Roissy-CDG : cinq syndicats déposent un préavis de grève le 18 juin 2026, vos vols en alerte

Vincent Mabire - Il y a 57 minutes

En résumé

• Cinq syndicats appellent à la grève à Roissy-CDG le 18 juin 2026.
• Le conflit porte sur les badges d'accès et les risques de licenciement.
• Retards, annulations et droits CE261 à anticiper pour les passagers.

    Le 18 juin 2026, l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle pourrait tourner au ralenti. Cinq syndicats représentatifs (CGT, FO, SUD, CFDT et UNSA) ont déposé un préavis de grève Roissy CDG 18 juin 2026 commun, à quatre jours du début des vacances scolaires de la zone B. Au cœur du conflit : le durcissement des conditions d’attribution des badges d’accès aux zones réservées, baptisé « Touche pas à mon badge » par l’intersyndicale.

    Ce que prévoit le préavis du 18 juin

    Le préavis a été déposé fin mai pour la journée du jeudi 18 juin 2026, soit 27 jours avant la date prévue, rapportent BFMTV, l’Écho touristique, Tourmag et Déplacements Pros. La configuration syndicale est inhabituelle : CGT, FO, SUD, CFDT et UNSA cosignent le mouvement. Un front commun rare sur la plateforme, qui rappelle les mobilisations sur la sûreté de mars 2024.

    Le périmètre est large. Sont concernés les agents de sûreté, les personnels de handling (assistance bagages et opérations en piste), le nettoyage, l’hôtellerie aéroportuaire et les commerces des terminaux. Selon le Groupe ADP, environ 90 000 salariés badgés travaillent quotidiennement sur la plateforme de Roissy.

    Le calendrier ajoute à la pression. La date tombe quatre jours avant le 22 juin, début des vacances scolaires de la zone B, et marque l’ouverture de la haute saison estivale pour les vols long-courriers au départ du hub.

    Pourquoi les badges d’accès sont au cœur du conflit

    Le badge d’accès en zone réservée (côté piste, zones bagages, salles d’embarquement) conditionne l’exercice de la majorité des métiers aéroportuaires. Sans badge, pas de poste. Il est délivré par la préfecture de Seine-Saint-Denis après une enquête administrative qui croise les antécédents judiciaires et les fichiers de renseignement, conformément au code des transports.

    Selon les syndicats, la préfecture a resserré ses critères ces derniers mois. Les organisations signataires évoquent une multiplication des refus initiaux et des retraits de badges, parfois motivés par des antécédents anciens ou des éléments contestés par les salariés. La conséquence est immédiate : un personnel sans badge ne peut plus exercer, ce qui ouvre la voie à un licenciement, avec un droit de recours jugé insuffisant par l’intersyndicale.

    Le slogan « Touche pas à mon badge » synthétise les trois revendications : transparence des critères, droit de recours effectif et protection de l’emploi pour les salariés visés par un retrait.

    Quels risques de perturbations terminal par terminal

    Les terminaux les plus exposés sont le T2E et le T2F, qui concentrent les vols long-courriers d’Air France et de SkyTeam, ainsi que le T1, utilisé par Star Alliance et plusieurs compagnies non-Schengen. Les filtres sûreté sont historiquement les premiers maillons fragilisés en cas de mouvement : temps de passage qui s’allongent, files qui débordent en zone publique dès l’ouverture des terminaux. Ce phénomène d’engorgement aux contrôles n’est pas nouveau à Roissy, où les voyageurs subissent déjà des files à rallonge depuis le déploiement de l’EES en avril.

    Le handling pèse directement sur les opérations en piste. Un déficit d’effectifs ralentit l’embarquement des bagages, le repoussement et le nettoyage cabine entre rotations. À Roissy-CDG, premier hub de correspondance européen pour Air France, l’effet domino peut concerner des passagers qui ne partent pas de Paris mais y transitent.

