En résumé
• Qatar Airways reprend des vols limités du 18 au 28 mars 2026 depuis Doha.• L'espace aérien du Qatar reste fermé sauf pour des vols exceptions.
• Options de rebooking ou remboursement offertes aux passagers affectés.
Après deux semaines de fermeture totale de l’espace aérien qatarien, Qatar Airways annonce un programme de vols limités du 18 au 28 mars 2026 depuis Doha vers des dizaines de destinations en Europe, en Asie, en Afrique et aux Amériques. Pour les voyageurs français bloqués ou en attente de rebooking, c’est le premier signal concret de reprise — mais il ne s’agit pas d’un retour à la normale.
Ce que Qatar Airways a annoncé le 15 mars
La compagnie qatarienne a confirmé le 15 mars un programme de vols révisé opérant du mercredi 18 au vendredi 28 mars, selon un communiqué officiel relayé par Al Jazeera. Les vols desserviront « des dizaines de villes en Afrique, en Europe, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Asie-Pacifique ».
Concrètement, les destinations confirmées lors des précédents vols de rapatriement (11 au 17 mars) incluaient Paris-CDG, Londres, Amsterdam, Francfort, Madrid, Rome, Milan, Istanbul, Mumbai, Bangkok, Kuala Lumpur, Séoul, Perth, Melbourne, New York, Dallas, Toronto et São Paulo. Le programme élargi du 18 mars devrait couvrir un périmètre similaire, voire plus large.
À noter : l’espace aérien qatarien reste officiellement fermé. Ces vols opèrent via des couloirs d’urgence à capacité limitée, autorisés au cas par cas par l’aviation civile du Qatar. Les vols réguliers ne reprendront qu’après une annonce officielle de « réouverture sûre et permanente » de l’espace aérien.
Autre évolution importante : à partir du 18 mars, Qatar Airways devrait autoriser les passagers en correspondance à transiter par Doha. Jusqu’ici, seuls les vols point à point étaient opérés, ce qui excluait les millions de voyageurs qui utilisent le hub qatarien comme escale vers l’Asie, l’Océanie ou l’Afrique.
Pourquoi l’espace aérien est fermé depuis le 28 février
L’assaut militaire américano-israélien sur l’Iran, lancé le 28 février 2026, a déclenché des frappes de représailles iraniennes sur l’ensemble du Golfe. Plus de 1 800 missiles et drones ont été tirés sur les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, Bahreïn et l’Arabie saoudite, selon les bilans compilés par plusieurs médias internationaux.
Les conséquences pour l’aviation sont massives : Dubaï, Doha et Koweït, trois des plus grands hubs de la région, sont paralysés ou au ralenti depuis plus de deux semaines. L’aéroport de Dubaï a subi un incendie près de ses réservoirs de carburant le 16 mars. L’EASA (Agence européenne de la sécurité aérienne) a étendu ses zones d’interdiction de survol à l’ensemble de la région. Pour un panorama complet des répercussions sur les voyageurs français, consultez notre analyse des effets domino de la crise aérienne.
En clair, la situation reste extrêmement volatile. Le programme de Qatar Airways vols Doha mars 2026 ne couvre que dix jours et aucune visibilité n’existe au-delà du 28 mars.
Vos droits si vous êtes concerné
Les passagers détenant une réservation confirmée entre le 28 février et le 28 mars 2026 disposent de deux options, selon Qatar Airways :
Option 1 : deux modifications de date gratuites. Le nouveau vol doit être opéré par Qatar Airways et programmé avant le 30 avril 2026. Les changements s’effectuent via qatarairways.com ou l’application mobile.
Option 2 : remboursement intégral. La valeur non utilisée du billet est remboursée sans pénalité, y compris les services annexes (sièges, bagages supplémentaires).
Les passagers éligibles aux vols du nouveau programme seront contactés individuellement par la compagnie. Il est essentiel de vérifier que ses coordonnées sont à jour dans l’application ou sur le site. Priorité est donnée aux familles, personnes âgées, urgences médicales et raisons personnelles impérieuses.
À retenir : ne vous rendez pas à l’aéroport sans billet confirmé sur un vol du programme limité. Pour un guide complet sur vos recours face aux compagnies et aux assureurs, consultez notre dossier droits des voyageurs français bloqués au Moyen-Orient.
Et les vols Air France vers le Golfe ?
Air France a suspendu ses vols vers Dubaï et Riyad au moins jusqu’au 17 mars, et vers Tel-Aviv et Beyrouth jusqu’au 18 mars. La compagnie française n’a communiqué aucune date de reprise de ses vols vers Doha. Quelques vols de rapatriement ponctuels ont été opérés en coordination avec la DGAC.
Pour les voyageurs français qui avaient prévu de transiter par Doha vers l’Asie ou l’Océanie, plusieurs alternatives de transit existent :
- Istanbul via Turkish Airlines, dont l’espace aérien turc reste pleinement opérationnel
- Mascate via Oman Air, devenu le principal hub d’évacuation de la région avec plus de 97 000 passagers évacués et 80 vols supplémentaires opérés en deux semaines
- Addis-Abeba via Ethiopian Airlines, pour les destinations en Asie du Sud et en Afrique de l’Est
Le prix des billets via ces hubs alternatifs a augmenté de 30 % en moyenne depuis le début de la crise, un surcoût qui pèse lourdement sur les budgets, en particulier pour les voyageurs qui avaient réservé des correspondances à Doha à des tarifs compétitifs. Côté Émirats, Emirates et Etihad ont repris des vols limités depuis Dubaï et Abu Dhabi, mais avec un réseau encore réduit.
Ce qu’il faut surveiller dans les prochains jours
Le programme de Qatar Airways court jusqu’au 28 mars. Au-delà, aucune visibilité. La situation dépend entièrement de l’évolution du conflit et des frappes iraniennes sur les infrastructures du Golfe.
Trois sources à surveiller en priorité :
- Les communiqués de Qatar Airways sur qatarairways.com et l’application mobile
- Les bulletins de l’EASA concernant les zones d’interdiction de survol (CZIB)
- Les conseils aux voyageurs du Quai d’Orsay pour le Qatar, les Émirats et l’ensemble du Golfe
Pour l’été 2026, les tours opérateurs redirigent déjà les flux touristiques vers l’Europe du Sud (Espagne, Grèce, Turquie). Selon les estimations du secteur, entre 23 et 38 millions de visiteurs pourraient être redistribués hors du Moyen-Orient cette saison.
À suivre : la décision de l’aviation civile qatarienne sur une éventuelle réouverture au-delà du 28 mars, attendue dans les prochains jours.