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Le Japon laisse ses onsen s’assécher : quand le tourisme pèse plus que la nature

Vincent Mabire - Il y a 10 heures

En résumé

• Les onsen japonais s'assèchent à cause d'un tourisme excessif non durable.

• La baisse des nappes phréatiques à Ureshino et Niseko est alarmante.

• Les mesures politiques contre le surtourisme sont insuffisantes.

Le Japon, connu pour son respect de la nature et de ses traditions, est aujourd’hui confronté à un paradoxe de taille. Alors que les sources chaudes – les fameux onsen – incarnent un pan central de l’identité japonaise, ces trésors thermaux s’assèchent à vue d’œil. La faute ? Une gestion touristique de plus en plus agressive, où l’obsession de l’attractivité internationale semble avoir pris le dessus sur toute logique de durabilité.

À Ureshino et Niseko, la nappe phréatique paie le prix du confort des visiteurs

À Ureshino, sur l’île de Kyushu, la situation est alarmante. La nappe phréatique qui alimente ses célèbres bains alcalins a chuté de 20 % en quatre ans, atteignant un niveau historiquement bas de 39,6 mètres. La cause ne fait plus débat : un afflux massif de visiteurs, amplifié par des infrastructures hôtelières qui misent tout sur le bain privatif, souvent chauffé sans retenue, pour séduire une clientèle étrangère pas toujours à l’aise avec les bains publics. Et qui paie l’addition ? La nature, bien sûr, mais aussi les habitants, les professionnels du tourisme traditionnel, et bientôt les touristes eux-mêmes.

 

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À Niseko, même refrain. En trois ans, le niveau d’eau a baissé de 15 mètres. Ici aussi, les hôtels ont poussé comme des bambous après la pluie, sans réelle régulation, ni anticipation sur les conséquences. Résultat : des ressources hydrauliques mises à genoux, pendant qu’on continue de vendre le « Japon authentique » à coups de brochures marketing. Les responsables ? Les autorités locales qui ont fermé les yeux trop longtemps. Et le gouvernement central, silencieux face à une situation qui menace un symbole national.

 

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Le surtourisme détruit les onsen, mais les décisions politiques restent tièdes

Les quelques mesures annoncées par certaines municipalités ressemblent davantage à des rustines sur un barrage fissuré qu’à une politique sérieuse. À Ureshino, le maire appelle à réduire l’usage des bains privés la nuit. Mais cette demande, loin d’être contraignante, s’apparente plus à une supplique qu’à une régulation. À Ginzan Onsen, dans la préfecture de Yamagata, l’accès aux bains est désormais restreint aux seuls clients des établissements locaux en période de forte affluence. Un bon début ? Peut-être. Mais combien de villes prendront ce genre d’initiatives, sans coordination nationale, sans cadre juridique strict ?

Ce cas illustre un problème bien plus vaste. Le surtourisme, dopé par les campagnes d’ouverture internationale, menace les équilibres locaux. Et le Japon, en vantant ses paysages, sa culture et sa nature préservée, semble oublier que sans une gestion rigoureuse, ces attraits se fanent. À vouloir tout concilier – flux massifs de visiteurs, rentabilité hôtelière et préservation du patrimoine naturel – les autorités laissent les territoires se dégrader à petit feu.

Jusqu’où faudra-t-il aller pour que la protection des onsen devienne une priorité politique ? Le Japon pourra-t-il encore se vendre comme modèle d’harmonie avec la nature si ses sources disparaissent sous la pression du marché ? Et si la vraie révolution touristique commençait par des limites claires, plutôt que par des slogans ?

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Vincent Mabire - Il y a 10 heures

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