Ryanair claque la porte de 5 aéroports français : la carte des liaisons sacrifiées pour l’été 2026

Vincent Mabire - Il y a 1 heure

En résumé

• Ryanair quitte plusieurs aéroports régionaux français en été 2026.
• La hausse de la TSBA motive ce retrait, malgré des bénéfices records.
• Des plans B existent via Lyon, Bordeaux, Montpellier ou Paris.

    L’Écho Touristique a confirmé le 20 mai que Ryanair quittera plusieurs aéroports régionaux français cet été 2026, dans la foulée de Clermont-Ferrand abandonné le 27 mars. Pas un retrait progressif : un claquage de porte assumé pendant que la compagnie publie un bénéfice record de 2,26 milliards d’euros. Si vous deviez voler depuis Béziers, Brive, Nîmes, La Rochelle ou Strasbourg vers le Royaume-Uni, le Portugal ou le Maroc, votre billet n’existe plus. Voici la carte des liaisons perdues, des aéroports épargnés, et surtout des plans B pour tenir vos vacances.

    Les aéroports français que Ryanair abandonne pour l’été 2026

    La liste s’est précisée ces dernières semaines. Clermont-Ferrand a ouvert le bal : base fermée depuis le 27 mars 2026, avec Porto, Londres-Stansted et Fès évaporés. L’aéroport perd 40 % de son trafic et 75 emplois sont menacés selon les syndicats.

    Béziers subit la coupe la plus radicale : plus aucun vol vers Londres-Stansted, Londres-Luton, Manchester, Édimbourg ni Bristol. La ligne Luton, qui tournait toute l’année, n’existe plus. À Brive, la liaison Stansted disparaît du calendrier été 2026 et les billets ne sont plus à la vente. Strasbourg voit Agadir et Porto supprimés, la compagnie n’ayant jamais opéré de lignes britanniques depuis l’Alsace. Nîmes et La Rochelle n’ont aucun vol UK programmé pour la saison.

    Les aéroports épargnés, pour l’instant : Carcassonne, Bergerac, Limoges, Lourdes-Pyrénées, Perpignan et Poitiers restent desservis vers Londres-Stansted, parfois vers Bournemouth, Manchester ou East Midlands. Au total, selon les chiffres compilés par L’Écho Touristique, Ryanair a déjà supprimé 750 000 sièges en France depuis l’hiver 2025 et coupé 25 lignes, avec au moins quatre aéroports perdus avant ce nouvel épisode. Une saignée qui s’inscrit dans un mouvement plus large : les aéroports français accusent 1,3 million de passagers perdus face à l’Europe.

    Pourquoi Ryanair part : la TSBA triplée et l’arbitrage low-tax

    Le déclencheur affiché : la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) est passée de 2,63 € à 7,40 € par passager en classe éco depuis mars 2025. Une hausse de 180 % que Jason McGuinness, directeur commercial de Ryanair, qualifie d’« insoutenable » pour les aéroports régionaux. « Quand vous augmentez les taxes de 180 %, ces aéroports deviennent non viables pour nous », a-t-il déclaré à Challenges.

    Cette TSBA, on a déjà documenté son impact route par route sur le prix réel des billets, et plus largement comment elle a fait reculer la demande domestique. L’arbitrage de Ryanair est public. La compagnie concentre ses nouveaux avions vers l’Italie, l’Albanie, le Maroc, la Slovaquie et la Suède, soit 13 millions de sièges low-cost absorbés par ces marchés. La logique : aller là où la fiscalité aérienne reste faible et où les autorités locales acceptent les contreparties commerciales de la compagnie.

    Reste un paradoxe budgétaire. Ryanair a publié le 18 mai 2026 un bénéfice net annuel de 2,26 milliards d’euros (+40 %) pour un chiffre d’affaires de 15,5 milliards. La compagnie peut largement absorber la taxe, elle choisit de ne pas le faire. On est moins sur un problème économique que sur un bras de fer politique : Ryanair promet 2,5 milliards d’investissement en France si Bercy supprime la TSBA. Même méthode qu’en Belgique, où la compagnie menace Charleroi de supprimer 2 millions de sièges sur le même motif fiscal.