    Avec un trafic moyen d’environ 210 000 passagers par jour en juin selon le Groupe ADP, le scénario probable combine annulations préventives la veille par les compagnies, retards en cascade sur les vols maintenus et engorgement des filtres sûreté en début de matinée. Le précédent de la grève des contrôleurs aériens des 18-19 et 25 avril 2026, où jusqu’à 75 % des vols français avaient été menacés, donne une idée de l’ampleur possible.

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    Vos droits si votre vol est annulé ou retardé

    Le règlement européen CE 261/2004 s’applique à tous les vols au départ de l’Union européenne, quelle que soit la nationalité de la compagnie. En cas d’annulation, le passager choisit entre le remboursement intégral du billet sous sept jours et un réacheminement à la date qu’il souhaite.

    La prise en charge est obligatoire dès le retard significatif : repas, boissons, deux communications, hébergement et transfert si une nuitée s’impose. Ces obligations s’appliquent même quand l’indemnisation forfaitaire ne s’applique pas, comme le rappelait notre dossier sur les vols annulés pour tempête.

    L’indemnisation forfaitaire, elle, dépend de la distance du vol :

    Distance du volIndemnisation
    Jusqu’à 1 500 km250 €
    1 500 à 3 500 km (intra-UE > 1 500 km)400 €
    Plus de 3 500 km (hors UE)600 €

    Point sensible pour le 18 juin : une grève des personnels de sûreté ou des sous-traitants est généralement qualifiée de « circonstance extraordinaire » par la jurisprudence européenne, ce qui exonère la compagnie de l’indemnisation forfaitaire. L’arrêt Krüsemann de la Cour de justice de l’Union européenne (2018) a précisé qu’une grève des personnels propres à la compagnie n’est en revanche pas extraordinaire. La distinction est juridique mais lourde de conséquences sur le montant final perçu. Le remboursement et la prise en charge (repas, hôtel) restent dus dans tous les cas. Depuis le 7 février 2026, la médiation est par ailleurs devenue obligatoire avant tout contentieux indemnisation, ce qui modifie la procédure de réclamation pour les passagers concernés.

    Comment anticiper concrètement son vol du 18 juin

    Quelques réflexes utiles à adopter dans les 48 heures précédant le départ :

    • Vérifier le statut du vol 24 à 48 h avant via l’application de la compagnie et le site Aéroports de Paris.
    • Activer les notifications SMS et e-mail de la compagnie, ainsi que celles de l’agence si le billet a été acheté via un intermédiaire.
    • Privilégier le bagage cabine pour rester mobile en cas d’annulation tardive ou de réacheminement express.
    • Arriver plus tôt qu’habituellement : 3 h avant un vol Schengen, 3 h 30 à 4 h avant un long-courrier, contre 2 h et 3 h en temps normal.
    • Imprimer la carte d’embarquement et conserver le justificatif d’achat : ces documents servent à faire valoir ses droits.
    • Reconsidérer les correspondances courtes : un transit serré devient risqué, un report d’un jour peut être plus prudent quand le billet le permet.

    Dernier point à garder en tête : un préavis n’équivaut pas à une grève effective. Plusieurs mouvements à Roissy se sont soldés par un accord la veille du jour J. Surveiller les communiqués jusqu’à la fin de la journée du 17 juin évite de prendre une décision prématurée.

    Et après ? Le bras de fer qui se prépare

    Des discussions devraient s’engager dans les prochains jours entre l’intersyndicale, le Groupe ADP, les sous-traitants concernés et la préfecture de Seine-Saint-Denis. Le précédent de mars 2024, où une grève sur la sûreté avait été levée la veille après un accord, sert de référence aux deux camps.

    Le sujet des badges dépasse Roissy. Orly et plusieurs grandes plateformes régionales suivent de près les négociations parisiennes, car les critères d’attribution relèvent du même cadre réglementaire. Si le mouvement est maintenu et reconduit, l’été 2026 pourrait connaître d’autres journées de tension dans le transport aérien français.

    À suivre : l’ouverture éventuelle de négociations en préfecture et la réaction de la DGAC dans les jours qui précèdent le 18 juin.

    Vincent Mabire
    Publié le 28 mai 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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