Ryanair menace de supprimer 2 millions de sièges à Charleroi : ce qui change pour les Français du Nord

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• Ryanair menace de réduire ses sièges à Charleroi si la taxe belge n'est pas supprimée.
• Été 2026 confirmé mais hiver 2026/27 déjà impacté avec 20 routes supprimées.
• Alternatives : Beauvais, Lille-Lesquin et Luxembourg-Findel pour les voyageurs français.

    Charleroi, c’est le hub low-cost préféré des Français du Nord : à 1h20 de Lille, 50 minutes de Valenciennes, avec des vols à 30 euros vers la Méditerranée. Mais Ryanair vient de poser un ultimatum au gouvernement belge. Si la taxe fédérale sur l’embarquement n’est pas supprimée avant juillet, la compagnie irlandaise coupera 2 millions de sièges à Charleroi dès octobre 2026. Voici ce que cela signifie concrètement pour les voyageurs français.

    La taxe belge qui fait monter Ryanair au créneau

    Le conflit porte sur la taxe fédérale belge sur l’embarquement. Introduite à environ 2 euros par passager, elle a été multipliée par cinq depuis juillet 2025 pour atteindre 5 euros aujourd’hui. Le gouvernement prévoit de la porter à 10 euros en 2027, puis 11 euros en 2029.

    Ryanair exige sa suppression pure et simple avant les décisions de programme prévues en juillet 2026. Le Premier ministre Bart De Wever s’est engagé à réévaluer la taxe d’ici cette date, mais la compagnie juge ce calendrier insuffisant. Selon Eddie Wilson, directeur général du groupe, “le trafic, le tourisme et les emplois belges seront déjà perdus” si la taxe n’est pas abolie avant la finalisation des programmes d’hiver 2026 et d’été 2027.

    En clair, Ryanair réclame des actes immédiats, pas des promesses. Le contexte européen lui donne des arguments : la Suède, la Slovaquie, la Hongrie, l’Italie et l’Albanie ont supprimé leurs taxes aériennes pour attirer les compagnies low-cost. La Belgique, elle, fait le chemin inverse — tout comme la France, où le triplement de la TSBA a déjà poussé Ryanair à quitter plusieurs aéroports français.

    La taxe communale de Charleroi de 3 euros par passager, quant à elle, a été annulée en février 2026 par le gouvernement wallon. C’est cette décision qui avait permis à Ryanair de confirmer l’intégralité de son programme estival. Mais selon La DH, Charleroi négocie déjà un mécanisme de financement alternatif avec la Région wallonne pour compenser ce manque à gagner.

    Été 2026 maintenu, hiver 2026/27 déjà amputé

    À court terme, les voyageurs peuvent souffler. Le programme été 2026 est confirmé : 7,5 millions de sièges, une croissance de 9 % et 112 routes au départ de Charleroi. Trois nouvelles destinations viennent s’ajouter : Salerne (côte amalfitaine, dès le 31 mars), Katowice en Pologne (dès le 1er avril) et Volos en Grèce (dès le 2 mai), toutes opérées deux fois par semaine.

    Mais l’hiver 2026/27 porte déjà les stigmates du conflit fiscal. Ryanair a annoncé la suppression de 20 routes en Belgique (dont 13 au départ de Charleroi), le retrait de 5 avions de sa base de Gosselies et une réduction d’un million de sièges. Parmi les destinations touchées : Milan-Bergame, Barcelone, Lisbonne, Rome-Ciampino, Cracovie et Majorque — autant de lignes prisées par les voyageurs français frontaliers.

    Si la taxe fédérale n’est pas supprimée d’ici juillet, Ryanair passera à l’étape suivante : 2 millions de sièges supplémentaires coupés dès octobre 2026. L’impact total atteindrait alors 2,1 millions de sièges retirés d’ici 2027, 1 100 emplois menacés et une perte économique estimée à 100 millions d’euros pour la région wallonne.

