En résumé
• Le vol Transavia a dû se dérouter vers Athènes pour se ravitailler en kérosène.• Causé par des vents violents, le vol a eu près de 2 heures de retard vers Lyon.
• Transavia, en pleine expansion, connaît des incidents répétés récemment.
Un Boeing 737-800 de Transavia reliant Djeddah à Lyon a dû se dérouter vers Athènes mardi 17 février pour un ravitaillement en kérosène imprévu. En cause : des vents de face plus violents que prévu, qui ont fait grimper la consommation de carburant au-delà des prévisions. Les passagers sont finalement arrivés à Lyon-Saint Exupéry vers 0h50, avec près de 2 heures de retard.
Ce qui s’est passé sur le vol TO8079
Le vol TO8079, opéré par un Boeing 737-800 (immatriculation F-HTVA), a décollé de Djeddah en Arabie Saoudite à destination de Lyon-Saint Exupéry, un trajet de 4 084 km habituellement couvert en 6h25 environ. En cours de route, l’équipage a constaté une surconsommation anormale de kérosène provoquée par de puissants vents contraires en altitude.
La décision a été prise de dérouter l’appareil vers Athènes pour effectuer un plein de carburant. « Marqué par un fort vent de face en vol, la consommation de carburant a été plus élevée que d’habitude », a expliqué Transavia, précisant que « la quantité maximale de carburant embarquable ne permettait pas un vol direct vers Lyon » dans ces conditions météorologiques. Après ravitaillement, le vol a repris et s’est posé à Lyon vers 0h50, soit un retard d’environ 1h53 à l’arrivée, selon les données de suivi de vol.
Pourquoi un avion peut-il manquer de carburant en vol
Le scénario peut sembler alarmant, mais il relève d’une procédure courante dans l’aviation commerciale. Les compagnies aériennes ne chargent pas leurs appareils au maximum de kérosène pour chaque vol. La raison est simple : plus un avion est lourd, plus il consomme. Le chargement est donc calculé au plus juste, en intégrant la distance, les conditions météorologiques prévues et des réserves réglementaires de sécurité.
Concrètement, chaque plan de vol inclut des aéroports de dégagement où l’appareil peut se poser en cas de besoin. Athènes figurait parmi ces options pour la route Djeddah-Lyon. Lorsque les vents de haute altitude (le fameux jet stream) soufflent plus fort que prévu en sens contraire, la consommation réelle dépasse la consommation planifiée. Le commandant de bord applique alors le protocole : se poser, faire le plein et repartir. C’est exactement ce qui s’est passé. Un cas similaire a récemment touché Air Austral, dont un Boeing 787 a été dérouté deux fois sur la ligne Paris-Mayotte.
Transavia sous pression : deuxième incident en moins d’un mois
Ce déroutement intervient dans un contexte délicat pour la filiale low-cost d’Air France-KLM. Le 29 janvier, un vol Transavia Paris-Orly vers Alger (TO7268) avait fait demi-tour 30 minutes après le décollage en raison d’un problème technique. Les passagers avaient été réacheminés le soir même, mais l’épisode avait marqué les esprits.
Les deux incidents n’ont rien en commun sur le plan technique (météo d’un côté, défaillance mécanique de l’autre), mais leur proximité temporelle attire l’attention. Et ce, alors que Transavia est en pleine expansion : la compagnie a annoncé 10 nouvelles lignes pour l’été 2026, la reprise de la liaison Nice-Paris Orly dès mars et le lancement de Paris-Sarajevo à 69 euros. À noter : les déroutements pour carburant restent fréquents dans l’industrie aérienne et ne signalent pas en eux-mêmes un problème de sécurité.
Ce que ça signifie pour les passagers
Un déroutement pour ravitaillement n’est pas une panne. C’est une mesure de précaution, et le fait que l’équipage ait choisi de se poser plutôt que de poursuivre avec des marges réduites témoigne d’une application rigoureuse des protocoles de sécurité.
En matière de droits, le règlement européen CE 261/2004 prévoit une prise en charge (repas, rafraîchissements, deux communications gratuites) dès 2 heures de retard pour les vols de plus de 1 500 km. En revanche, l’indemnisation forfaitaire (250 à 600 euros selon la distance) ne s’applique qu’à partir de 3 heures de retard à l’arrivée. Avec 1h53 de retard constaté, les passagers du TO8079 se situent en dessous de ce seuil. La compagnie reste toutefois tenue de les informer de leurs droits par écrit. Pour mieux comprendre vos recours en cas de retard ou d’annulation, consultez notre guide sur les droits des passagers en cas de vol annulé pour tempête, qui détaille les obligations des compagnies.
À retenir : en réservant un vol long-courrier, prévoir une marge de correspondance généreuse permet d’absorber ce type d’aléa sans compromettre la suite du voyage.
La ligne Lyon-Djeddah, une route en plein essor
Transavia opère la liaison directe Lyon-Djeddah à raison de deux vols par semaine (lundi et vendredi), avec un Boeing 737-800. Cette route répond à une double demande : les pèlerinages vers l’Arabie Saoudite (Omra et Hajj) et l’essor du tourisme dans le royaume, qui a considérablement simplifié ses formalités d’entrée avec le e-Visa touristique.
À 4 084 km de Lyon, Djeddah se trouve sur un axe où les vents de haute altitude ont un impact significatif sur la durée et la consommation de carburant. Les données de suivi montrent d’ailleurs une ponctualité de 75 % sur cette route, avec un retard moyen de 88 minutes, un chiffre qui reflète les aléas météorologiques fréquents sur ce corridor aérien.
À suivre : avec la montée en puissance de Transavia sur les routes moyen-courrier et l’augmentation du trafic vers l’Arabie Saoudite, la gestion du carburant sur ces liaisons exposées aux vents restera un sujet à surveiller pour les voyageurs réguliers.