeaux et Nantes. Les A320neo et A321neo équipés des sièges Kestrel arriveront à partir de 2028, en priorité sur les lignes les plus fréquentées.

    En attendant, les passagers au départ de Lyon ou Nice devraient bénéficier des sharklets sur la flotte existante dès cet été 2026 : moins de consommation de carburant et, potentiellement, une meilleure régularité opérationnelle.

    Pour suivre les évolutions des politiques bagages cabine chez EasyJet et ses concurrentes, notre comparatif compagnie par compagnie est à jour.

    À suivre : la livraison des premiers A320neo avec sièges Kestrel, attendue courant 2028. Une évolution à surveiller pour les millions de Français qui voyagent chaque année avec EasyJet.

    Vincent Mabire
    Publié le 25 mars 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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