    @coffee_and_boardingpass

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    Quelles lignes sont menacées pour les voyageurs français

    Le profil type du voyageur concerné : un résident des Hauts-de-France, du Grand Est ou des Ardennes qui préfère Charleroi à Lille-Lesquin (offre limitée, prix plus élevés) ou à Beauvais (plus éloigné). Pour ces voyageurs, Charleroi se trouve à 1h20 de Lille, 50 minutes de Valenciennes et 1h15 de Charleville-Mézières, avec des navettes Flibco à partir de 18,20 euros depuis Lille (1h45 de trajet).

    Les destinations méditerranéennes plébiscitées par les Français du Nord (Barcelone, Palma, Faro, les îles grecques, Marrakech) sont maintenues pour l’été, mais leur avenir hivernal est incertain. Les routes déjà supprimées pour l’hiver (Milan-Bergame, Barcelone, Lisbonne, Rome-Ciampino) figurent parmi les plus populaires auprès de cette clientèle frontalière.

    Les trois nouvelles lignes estivales (Salerne, Katowice, Volos) sont également fragiles. Si le volume global diminue après octobre, rien ne garantit leur reconduction.

    Les alternatives si Charleroi perd du terrain

    Beauvais reste l’option la plus solide. L’aéroport a franchi un record de 6,7 millions de passagers en 2025, porté par ses bases Ryanair et Wizz Air. Le réseau méditerranéen y est dense (Barcelone, Porto, Marrakech, Palma, Rome). Bémol : l’aéroport se trouve à environ 2h de Lille, et il est lui aussi touché par le triplement de la TSBA française, qui ajoute au minimum 7,40 euros par vol en classe éco.

    Lille-Lesquin développe son offre. EasyJet y a lancé de nouvelles lignes en 2026, dont Marrakech (dès le 3 mai, deux vols par semaine) et Bâle-Mulhouse (dès le 22 juin). L’aéroport reste limité en nombre de destinations, mais c’est le plus proche pour les Lillois.

    Luxembourg-Findel est une option pertinente pour les voyageurs du Grand Est et des Ardennes. Luxair et Ryanair y sont présents, et les navettes Flibco assurent la liaison depuis plusieurs villes. Le Luxembourg n’applique pas de taxe d’embarquement comparable.

    Bruxelles-Zaventem offre un réseau plus étoffé avec des compagnies classiques, mais à des tarifs plus élevés. L’aéroport est desservi par TGV depuis Lille en 35 minutes. À noter : il est lui aussi concerné par les coupes Ryanair, avec 7 routes supprimées pour l’hiver 2026/27.

    Dans un contexte où l’IATA prévoit une hausse de 20 à 40 % des billets d’avion cet été, chaque option alternative mérite d’être comparée soigneusement.

    Calendrier : les dates clés à surveiller

    Concrètement, voici le calendrier à retenir :

    Maintenant : le programme été 2026 est confirmé. Les réservations peuvent se faire sereinement, y compris sur les trois nouvelles destinations.

    Juillet 2026 : c’est la date butoir. Bart De Wever doit se prononcer sur la réévaluation de la taxe fédérale belge. Ryanair finalisera à ce moment ses programmes hiver 2026/27 et été 2027. C’est le moment décisif.

    Octobre 2026 : si la taxe est maintenue, les coupes supplémentaires entrent en vigueur. Deux millions de sièges en moins à Charleroi.

    Hiver 2026/27 : les 20 routes déjà supprimées et le million de sièges retirés sont actés, quelle que soit l’issue des négociations.

    Pour les vacances de Noël et l’hiver 2027, mieux vaut attendre les annonces de juillet avant de s’engager sur Ryanair Charleroi. Privilégier les réservations flexibles reste la meilleure stratégie. À suivre : la décision du gouvernement belge, attendue au plus tard en juillet 2026.

    Vincent Mabire
    Publié le 30 mars 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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