Tirs de mortier près d’Orly : un EasyJet Venise-Paris remet les gaz, piste fermée 1h30

Vincent Mabire - Il y a 2 heures

En résumé

• Un Airbus EasyJet annule son atterrissage à cause d'un feu d'artifice à Orly.

• Des tirs de mariage près de l'aéroport causent une fermeture de piste.

• L'incident soulève des enjeux de sécurité et de légalité autour d'Orly.

    Dimanche 5 avril, 17h40. En finale d’approche sur Paris-Orly, le pilote d’un Airbus d’EasyJet en provenance de Venise aperçoit un panache de fumée droit sous son axe d’atterrissage. Il remet les gaz. Sous l’avion, à Villeneuve-le-Roi, un cortège de mariage d’une quinzaine de voitures tire des mortiers d’artifice. Ce tir de mortier près d’Orly vaudra à la piste d’être fermée près d’une heure et demie.

    Ce qui s’est passé dimanche soir à Orly

    Le vol EasyJet Venise-Paris-Orly entame sa phase finale d’atterrissage vers 17h40 lorsque l’équipage repère une épaisse fumée à proximité immédiate de la piste en service. Conformément aux protocoles, le commandant de bord interrompt l’approche et exécute une remise de gaz, le temps d’écarter tout risque et de lever le doute sur la nature du panache.

    Selon France Bleu Paris, les tirs provenaient de l’angle de la rue Lamartine et de la rue du 8-Mai-1945, à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), une zone située directement sous le couloir d’approche d’Orly. La piste a été fermée à l’atterrissage pendant environ une heure et demie, le temps que les équipes au sol sécurisent les abords et que la police locale intervienne sur le cortège.

    Un cortège de mariage, pas une attaque

    Les premières constatations des enquêteurs sont sans ambiguïté : les tirs ont été effectués par des participants à un mariage, sans aucune intention de viser l’avion. Une quinzaine de véhicules étaient stationnés sous le couloir aérien au moment des faits. Aucun projectile n’a touché l’appareil, et aucun blessé n’est à déplorer, ni à bord ni au sol.

    L’épisode n’en reste pas moins lourd de conséquences sur le plan légal. Les mortiers d’artifice, classés F3 ou F4, sont strictement encadrés par la réglementation française. Leur usage est interdit dans les zones situées à proximité d’un aéroport, où ils présentent un risque direct pour la navigation aérienne. L’enquête ouverte par le parquet de Créteil devra déterminer les responsabilités individuelles.

    Remise de gaz : une manœuvre de routine, pas un incident grave

    Dans le vocabulaire aéronautique, une remise de gaz, ou go-around, est une manœuvre parfaitement standard, enseignée dès la formation initiale des pilotes de ligne et répétée en simulateur. Elle consiste à abandonner une approche pour reprendre de l’altitude, rejoindre un circuit d’attente et tenter un nouvel atterrissage. Elle peut être déclenchée pour des raisons aussi variées qu’un avion encore sur la piste, un vent arrière trop fort ou, comme ici, un obstacle visuel sous la trajectoire. Un scénario qu’Air Corsica a récemment vécu à Bastia dans des conditions de vent extrêmes, preuve que ces procédures font partie du quotidien de l’aviation commerciale.

    Pour les passagers, la sensation est inhabituelle : une accélération franche des moteurs, une remontée nette, parfois quelques virages en attente, puis une seconde approche. Rien de dangereux, mais de quoi surprendre ceux qui s’apprêtaient à atterrir. Côté sol, la décision de fermer la piste pendant 1h30 répond à un principe de précaution précis. Un panache de fumée peut affecter la visibilité du pilote, présenter un risque d’ingestion dans les réacteurs et masquer d’éventuelles retombées pyrotechniques sur la piste.

    Orly, un aéroport cerné par l’urbain

    La géographie d’Orly explique en partie ce type d’incident. Villeneuve-le-Roi, Athis-Mons ou Paray-Vieille-Poste sont directement situées sous les axes d’approche et de décollage de la plateforme. Les avions y passent à basse altitude, souvent à moins de 300 mètres, ce qui rend chaque événement au sol potentiellement visible, et audible, depuis le cockpit.

    Ce n’est pas la première fois que les services de la DGAC et de la préfecture du Val-de-Marne sont confrontés à des signalements de ce type : feux d’artifice en soirée, drones de loisir, pointeurs laser. À chaque fois, la chaîne de sécurité s’enclenche, avec des conséquences immédiates sur le trafic. Les sanctions encourues pour un tir pyrotechnique en zone aéroportuaire peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros d’amende et des peines de prison en cas de mise en danger caractérisée.

    L’incident tombe dans une période déjà tendue pour la plateforme : Orly vient de tourner la page Air France après 80 ans de présence, et Transavia y a opéré ses premiers vols fin mars, dans un contexte où chaque minute de piste compte.

    Ce qu’il faut retenir si vous voliez ce soir-là

    Les voyageurs dont les vols ont été impactés par la fermeture de piste peuvent consulter le statut de leur rotation sur le site d’ADP (parisaeroport.fr) ou via l’application de leur compagnie. Pour les retards et annulations liés à un incident de sécurité provoqué par un tiers, le règlement européen CE 261/2004 prévoit une prise en charge (repas, hébergement si besoin), mais les indemnisations forfaitaires peuvent être écartées si la compagnie invoque des circonstances extraordinaires, ce qui sera très probablement le cas ici.

    Les passagers EasyJet doivent par ailleurs garder un œil sur un autre front : une grève des navigants est annoncée pour le lundi de Pâques 6 avril sur six bases françaises, avec des annulations possibles en cascade.

    À suivre : les suites judiciaires ouvertes par le parquet de Créteil et l’éventuelle déclaration officielle de la DGAC sur le nombre exact de vols déroutés ou retardés pendant la fermeture de la piste.

    Vincent Mabire
    Publié le 8 avril 2026

    Je m’appelle Vincent Mabire. Je viens de Marseille, je suis responsable du service client chez Ulysse et rédacteur pour Ulysse News. Je traite l’actualité du voyage, les destinations et les évolutions du secteur du tourisme. Mon travail consiste à analyser les informations, à apporter du contexte et à produire des contenus clairs pour aider les lecteurs à mieux comprendre les enjeux et les défis liés au voyage.

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