France : 102 millions de touristes en 2025 pulvérisent le record, mais l’Espagne menace sur les recettes

Vincent Mabire - Il y a 1 heure

En résumé

• La France a accueilli 102 millions de touristes en 2025, un record historique.
• Les recettes touristiques ont atteint 77,5 milliards d'euros, en hausse de 9% sur un an.
• Les régions françaises captent plus de 50% des nuitées, diversifiant ainsi le tourisme.

    C’est officiel : la France reste, et de loin, le pays le plus visité au monde. Avec 102 millions de touristes internationaux accueillis en 2025, l’Hexagone pulvérise le record des 100 millions atteint en 2024, année pourtant dopée par les Jeux olympiques de Paris et la réouverture de Notre-Dame. Mais derrière ce chiffre vertigineux, le tourisme France 2025 record pose une question concrète pour les voyageurs : plus de foule, des prix en hausse, ou de nouvelles opportunités à saisir ?

    102 millions de visiteurs : les chiffres d’un record historique du tourisme en France

    Le bilan publié par le ministère de l’Économie le 19 février ne laisse pas de place au doute. La France a engrangé 77,5 milliards d’euros de recettes touristiques internationales en 2025, soit une hausse de 9 % sur un an et de 37 % par rapport à 2019 (pré-Covid). Le solde positif de la balance des paiements atteint 20,1 milliards d’euros, selon le communiqué officiel.

    Côté fréquentation, le pays a enregistré 743 millions de nuitées tous hébergements confondus (+2 %), dont 261,2 millions en hébergements marchands (+7,5 %). La dépense moyenne par touriste s’élève désormais à 760 euros par séjour, en progression de 7 %. En clair, les visiteurs sont plus nombreux et ils dépensent davantage. La consommation touristique intérieure atteint 222 milliards d’euros en 2025.

    Pourquoi la France attire toujours plus de visiteurs

    L’effet post-JO de Paris 2024 et la réouverture de Notre-Dame ont indéniablement porté la dynamique, mais le gouvernement insiste : la croissance est désormais structurelle, pas simplement événementielle.

    76 % des nuitées proviennent de la clientèle européenne. L’Allemagne et la Belgique forment les deux plus gros contingents avec 14,6 millions d’arrivées chacun, suivies par le Royaume-Uni (13,1 millions). Les Américains affichent la plus forte progression avec +17 % d’arrivées pour atteindre 5,5 millions de visiteurs, selon Euronews. À noter : le Mexique (+19 % de réservations aériennes au premier trimestre 2026), la Chine (+17 %) et le Canada (+7 %) dessinent des perspectives encourageantes pour la suite.

    La diversification régionale joue un rôle croissant. Au-delà de Paris, les régions du sud (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, PACA, Nouvelle-Aquitaine) captent désormais plus de 50 % des nuitées françaises. La Normandie, le Val de Loire et la Bretagne attirent une part grandissante des flux internationaux.

    France vs Espagne : le duel des titans du tourisme européen

    L’Espagne talonne la France avec 97 millions de touristes en 2025, un record absolu pour Madrid également. L’écart en volume se maintient (5 millions de visiteurs), mais il s’est resserré ces dernières années.

    Là où le duel bascule, c’est sur les recettes. L’Espagne a engrangé environ 135 milliards d’euros de revenus touristiques totaux, contre 77,5 milliards pour la France, selon Air Journal. Le tourisme pèse 12,6 % du PIB espagnol, contre environ 8 % pour le PIB français.

    La France reste championne du monde en volume de visiteurs, mais l’Espagne n’a jamais été aussi proche de la dépasser sur le plan économique. Le gouvernement français l’a bien compris : l’objectif affiché est d’atteindre 100 milliards d’euros de recettes d’ici 2030.

    Ce que ça change concrètement pour les voyageurs

    La médaille a son revers. Avec 102 millions de visiteurs, la pression sur les sites les plus fréquentés s’intensifie. À Paris, le Sacré-Cœur accueille désormais 11 millions de visiteurs par an, plus que la Tour Eiffel. Les habitants de Montmartre dénoncent une « disneylandisation » du quartier, où boucheries et boulangeries cèdent la place aux stands de souvenirs et de bubble tea.

    Voir sur Instagram

    Les prix de l’hébergement suivent la courbe. La hausse de la fréquentation tire les tarifs vers le haut, en particulier en haute saison à Paris et sur la Côte d’Azur. Le Louvre a relevé le prix de son billet à 32 euros pour les visiteurs non européens depuis janvier 2026 (contre 22 euros auparavant, soit +45 %), et Cannes limite désormais le débarquement des croisiéristes à 6 000 par jour avec un seul paquebot géant autorisé.

    Conseil pratique : les régions alternatives tirent leur épingle du jeu. La Bretagne génère à elle seule 9 milliards d’euros de retombées et 60 000 emplois touristiques, avec 22,4 millions de nuitées entre avril et septembre 2025 (+5,7 %). Privilégier les épaules de saison (mai-juin, septembre-octobre) et les destinations moins saturées reste la meilleure stratégie pour profiter de la France sans subir la foule.

    2026 et après : la France peut-elle garder sa couronne ?

    Le gouvernement ne compte pas s’arrêter là. Deux objectifs structurants guident la politique touristique : atteindre 100 milliards d’euros de recettes annuelles d’ici 2030 et devenir la première destination mondiale du tourisme durable. Pour y parvenir, 350 000 recrutements sont prévus dans le secteur au cours des cinq prochaines années.

    Les défis ne manquent pas : le surtourisme dans les hotspots, la concurrence espagnole en recettes, et l’impact du changement climatique sur les saisons. Le tourisme représente 11 % des émissions nationales, dont 75 % liées au transport. Atout France prépare une campagne de sensibilisation nationale pour orienter les visiteurs vers des destinations et des périodes moins saturées.

    Les premiers indicateurs de 2026 sont encourageants, avec des réservations aériennes en forte hausse au premier trimestre, notamment depuis le Mexique (+19 %), la Chine (+17 %) et le Canada (+7 %). À suivre : la capacité de la France à transformer ses millions de visiteurs en retombées mieux réparties sur le territoire et sur l’année.

    Vincent Mabire
    Publié le 21 février 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Nos thèmes