    La carte des plans B, ville par ville

    Pour les voyageurs concernés, l’enjeu est de retrouver une liaison équivalente sans exploser le budget. Voici les alternatives identifiées pour chaque aéroport touché :

    AéroportLiaison perduePlan B compagniePlan B itinéraire
    Clermont-FerrandPorto (Ryanair)Transavia depuis Lyon-Saint-ExupéryTER Clermont-Lyon 2h30 + Transavia
    BéziersLondres-Stansted/LutoneasyJet depuis Toulouse ou MontpellierTER Béziers-Montpellier 25 min
    BriveLondres-StanstedBritish Airways depuis BordeauxTER Brive-Bordeaux 2h20
    StrasbourgPorto, AgadirTransavia depuis Lyon (Porto), Royal Air Maroc CDG (Agadir)TGV Strasbourg-Lyon 3h40
    NîmesLondres-StanstedVolotea/easyJet depuis MontpellierTER Nîmes-Montpellier 30 min
    La RochelleLondres-StanstedeasyJet depuis Bordeaux ou NantesTER La Rochelle-Bordeaux 2h05

    Pour le Maroc (Fès, Agadir), il reste l’option bus + ferry depuis Sète, ou le repli sur Royal Air Maroc et Transavia depuis CDG, Lyon et Marseille. Pour le Portugal, Transavia muscle son réseau été 2026 depuis Lyon, Marseille et Nantes, et TAP Portugal couvre Paris-Lisbonne. Pour l’Italie (Bari, Naples, Palerme), Volotea consolide ses bases à Nantes, Bordeaux, Toulouse et Strasbourg, et ouvre Montpellier comme 11e base française fin 2026 avec un A320 stationné et quatre nouvelles lignes (Bordeaux, Lanzarote, Madrid, Ténérife). Transavia ouvre aussi Marseille-Séville en avril 2026 et consolide ses trois hubs régionaux Lyon, Montpellier, Marseille — un mouvement qu’on a détaillé dans notre point sur les 10 nouvelles lignes Transavia été 2026 au départ des régions.

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    Ce que ça change pour vous concrètement cet été

    Si vous avez un billet Ryanair sur une ligne supprimée pour juin, juillet ou août, la compagnie est tenue de rembourser intégralement ou de réacheminer en vertu du règlement européen 261/2004. Demander un réacheminement sur une autre compagnie reste possible, mais les délais sont longs et la procédure exige souvent une réclamation écrite.

    Le risque tarifaire est réel sur les lignes maintenues. Carcassonne-Stansted, Bergerac-Stansted, Perpignan et Poitiers vont mécaniquement absorber le report de demande des aéroports voisins, et les prix grimpent par effet de pénurie. Pour un départ avant fin août, mieux vaut réserver maintenant.

    Les régions touchées forment un arc précis : Auvergne, Sud-Ouest, Occitanie, Charente-Maritime, Alsace. Pour la diaspora portugaise d’Auvergne, déjà mobilisée en mars contre la fermeture Clermont-Porto, le ressentiment est concret. easyJet et Volotea grappillent les liaisons rentables, mais ne reprennent pas les lignes déficitaires. Les petits aéroports régionaux perdent donc en connectivité, pas seulement en nombre de vols.

    La suite : bras de fer politique et prochaine annonce

    Ryanair n’a pas encore publié la liste définitive des coupes été 2026. Une mise à jour est attendue avant le 1er juin sur ryanair.com. Sur la table à Bercy : un éventuel ajustement de la TSBA pour les liaisons régionales, porté par la Fnam et plusieurs présidents de région. Position du gouvernement à ce stade : refus.

    La déclaration de Jason McGuinness à Challenges laisse entendre que d’autres aéroports pourraient suivre si rien ne bouge avant l’hiver 2026-2027. La stratégie Ryanair n’est plus un cas isolé : la compagnie a déjà menacé Charleroi en mars sur le même motif fiscal. C’est un mouvement de fond du low-cost européen face aux fiscalités nationales, et il redessine la carte du voyage abordable pour les Français des régions.

    À suivre : la publication officielle du programme été 2026 par Ryanair, et la réponse de Bercy avant le démarrage de la haute saison.

    Vincent Mabire
    Publié le 28 mai 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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